Il aura fallu un peu moins de quinze ans à
NORWALK pour donner une suite à son premier LP
Metamorpho’z (2011). Je ne doute pas que le quatuor aurait aimé qu’il en soit autrement mais voilà,
Psycho Mirror n’a vu le jour qu’en mars de l’année dernière. J’en aurais bien parlé plus tôt mais la demande ne fut transmise qu’en cette mi-février et, pour être franc, je ne connaissais pas la formation auparavant. Faut-il m’en blâmer ?
Allez, à force d’habitude vous vous dites peut-être « encore un énième groupe de
thrash français amateur qui n’a trouvé aucun label, ça ne doit pas respirer le génie » et vous n’auriez pas totalement tort. Mais vous n’auriez pas pour autant raison. En effet, ces musiciens se situent dans une veine légèrement
heavy progressif qui s’exprime certes au travers de la durée conséquente des compositions, et donc de l’album (huit titres pour pas loin d’une heure de musique) mais, surtout, dans des choix musicaux qui nous changent radicalement des courants déjà usés du
old school ou de la
new wave of thrash metal en ne cherchant pas (trop) à recycler les codes de l’ancien temps.
Certes, les influences sont là, palpables à chaque instant (une pincée de vieux
METALLICA, une grosse louche de
FORBIDDEN), mais le fait que les mecs osent le chant quasi
heavy metal comme le pratiquent un
MEKONG DELTA, voire un
NEVERMORE (attention, je ne compare pas le vocaliste ici présent à
Warren Dane), c’est suffisamment démarquant pour être souligné. Surtout lorsque c’est plutôt bien exécuté et que, globalement, on n’a pas envie de se percer les tympans au bout de cinq minutes. Ainsi, en dépit du fait que l’album souffre de longueurs imputables à une certaine répétition des patterns ainsi qu’à un chant qui, ne modulant que peu, tend à uniformiser les chansons, il s’agira de reconnaître aux sbires d’avoir injecté beaucoup de sérieux dans l’écriture et de ne pas avoir cherché la facilité des riffs simplistes en aller-retour. Il ne faudra donc pas être un fin stratège pour comprendre que le niveau est solide et que le tout mérite un brin d’attention, d’autant que je suis persuadé que ces titres feraient une excellente première partie, en la matière j’ai connu largement pire, galvaudé
as fuck dirait je ne sais quelle andouille.
Le soliste tient sérieusement la route (l’instrumental « Hybrid Museum Journey », là tu la sens fortement l’influence de la bande à
Hetfield), le vocaliste est méritant, à la limite je regretterais que pour un style aussi orienté sur la technique il n’y ait pas une place plus conséquente qui soit faite à la basse, le parent pauvre de ce LP alors que c’est ce que j’apprécie peut-être le plus dans ce registre
techno thrash : quatre cordes bien vénères en roue libre qui tartinent en dehors des schémas et qui se fout de la structure, évoluant en individu autonome et regardant de façon condescendante ses besogneux petits camarades six-cordistes.
Sinon, en dehors de cela, difficile de laminer ouvertement une telle sortie. Évidemment, elle porte les marques de l’amateurisme, au sens noble du terme, et cela ne tient pas la comparaison avec le niveau d’un
MORTAL SCEPTER par exemple, qui nous a lui aussi régalés en 2025, mais pour un « petit » groupe sans prétentions particulières, ce
Psycho Mirror mérite au minimum les encouragements d’usage, en souhaitant que ces messieurs n’aient pas encore à laisser filer une décennie avant de proposer du nouveau matériel.
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01/03/2026 13:42