Afin de défendre The Illuminant, LUCIFER’S CHILD fait un tour d’Europe (surtout d’Allemagne) en compagnie des Bas-Saxons de SERVANT (Black Metal également). Pour l’unique date française, ce sont les locaux de l’étape parisienne de GOHRGONE qui relèvent le défi d’ouvrir et de chauffer le Glazart. On vous raconte ce qui est pour beaucoup le premier concert de l’année.
GOHRGONE
Mis à part un nom inspiré de la mythologie grecque (les trois sœurs Gorgones), ce quartet n’a rien à voir avec l’Antibois
GORGON (ni même
ZOLA). Mais si vous êtes un lecteur attentif de Thrashocore, vous le savez, puisque Jean-Clint nous a déjà proposé une
interview des Parisiens, ainsi que des chroniques de trois de leurs albums. Ne restait plus qu’un
live report pour couvrir tout le spectre, nous y voilà. Que ce soit ou non la prochaine parution d’un EP qui remet l’équipe sur scène, bien leur en a pris. En effet, les quelques légers désagréments passés dus à des larsens, on est assailli par une intense section rythmique qui présage le meilleur. Les parties syncopées qui peuvent rappeler les débuts de la formation lorgnant alors vers le Deathcore sont efficaces et n’incarnent qu’une facette du Death Metal protéiforme qui nous est offert. L’autre versant, davantage sombre et qui colle à merveille à l’univers exploré, est illustré par une guitare qui sait parfois aller chercher des sonorités plus Black Metal. Comment est-ce que cela est reçu par l’auditoire ? Eh ben, mon collègue mentionnait une « fan-base qui est particulièrement active et motivée », je crois qu’au moins trois de ses représentants ont répondu présents et se font remarquer par leur agitation. Il faut dire que le chanteur y met également du sien en essayant de nous mobiliser à travers des expressions aussi humoristiques que gores. Il parvient d’ailleurs à arracher un
wall of death au public plutôt calme en ce début de soirée (excepté les trois zigotos qui pogotent de temps à autres), bien joué ! Si vous avez loupé nos maçons préférés (ils ont l’air fétichistes de parpaings), vous pourrez vous rattraper pour leur
event du 22 mai avec
LOUDBLAST à Saint-Quentin (02).
SERVANT
Un peu plus d’affluence et changement d’ambiance quand quatre gaillards peinturlurés (jusqu’aux ongles noirs) et vêtus de vestes en cuir débarquent pour nous servir leur Black Metal mélodique. On était pour l’instant passé à côté de ces musiciens, bien qu’ils soient venus ici même en octobre 2024 (en soutien d’
ELLENDE et de
GROZA) et que ce soient des Allemands signés chez AOP Records (ils ont échappé à ta vigilance Sakrifiss !). Pour votre information, ils sont par ailleurs membres du combo Black atmo/avant-gardiste
UNDER THE NIGHT SKY, que nous ne connaissons pas plus.
Encapuchonné mais au
corpse paint visible, le chanteur – adepte de la grimace – pose sa voix sur une musique menée tambour battant (on remarque que le percussionniste en a mal aux jambes quand il vient nous saluer à la fin) aux
leads accrocheurs (comme ceux qui retentissent dès le début de « Temple » qui m’avait déjà tapé dans les oreilles à l’écoute de leur dernier album
Death Devil Magick). Certaines mélodies qui peuvent remémorer
IMMORTAL sont des fois appuyées par du clavier (enregistré pour le coup), à l’image de celui du reconnaissable « Mater Hominis » (issu du sophomore
Aetas Ascensus) qui nous est joué en milieu de
setlist. Au final, une découverte agréable de 40 bonnes minutes qui passent aussi bien en
live qu’en réécoute à la maison.
LUCIFER’S CHILD
Les amateurs d’événements d’envergure connaissent peut-être déjà les Grecs depuis leur passage à l’édition 2019 du Hellfest. Pour les autres, je précise que « L’enfant de Lucifer » a notamment été fondé en 2013 par George Emmanuel. C’est un homme très actif, guitariste de session pour de nombreux groupes (dont
ROTTING CHRIST, pour qui il a aussi effectué des prestations scéniques) et à la tête du Pentagram Studio. Pour être un peu plus complet, j’ajoute que l’on retrouve également au
line-up des membres de
NIGHTFALL et de
CHAOSTAR, et que le nom vient du vers « And become Lucifer's Child » de la chanson « Into the Coven » de l’opus
Melissa de
MERCYFUL FATE. Sachant tout cela, on peut s’attendre à une thématique sataniste, ce que nous confirme la présence de deux grandes croix retournées (à
leds rouges) disposées sur les planches, ainsi que l’intro luciférienne qui ouvre les hostilités. Puis vient « As Bestas » de
The Illuminant qui nous fait passer d’une atmosphère ritualiste à une phase plus martiale avec des « hey hey » et une caisse claire type défilé militaire. L’envie d’énergie et d’interaction avec le public se poursuit, le chanteur ne laissant pas plus d’un quart d’heure pour nous demander de bouger. Sa requête est acceptée sans difficulté et un
pogo prend forme (les trois fans de
GOHRGONE le réactiveront quelques minutes plus tard). En effet, en dépit de solos et inévitables accalmies, les aspects prog et atmo ne sont pas ceux qui ressortent le plus ce soir. Leur performance est plutôt à l’image du très Black’n’Roll « Curse » déployé à coups de poings levés accompagnant les assauts répétitifs de la guitare et de la batterie. Après un tel emballement, impossible de se résigner lorsque les 45 minutes réglementaires sonnent la fin du
show. Ça gueule donc un bon coup depuis la fosse et les Athéniens reviennent pour un rappel attendu. Pour retrouver cette ambiance, sachez que le quartet sera à l’affiche du Party.San d’août prochain.
Merci à Sanit Mils de l’organisation. En permettant à cette tournée un crochet par la France, cela nous donne l’occasion de bonnes découvertes ainsi que de voir des groupes qui ne jouent pas si souvent dans nos contrées. On attend les prochaines dates !
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Sosthène
Par Keyser
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Jean-Clint
Par xworthlessx
Par Ikea
Par AxGxB
Par Jean-Clint
Par Sosthène
Par Lestat
Par Krokodil
Par Niktareum