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Ripping Corpse - Dreaming With The Dead

Chronique

Ripping Corpse Dreaming With The Dead
Bien connu du public Metal pour les deux albums de Morbid Angel auxquels il a participé, son implication au sein d’Hate Eternal qu’il a lui-même fondé ainsi que ses nombreuses productions (Abysmal Dawn, Cannibal Corpse, Devourment, Dim Mak, Internal Suffering, Vital Remains...), il y a une chose que l’on sait moins au sujet d’Erik Rutan, c’est qu’il a participé dès 1989 à un projet aujourd’hui encore particulièrement sous-estimé connu sous le nom de Ripping Corpse.
Formé en 1987 dans le New-Jersey, le groupe va suivre un chemin tout ce qu’il y a de plus classique pour l’époque en enchaînant les démos jusqu’à un premier album intitulé Dreaming With The Dead paru en 1991. Manque de bol, celui-ci va sortir sur Kraze Records, un label qui mettra la clef sous la porte l’année suivante. Particulièrement échaudé par cette situation ainsi que les départs successifs de Rutan pour Morbid Angel et de Scott Hornick (basse), Ripping Corpse prendra finalement la décision de se séparer courant 1993.

Entre un manque de soutien évident de la part d’un label déjà en très mauvaise posture et un artwork signé Rob Leecock pas forcément hyper engageant, on comprend assez vite pourquoi Ripping Corpse n’a pas eu en son temps la reconnaissance qu’il mérite. Et c’est bien dommage car on ne peut pas dire que Dreaming With The Dead manque d’arguments pour convaincre. A mi-chemin entre Thrash et Death Metal, ce premier album s’inscrit dans une démarche assez similaire à celle d’un Demolition Hammer ou d’un Revenant avec qui le groupe partageait d’ailleurs à l’époque des liens très forts. Néanmoins, il faudrait être sourd pour ne pas voir la différence car s’il y a bien une chose que l’on ne peut pas reprocher à cet album, c’est effectivement de manquer de caractère et de personnalité.
Ainsi, la première chose par laquelle on se fait attraper en posant ses oreilles sur Dreaming With The Dead, c’est le chant particulièrement menaçant et abrasif de Scott Ruth. Celui-ci va livrer une prestation extrêmement intense mais surtout bien plus variée qu’il n’y paraît grâce à une voix qui par certains aspects, notamment les growls et certains cris disséminés ici et là, vont rappeler un certain John Tardy dans une version plus intelligible. C’est d’ailleurs cette compréhension des paroles particulièrement aisée qui surprend chez Ripping Corpse. Cela apporte à ce mélange de Death Metal et de Thrash un côté extrêmement contestataire (avec cette espèce d’atmosphère très urbaine qui caractérise souvent les disques de ce genre) qui dénote avec les thèmes abordés ici par le groupe (essentiellement tournés vers la mythologie Lovecraftienne).
Mais c’est loin d’être la seule particularité de Ripping Corpse dont la musique se démarque également par la personnalité du riffing d’Erik Rutan et Shaune Kelley. Technique sans en donner véritablement l’impression, les deux hommes vont enchaîner les séquences de tricotages complexes et ciselées à une vitesse assez saisissante. Un jeu tout en nerf qui va amener avec lui une intensité et une urgence supplémentaire à ce Death/Thrash dont la vitesse d’exécution flirte bien souvent avec les frontières du Grindcore (entre la voix et ces rythmiques chaloupées, on pourrait d’ailleurs penser à une version plus orientée Death/Thrash Old School de Burnt By The Sun). On remarquera également que le duo n’est jamais avare en leads ou en solos. Ne jouant pas le jeu de la démonstration gratuite, ces derniers contribuent à leur manière à l’atmosphère mise en place par Ripping Corpse grâces à des sonorités souvent chaotiques et dissonantes du meilleur effet. Bref, les riffs fusent le plus clair du temps et l’auditeur n’a pas d’autre choix que de serrer les dents et d’en prendre plein la tronche en attendant que ça passe.
Derrière les fûts, Brandon Thomas (qui d’ailleurs jouera plus tard brièvement dans Burnt By The Sun) s’accorde à suivre la cadence sans jamais broncher à coups de blasts punitifs et de séquences à perdre haleine. Et lorsqu’il faut lever le pied, celui-ci nous offre quelques passages mid-tempo non dénués de ce groove typiquement new-yorkais (on n’atteint pas ici le niveau d’un Demolition Hammer mais certains moments valent tout de même leur pesant de cacahuètes comme sur « Anti God » à 0:41, "Feeling Pleasure Through Pain" à 0:15, "Rift Of Hate" ou "Sickness Of Will" et leurs breaks à la Suffocation, le début de "Chugging Pus"...). De quoi offrir la possibilité aux auditeurs de reprendre possession de leurs moyens avant de se faire à nouveau rouler dessus par un Ripping Corpse qui jamais ne lâche rien.

Album relativement court qui n’affiche que trente-quatre petites minutes à son compteur, Dreaming With The Dead est clairement, en dépit de ce qu’en a fait l’histoire c’est-à-dire un album relativement peu cité et surtout peu connu, un incontournable qui témoigne de la créativité de l’époque mais aussi des premiers pas d’Erik Rutan dans le milieu. Nerveux et extrêmement intense malgré quelques accalmies, cet unique album de Ripping Corpse est clairement ce qui se fait de mieux dans le genre Death/Thrash survolté. Un disque véritablement sous-estimé que je vous recommande chaudement.

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7 COMMENTAIRE(S)

human citer
human
17/10/2017 19:30
note: 4/10
Non, rien.
Les riffs ne sont pas bons et la voix est limite supportable.
Ma note reflète bien ce que je pense de cet album.
Comme je l'ai dit je viens de le réécouter, ta chronique juste mal tombée.
AxGxB citer
AxGxB
17/10/2017 14:58
note: 8.5/10
human a écrit : Album que j'avais trouvé très mauvais à l'époque. Je l'ai réécouté récemment et c'est toujours aussi mauvais. 9/10 pour cette daube c'est vraiment cher payé.

Si je suis trop clément, je te trouve bien dur. Y a vraiment rien dans le riffing tendu ou la cadence particulièrement nourrie qui te bouscule un peu ?
MoM citer
MoM
16/10/2017 20:50
note: 7.5/10
J'irai pas jusqu'à daube, y a du feeling là-dedans. Pour moi, la daube, c'est vraiment le plat tout fait avec des poncifs resucés. Là, y avait tout un terreau fertile avec le thrashened death, et ils n'ont pas saisi tout le potentiel. Mais à côté de ça, Solstice ou Demolition Hammer, pas le même niveau !
human citer
human
16/10/2017 19:06
note: 4/10
Album que j'avais trouvé très mauvais à l'époque. Je l'ai réécouté récemment et c'est toujours aussi mauvais. 9/10 pour cette daube c'est vraiment cher payé.
TarGhost citer
TarGhost
16/10/2017 18:23
note: 8/10
Acheté pour une poignée d'euros il y a bien longtemps chez Masters of Rock, je ne l'ai jamais regretté...en effet, l'artwork assez "original" et un label défaillant ne l'ont pas aidé à sortir de la masse mais des morceaux comme le superbe "Rift of Hate" ou "Beyond Humanity" valent le détour : Solos ciselés, vocalises thrash vengeresses, production puissante, rien n'est à jeter sur cette galette !
MoM citer
MoM
16/10/2017 17:39
note: 7.5/10
Un album qui a malheureusement subi un mauvais concours de circonstances, à en croire cette kro...

A l'écoute, c'est foutrement efficace, mais en 1991, il y avait du monde dans le créneau du metal extrême : pas facile de se faire une place alors que tant d'albums cultes du Death metal sont sortis cette année-là !

Mais il y a quelques éléments bien sentis, comme le début de Rift of Hate.
Pour moi, c'est sympatoche Sourire
gulo gulo citer
gulo gulo
16/10/2017 15:06
note: 7.5/10
"Âpre" est le premier mot qui me vient en tête, à y repenser là, mais survolté n'est pas mal non plus en effet ; une frénésie qui me fait penser à Absu.

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Ripping Corpse
Death / Thrash
1991 - Kraze Records
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (6)  6.25/10
Webzines : (2)  7.25/10

plus d'infos sur
Ripping Corpse
Ripping Corpse
Death / Thrash - 1987 † 1993 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Sweetness  (02:56)
02.   Dreaming With The Dead  (01:46)
03.   Anti God  (03:08)
04.   Glorious Depravity  (02:00)
05.   Beyond Humanity  (04:18)
06.   Feeling Pleasure Through Pain  (03:34)
07.   Through The Skin To The Soul  (02:28)
08.   Rift Of Hate  (03:58)
09.   Deeper Demons  (01:52)
10.   Sickness Of Will  (02:17)
11.   Chugging Pus  (02:25)
12.   Seduction Of The Innocent  (03:39)

Durée : 34:21

line up
parution
1 Juin 1991

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