Aïe, aïe, aïe, un obscur groupe de
black thrash metal chilien dont les premiers mots prononcés sont « In Communion With Satan » (pied de nez à
VENOM ?), signé sur un tout aussi obscur label lyonnais ainsi qu’un allemand guère plus prospère ? Qu’attendre réellement d’
Iron Baphomet, premier album de
NECROBEAST, un nom à la zob évidemment abondamment fourni en pentagrammes, croix inversées, colifichets en tous genres ? Bah pas grand-chose évidemment car elles sont tristounettes ces huit compostions. La ritournelle habituelle quoi… Le petit Jésus pas beau, l’Enfer gentil, la guerre boum boum panpan cucul, journée portes ouvertes pour un énième dose de
metal belliqueux parfum soufre servi dans le cornet à bites du Malin. Riffs thrashisant, solos hystériques, chant démoniaque, tempos enlevés, un vrai cartable de rentrée quand tu as ta gomme neuve, le compas et ton papier calque.
Cela fait vingt ans qu’il existe le projet de
Seb Kings, une démo (2006), deux splits (2020 – 2022) avec son autre groupe
MORPHETIK, cela fait maigre et peu engageant surtout pour le résultat final dont je peine à croire qu’il puisse bénéficier de deux signatures… Il y a tellement mieux qui se démène en France, à quoi bon aller pêcher dans les eaux troubles étrangères si c’est pour remonter dans ses filets de telles engeances biscornues ? J’écoute encore et encore, rien ne surnage, rien ne domine, peut-être y a-t-il à l’occasion un parfum de
PERDITION TEMPLE (« Prometheus Flame ») mais ce n’est que l’effluve d’un effluve lointain qui peine à s’immiscer dans mes naseaux bouchés…. Bref, intérêt ? quasi-néant. Cela ne remet pas en cause la qualité de cet album bien produit à l’esthétique chatoyante, c’est juste qu’à la fin ça ne m’intéresse plus ces copies de copies, malgré l’intensité, malgré l’authenticité, malgré le respect du genre, le résultat est commun, sans frétillement d’aucune sorte. Je pourrais citer
BEWITCHED en colère ou la clique classique (le très bon
NOCTURNAL BREED par exemple), je peine à trouver en mon for intérieur l’enthousiasme ou la naïveté nécessaire pour encenser
Iron Baphomet, LP au demeurant irréprochable sur bien des aspects. C’est juste que la sentence « à quoi bon » revient morceau après morceau, litanie lancinante qui finit par gangréner l’écoute des huit compositions.
Je ferais fi de tous les poncifs, je serais alors en mesure d’affirmer que
NECROBEAST possède les arguments permettant de peser dans le
game : la bande joue fort, joue vite, joue juste avec l’attitude
evil de rigueur, c’est un fait. Les trente-cinq minutes défilent à la vitesse du fameux pet sur une toile cirée, rien ne rebute, rien ne dérange, nous sommes là face à une forme d’abécédaire glorieux sur laquelle la critique négative ne trouve que peu de prises sûres. Pourtant, cette rencontre est vouée à rester éphémère, lui qui descend dans le midi et moi qui remonte là-haut dans le brouillard. Je passe mon tour, comme souvent, et si l’Enfer consistait à devoir écouter tous les groupes que Satan n’a pas mis dans sa
playlist ?
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