Exorcizphobia - Neurosis Unbound
Chronique
Exorcizphobia Neurosis Unbound
On prend les mêmes et on recommence, cela a toujours été le crédo du quatuor de Tchéquie qui après des années d’instabilité en interne et à fréquenter l’underground le plus obscur a enfin eu droit à la lumière, suite à la sortie du très sympathique
« Spiritual Exodus » il y a presque trois ans maintenant. Autant dire qu’à l’annonce de ce nouvel album on se doutait bien qu’on allait retrouver tous les éléments typiques du Thrash pratiqué par le groupe, à savoir des morceaux majoritairement rapides et remplis de riffs affûtés comme de solos énervés avec juste ce qu’il faut de variations pour ne pas lasser. Bref de la pure musique de deuxième division mais suffisamment habile et bien foutue pour qu’on ait envie de lui laisser sa chance, et comme d’habitude avec le combo cela va être le cas vu que ce long-format s’écoute facilement avec un rendu global positif, même si pour passer un cap il faudra encore attendre mais visiblement les gars n’en ont cure vu qu’ils privilégient ce qui savent faire de mieux plutôt que de rater leur cible.
Difficile effectivement de trouver à redire à l’impeccable « True Lie » qui ouvre les hostilités de très bonne manière en misant sur la classique facette entre vitesse élevée et mid-tempo bien remuant, idéal donc pour secouer la tête et filer la pêche sans trop se poser de questions… un schéma sobre et parfaitement exécuté que « Neurosis Unbound » et « Global Cooldown » vont reprendre avec la même efficacité, même si ça va parfois sonner un peu répétitif et prévisible. Rien de rédhibitoire heureusement car tout cela défile à vive allure et les mecs vont aussi avoir aussi la bonne idée de montrer quelques influences extérieures, comme les relents Hardcore du sympathique « Hell In Veins » à l’équilibre des forces constant ou encore les accents Punk du très court « Addicted », qui balance la purée de façon frontale et continue entre quelques rasades de passages en médium imparables. C’est propre et montre donc une première partie d’opus menée de de manière efficace même si on aimerait parfois que ce soit un peu plus couillu, tant ça sonne par moments un peu trop gentillet… même si on est bien loin de quelque chose d’accessible au grand public.
Néanmoins il faut reconnaître que l’entité ne va pas éviter certaines fautes de goût notamment quand elle se décide à jouer sur la Power ballad… mais n’est pas SCORPIONS qui veut, car « Magical Formula » malgré ses bonnes intentions va rapidement montrer ses limites en étant hyper prévisible tout en n’arrivant jamais à véritablement décoller. Certes les arpèges doux sont agréables et le rendu global n’a rien de déshonorant mais c’est trop pantouflard et monotone pour arriver à captiver sur la longueur, à l’instar de la conclusion « Growing Back Home » moins pépère mais quand même trop paisible et éthérée pour finir dignement un long-format qui aurait mérité de se terminer de manière plus énergique. Heureusement entre ces deux plages on va entendre l’agréable « Pain Monopoly » où la densité est particulièrement présente (même si tout cela s’essouffle rapidement) et surtout le primitif « Cold » où l’agressivité est particulièrement mise sur le devant de la scène, et qui défouraille comme il faut en ne levant jamais le pied… et c’est cela qu’on aurait aimé entendre un peu plus fréquemment, même si dans l’ensemble on est assez satisfaits par le contenu global ici proposé.
Car c’est typiquement ce qu’on attend de ce genre d’enregistrement, une petite livraison tout en sobriété et sans prétentions qui s’écoute en dilettante et qu’on remettra de temps en temps en sachant qu’on passera un bon moment, même si ça ne pourra pas prétendre à autre chose. Sans chichis donc et ne s’éternisant pas inutilement l’ensemble bien qu’imparfait saura aisément satisfaire les fans du style tant ça ne se prend pas au sérieux et reste professionnel en toutes circonstances, ce qui est la base finalement. C’est donc tout ce qu’on aime ici et nul doute que la prochaine livraison de l’entité sera du même tonneau, avec ses passages où l’on aura envie de secouer la tête et les mêmes petits coups de mou incontournables… mais largement compensés par le capital sympathie qui font oublier cela et éviter ainsi un avis global plus négatif ce qui serait immérité et trop sévère en vue du travail fourni.
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