C’est bizarre comme je lui trouve un petit côté
IRON MAIDEN à cette pochette. La tronche du vieux me rappelle celle d’
Eddie the Head et la composition globale m’évoque
Eddie with Crystal Ball, un poster anglais de 1988… En revanche, le nom de
NUKEM, lui, ne me dit rien du tout en dépit de la présence de protagonistes savoureux, à commencer par
Norm Leggio (
PSYCHOTIC WALTZ) à la batterie et
Steve Borgen (membre
live d’
EXODUS) à la guitare ainsi qu’au chant.
Si ces deux noms n’étaient pas encore suffisants pour vous convaincre de poser une oreille sur
The Grave Remains, deuxième LP de la formation après un
The Unholy Trinity paru en 2016, sachez que les invités de marque sont nombreux :
Gary Holt (
EXODUS,
SLAYER),
Lee Altus (
EXODUS,
DIE KRUPPS…),
Laura Christine (
ZIMMERS HOLE,
DARK ANGEL),
Rob Cavestany (
DEATH ANGEL),
Russ Tippins (
SATAN), elle commence à peser lourd cette affaire ! Je me doute que ce sont des potes, tous venant poser une partie de guitare amicale sur ce bon vieux
thrash metal toujours aussi vivace, cela dit même sans eux le disque perforerait les fondements les plus récalcitrants. Tu doutes ? Je le vois dans ton regard circonspect.
C’est vrai, j’ai peut-être tendance à facilement mettre des tacles à des groupes de petits jeunes qui débutent en jouant comme des vieux et à me montrer conciliant envers les vieux qui jouent comme des vieux (je suis en revanche toujours méchant avec les vieux qui veulent paraître jeunes), néanmoins c’est souvent parce que les anciens touchent leur bille (pure expression de vieux donc) là où les minots sont justes nostalgiques d’une époque d’eux inconnue, concept que je n’ai jamais vraiment compris, cette nostalgie fantasmée… Est-ce que je regrette les années soixante moi ? Ou les années quarante ? Allez, avançons.
NUKEM, c’est du trois étoiles à l’alambic. D’ailleurs, si je ne devais retenir qu’un seul album de
thrash cette année, il est probable que ce soit ce
The Grave Remains. Oui il contient absolument tous les stigmates, tous les clichés, tous les travers, tous les tics des formations précédemment citées et alors ? Quand c’est joué à un tel niveau, le bonheur est là (pour répondre à Christophe Maé qui n’a toujours rien pigé, ce con) et, putain, le LP est au moins aussi qualitatif que sa pochette est moche. « Tactics of Terror » ? Combien de musiciens vendraient leur âme pour ces trois minutes et quelques d’inspiration ? Nous sommes clairement face à la crème du
thrash californien, varié, dynamique, mélodique mais quand même très sévèrement burné. J’adore le chant précis, dans l’exacte tonalité, de
Steve Brogden, le jeu de batterie puissant de
Norm Leggio, la basse présente et tout en subtilité de
Don Lauder, chaque piste s’avère être un régal parce que les mecs savent composer, à la différence des copieurs. Lorsque tu es malin, tu identifies les clés d’un style et tu les places de façon aléatoire dans chacun de tes morceaux. Lorsque tu es doué, tu inventes les clés, tu en forges de nouvelles, qui ressemblent certes aux anciennes mais qui se démarquent, refusent de fonctionner avec les serrures d’antan.
Putain, ce
thrash parfois légèrement
crossover il rend marteau tellement il est juteux, goûteux, riche en vitamines. Moi je ne veux plus que ça dans mon régime alimentaire, pas de la protéine de merde en pot de dix kilos. J’exige de la subtilité, de l’intelligence, le
feeling des mecs qui ont tout pigé si ce n’est tout inventé, tu es le seul qui m’aille je te le dis sans faille. Car il faut être sincère, je n’ai certes nullement écouté
Goliath, dont les retours sont pour le moins partagés mais ce que j’entends ici est largement au-dessus d’un
Extinction Level Event massacré par la critique, enfonce
Humanicide, bref propose largement mieux que les dernières gloires américaines encore en activité et je ne parle même pas de l’ultime
MEGADETH, projet qui me laisse froid depuis
Youthanasia et qu’au fond de moi je n’ai jamais réellement aimé (jetez-moi des pierres).
En bonus suprême, les musiciens nous offrent un instrumental tel qu’on n’en compose guère depuis
Master of Puppets, la messe est dite,
NUKEM entre directement dans mon top de fin d’année, devant Scooby-Doo, Batman et l’inspecteur Derrick.
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