chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
37 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Tankard - Kings Of Beer

Chronique

Tankard Kings Of Beer
D'ordinaire, lorsqu'on fait ses achats au Virgin ou à la Fnac (figures reconnues du grand banditisme à caractère culturel), c'est comme au fast food du coin : visage impassible de la serveuse, regard vide et parodie de sourire digne du musée Grévin, votre ticket monsieur, en vous remerçiant et avec votre CATTLE DECAPITATION, ce sera ketchup ou mayo ? Soit un grand moment de partage entre deux êtres humains dans le temple de la consommation de mastres, l'une parce qu'elle va devoir subir encore cinquante ruminants venus acheter le dernier COLDPLAY, l'autre parce qu'il aura bataillé deux heures durant avant de dénicher un import de KMFDM à 37 euros et des poussières, boitier brisé en prime. Mais il arrive qu'en de rares occasions, l'humanité reprenne le dessus, comme en ce fameux jour de septembre 2000 ou je tendis « Kings Of Beer », neuvième rondelle des étancheurs de Frankfurt, à une hôtesse de caisse (paraît que c'est comme ça qu'on dit maintenant) qui, à la vue de l'esthète ornant fièrement la pochette, n'a pu s'empêcher de rire aux éclats. Comme quoi, suffit de pas grand chose pour dérider l'humanité : des fûts de bière, un double quintal et du thrash !

Au delà du clin d'oeil évident à MANOWAR, TANKARD ayant toujours eu de forts penchants parodiques, qu'ils soient musicaux ou cinématographiques, « Kings Of Beer » peut être considéré comme un album charnière dans la longue carrière des allemands, dans le sens ou le groupe réaffirme définitivement son appartenance au genre thrash metal. Fini les années d'errance à fricoter avec le heavy ou le punk, TANKARD repart plein gaz avec « Flirtin' With Desaster », éloge frémissante aux dérapages incontrôlés des fonds de culotte et des traces de pneus qui en découlent, avant de singer SODOM sur « Dark Exile », titre particulièrement rapide pour du TANKARD, surtout au regard des pépères « Disco Destroyer » ou « The Tankard ». Dans les deux cas, l'orientation vers un thrash plus direct et bucheronesque est sensible, l'apport du petit nouveau Andy Gutjahr (ex LIGHTMARE) se faisant sentir dès les premières notes. Plus carré que son prédécesseur Andy Bulgaropulos (qui signe un titre et un caméo lead sur « Hot Dog Inferno », mid tempo entraînant bien dans la veine « Disco Destroyer »), le sieur Gutjahr a donc la lourde de tâche de relancer un groupe en sévère perte de vitesse depuis la sortie de « Two-Faced » en 1993. Pari gagné ? On en est loin. Car si le bougre fait illusion au niveau des riffs, tous plus ou moins efficaces, les solis interchangeables manquent cruellement du feeling rock dont Bulgaropulos avait fait sa marque de fabrique. Or, la définition d'un bon album de TANKARD, ça a toujours été pour moi : des riffs de tueurs, des tempos rapides flirtant avec le déraisonnable, des refrains de poivrots gueulards (de ce point de vue, « Kings Of Beer » tient son rang) et surtout une avalanche de leads hystéro-grooviesques, pour donner dans le barbarisme glaumien. A cette déception initiale, ajoutez un album dont l'intérêt chute lourdement à mi parcours, « Talk Show Prostitute », « Land Of The Free », « Mirror, Mirror » et autres « Tattoo Coward » flirtant dangereusement avec le degré zéro de composition. Que reste-t-il alors ? Outre une production de Harris Johns noyant basse et guitares dans une seule et même couche de gras, on se consolera avec « Incredible Loudness », extrait de la démo « Heavy Metal Vanguard », une aimable pochtronade de punk thrash festif remise au goût du jour, ainsi qu'avec les wo-ho-ho-ho rigolards du title track, réjouissant à défaut d'être transcendant. Trop répétitif et limité musicalement parlant, « Kings Of Beer », s'il n'est pas un bide à proprement parler, reste donc l'album de TANKARD le plus faible à ce jour. Compte tenu du regain d'agressivité de l'ensemble, les amateurs de thrash basique filant droit devant, pas trop regardant sur la qualité de la marchandise, y trouveront sans doute leur compte. Pour les autres, il faudra attendre qu'Andy Gutjahr prenne un peu de bouteille (ce sera chose faite dès l'album suivant) et l'arrivée d'Andy Classen pour que TANKARD retrouve son tranchant des années 80.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

2 COMMENTAIRE(S)

Thomas Johansson citer
Thomas Johansson
23/06/2009 07:57
note: 4.5/10
cglaume a écrit : Ah et sinon, j'ai complètement occulté la sortie de ce Tankard-ci ...

Et tu peux continuer, les trois suivants sont nettements plus recommandables.
cglaume citer
cglaume
23/06/2009 06:45
Citation : pour donner dans le barbarisme glaumien

Calomnie! C'est dans le néologisme cyrillien que je donne. Voire dans la barbaritude. Mais jamais dans le gargarisme blaumien !!!!!

Ah et sinon, j'ai complètement occulté la sortie de ce Tankard-ci ...

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Tankard
Thrash metal
2000 - Century Media Records
notes
Chroniqueur : 4.5/10
Lecteurs : (1)  5/10
Webzines : (5)  7/10

plus d'infos sur
Tankard
Tankard
Thrash - 1983 - Allemagne
  

tracklist
01.  Flirtin' With Desaster
02.  Dark Exile
03.  Hot Dog Inferno
04.  Hell Bent For Jesus
05.  Kings Of Beer
06.  I'm So Sorry
07.  Talk Show Prostitute
08.  Incredible Loudness
09.  Land Of The Free
10.  Mirror, Mirror
11.  Tattoo Coward

Durée : 49:31

line up
voir aussi
Tankard
Tankard
Best Case Scenario (Compil.)
(25 Years in Beers)

2007 - AFM Records
  
Tankard
Tankard
B-Day

2002 - AFM Records
  
Tankard
Tankard
Alien (EP)

1989 - Noise Records
  
Tankard
Tankard
The Meaning Of Life

1990 - Noise Records
  
Tankard
Tankard
R.I.B.

2014 - Nuclear Blast Records
  

Essayez plutôt
Witchburner
Witchburner
Demons

2010 - Evil Spell Records
  
Annihilator
Annihilator
Carnival Diablos

2001 - SPV
  
Algebra
Algebra
Procreation (EP)

2009 - Hungry Ghosts
  
Witching Hour
Witching Hour
Rise Of The Desecrated

2009 - Evil Spell Records
  
Overkill
Overkill
The Years Of Decay

1989 - Atlantic Records
  

Bewitched
At The Gates of Hell
Lire la chronique
Nuclear Assault
Game Over
Lire la chronique
FOREST FEST OPEN AIR
Antzaat + Anus Mundi + Aura...
Lire le live report
Mezzrow
Then Came The Killing
Lire la chronique
Death Power
The Bogeyman Returns (Compil.)
Lire la chronique
Être moins con : lire BLACK METAL
Lire le podcast
LE Canyon - Episode 13 - Dragon casqué
Lire le podcast
Sacred Reich
Independent
Lire la chronique
Blackened
The Aftermath (EP)
Lire la chronique
Le Canyon - Episode 12 - Corrosion of Snippysnapeusnapisnap et le Paradis Perdu.
Lire le podcast
Trop Hard Pour Toi #3
Electric Shock + Mindless S...
Lire le live report
Black Metal : les noms de groupe (de merde)
Lire le podcast
At The Gates
To Drink from the Night Itself
Lire la chronique
Le Canyon - Episode 11 - Monsieur Steele et le bain d'acide.
Lire le podcast
Amzera
Amzera (EP)
Lire la chronique
Nervosa
Downfall of Mankind
Lire la chronique
Gravehill
The Unchaste, The Profane &...
Lire la chronique
French Black Metal : La communauté
Lire le podcast
MoM - Poésique Hors-Série : Du jeu vidéo au Metal Partie 2
Lire le podcast
Antagonism pour l'EP "Thrashocalypse"
Lire l'interview
Sacred Reich
The American Way
Lire la chronique
Satan présente GORGOROTH : de modèle à risée générale
Lire le podcast
Dystopy
Womb Of The Abyss (EP)
Lire la chronique
Rapture
Paroxysm Of Hatred
Lire la chronique
Sacred Reich
Surf Nicaragua (EP)
Lire la chronique
Le retour des torturés (Ont-ils bien fait ?)
Lire le podcast
MoM - Poésique Hors-Série : Du jeu vidéo au Metal
Lire le podcast
Epidemic
Decameron
Lire la chronique
Target
Master Project Genesis
Lire la chronique
Kalmah
Palo
Lire la chronique
Poésique - MoM chronique Warbringer - Woe to the Vanquished
Lire le podcast