Türböwitch - Under Haunted Skies
Chronique
Türböwitch Under Haunted Skies
Bien qu’étant assez réduite et peu connue au-delà de ses frontières la scène extrême hongroise a pourtant quelques représentants intéressants et dignes d’intérêt si on prend la peine de s’y pencher un peu, car évidemment il ne faut pas se limiter aux mythiques TORMENTOR mais aussi écouter avec attention l’émergence récente des très bons COFFINBORN et MOLIS SEPULCRUM, qui ont réussi à nous faire oublier l’existence de l’infâme EKTOMORF (qui après avoir eu son heure de gloire dans la seconde moitié des années 2000 est toujours actif aujourd’hui… mais n’intéresse plus grand-monde), qui fût pendant longtemps la formation de Hongrie la plus connue à l’étranger. Sans prétendre atteindre la renommée mondiale TÜRBÖWITCH a néanmoins des arguments pour réussir à s’extirper de l’underground local où il végète depuis une décennie, et ce malgré deux albums, un Ep et une poignée de singles complétés par un grand nombre de concerts dans son pays comme à l’extérieur… dont certains en ouverture de noms prestigieux (NUNSLAUGHTER, DESTRÖYER 666, ENFORCER) et avec en prime un passage au Wacken 2024. Officiant dans un mélange de Thrash et de Punk joué majoritairement à fond la caisse le quintet nous offre ici trente-quatre minutes de gros son influencé majoritairement par MIDNIGHT, HELLRIPER, BÜTCHER ou encore EVIL INVADERS. Bref on aura compris que ça ne fait pas dans la finesse et il ne faut pas attendre autre chose de la part d’une musique brute de décoffrage et assez minimaliste qui défoule en bonne et due forme, tout ce qu’on recherche de toute manière dans ce style toujours bien actif qui vide la tête comme il faut.
D’ailleurs après une courte introduction qui nous renvoie vers les films d’horreur de série b de la décennie 80 place au furieux « Markoláb » où ça va jouer frontalement sans se poser de questions, entre batterie débridée et riffing minimaliste pour un rendu très crade où l’ombre de VENOM n’est jamais très loin. Proposant néanmoins un soupçon de variété avec l’apparition de passages Heavy pas dégueulasses et parfaits pour secouer la tête comme aérer l’ensemble, le combo offre donc un très bon démarrage qui fait mal aux cervicales… une vision musicale reprise dans la foulée sur le tout aussi impeccable « Under Haunted Skies » où l’entrain communicatif passe de la vitesse exacerbée sur fond de riffs rudimentaires vers quelque chose aux accents guerriers où ça remue dans tous les sens, en se posant sur une rythmique en médium implacable. D’ailleurs ces accents typiquement d’outre-Manche (IRON MAIDEN et JUDAS PRIEST en tête) vont se mettre encore plus en valeur sur l’excellent « Cult Mastery », qui sans prétendre rivaliser avec ces deux ténors offre une musique affûtée où les cous les plus solides sont mis à rude épreuve.
Tout cela est une des forces de ce disque qui malgré une certaine prévisibilité - et un manque de titres franchement marquants qui se détachent du lot - reste totalement efficace et fait parfaitement le job, du coup après ces instants plus travaillés les gars vont revenir vers une vision plus brute et instinctive. Cela débute tout d’abord avec « Ashbringer » qui nous gratifie entre autres de quelques ralentissements bienvenus et d’un solo mélodique du plus bel effet, amenant encore de la profondeur à un rendu pourtant simplissime. Néanmoins plus on va aller vers la fin de cette galette et plus les mecs ne vont pas se poser de questions notamment avec « Highways Of Death » qui sent le vieux son d’outre-Rhin à des kilomètres (SODOM et DESTRUCTION en tête), en sortant le mode pilonnage intensif en continu sans envie de vouloir ralentir, finissant donc d’annihiler toute forme de résistance… à l’instar du très court « Ultimate Failure Of Will » lancé à tout berzingue et qui pue le marginal crasseux à crête avec son clébard plein de puces. Cette dégueulasserie odorante va se renforcer encore via l’impeccable « When The World Crumbled » où la bécane est sortie du garage, entraînant avec elle les relents d’essence, d’huile et de graisse tout en misant toujours sur une rythmique endiablée où quelques courts instants en médium permettent de reprendre légèrement ses esprits. Et pour rester là-dessus le bien-nommé « Moshpit At The End Of The Day » va reprendre ce schéma de façon assez similaire mais toujours redoutablement exécuté, avant que la longue montée en pression de « Road To Resilience » n’intervienne pour terminer les hostilités de très bonne manière d’un disque sans fautes de goût ni sortie de route, malgré un manque de détails qui font la différence.
Car effectivement si c’est équilibré et cohérent ça sonne parfois un peu décousu, mais cela est largement compensé par les bonnes vibrations qui composent ce long-format, principalement sa simplicité et son énergie contagieuse qui nous donnent envie de pogoter dans la fosse comme d’aller faire une balade entre amis en enfourchant son deux-roues. De la bonne seconde division comme on l’aime en fait, vu qu’ici tout est sérieux et appliqué avec une vraie authenticité qui fait plaisir à entendre, idéal pour entamer correctement un soir de concert ou de festival en ouverture tout en buvant une bière tranquillement. Bien sûr pour le moment on se contentera de cela car nulle chance d’espérer mieux mais en ces temps où l’on trouve nombre de sorties nazes et à l’intérêt inexistant entendre encore ce genre de choses fait rudement plaisir… confirmant aussi que les combos de Budapest et de sa région méritent d’être plus mis en avant, c’est ce qui arrive ici et en espérant que cela continuera pour ses auteurs dans le futur car ils sont méritants et proposent des choses de bon goût ce qui n’est pas anodin.
DONNEZ VOTRE AVIS
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
AJOUTER UN COMMENTAIRE
Par Sosthène
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Samfisher
Par Sosthène
Par MoM
Par Raziel
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Cujo
Par Keyser
Par Jean-Clint
Par AxGxB
Par DEMONIKA
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint