Intoxicated - The Dome
Chronique
Intoxicated The Dome
Après un retour aux affaires réussi avec l’agréable
« Watch You Burn » le quatuor floridien n’a cette fois pas mis un quart de siècle pour sortir un nouvel album, vu que seulement trois ans et demi se sont écoulés avant l’arrivée de ce troisième chapitre qui va continuer dans la même voie tracée par son prédécesseur. Désormais signé par le toujours respecté Redefining Darkness Records le combo livre ici dix titres de pur Thrash aux légers accents Death et Crossover, sans chercher à renouveler quoi que ce soit mais avec une efficacité redoutable et en gommant certaines petites imperfections que l’on avait pu entendre précédemment. Renforcée par l’arrivée de deux nouveaux membres à la basse et à la batterie l’entité va donc signer un opus toujours aussi simple techniquement, mais également très court et efficace vu que les morceaux ne dépassent jamais les quatre minutes… et qu’en à peine une demi-heure chrono tout est déjà fini et expédié. Cela est donc un bon point à signaler et heureusement d’ailleurs, car comme pour le précédent volet l’ensemble bien que majoritairement réussi ne va pas être exempt de tous reproches et de coups de pompes préjudiciables.
Mais pour le moment on ne va rien avoir à reprocher au démarrage de cette galette qui part sous les meilleurs auspices avec d’abord l’impeccable « Carved In Stone » particulièrement énergique et dynamique, vu que ça mise sur la vitesse prépondérante conjuguée à quelques blasts redoutables et passages enlevés où se mêlent de courts ralentissements pour mieux redémarrer la machine. Ça ne se pose donc pas de questions et c’est tout en sobriété en montrant déjà un largement éventail technique de ses auteurs qui vont continuer sur leur lancée avec l’excellent « Sever The Strings », qui va miser lui sur une rapidité moins marquée au profit d’un rendu plus lourd et en mid-tempo. Amenant ainsi un vrai côté épique et guerrier l’ensemble confirme que même en levant un peu le pied les gars restent totalement cohérents, avec en prime une efficacité constante où l’on a envie en permanence de headbanguer… chose que le redoutable « The Dome » va encore pousser d’un cran avec ses accents Heavy addictifs et son ambiance rampante décuplée, où là encore quelques brutales accélérations comme ralentissements se greffent afin d’offrir quelque chose d’équilibré mais où ça explose moins rapidement. Du coup après ce premier tiers qui a vu l’intégralité de la palette rythmique de ses auteurs être de sortie on ne sera pas surpris de voir que « War Club » va servir de parfait condensé à tout cela, en proposant différentes parties distinctes où après un démarrage joué à fond la caisse la suite va ralentir fortement… avant de proposer une grosse salve blastée en guise de conclusion. Tout cela avec en bonus une écriture affûtée et directe où ça ne s’étire pas inutilement, permettant ainsi de conserver une grosse attractivité et l’envie d’en découdre en continu.
Pourtant à partir de là ça va être le début d’un autre tiers assez quelconque et décevant, prouvant donc que la bande a encore du mal à offrir des disques réussis de bout en bout et qu’elle n’évite pas les ronronnements dommageables, car « Tighten Your Eyes », « Unescaped », « It’s Dead » et « Shifted Cross » vont souffrir d’un manque de couilles récurrent lié notamment à une explosivité qui s’est trop effacée, conjuguée à une écriture moins inspirée qui se montre rapidement répétitive et prévisible. Sans être donc foncièrement ratées ces différentes plages montrent certaines limites propres à ses auteurs (c’est sympathique, bien fait mais l’ennui arrive rapidement) qui confirment que pour l’instant ils ne peuvent espérer mieux que la deuxième division où ils évoluent actuellement, même si heureusement tout cela va se terminer de façon bien plus convaincante. Car dès que ça repart sur des charbons ardents joué de façon explosive tout paraît nettement plus fluide et sans anicroches, la preuve ici avec « Rake The Grate » idéal pour se défouler et entamer un bon vieux pogo dans la fosse mené à fond les ballons en retrouvant un côté rudimentaire très plaisant, avant que le tout aussi agréable « Drowning The Weak » ne vienne parachever cette écoute de façon impeccable avec ces accents Hardcore pas dégueulasses et sa rapidité majoritaire, où une fois de plus les nuques sont mises à rude épreuve toujours avec le même plaisir.
Autant dire que même si c’est imparfait et qu’il y a quelques erreurs de parcours le rendu global reste malgré tout assez solide pour qu’on ait envie d’y revenir de temps à autre, vu que c’est propre et fera parfaitement son office sur scène. Et même si c’est interchangeable et que ça ne réinvente absolument rien on se laissera facilement happer par ce long-format qui défile à toute berzingue et sans qu’on ne décroche véritablement en chemin, malgré un rendu inégal qui ne changera rien à son statut actuel d’outsider plaisant et sympathique. A voir donc si cela bougera à l’avenir mais en tout cas ça a toute sa place sur le catalogue du label de Cleveland dont le sérieux et la qualité ne sont plus à démontrer, ça n’est déjà pas si mal et ça prouve en tout cas qu’il y’en a qui croient en la formation, ce qui est déjà très positif… même s’il est certain qu’elle devra nettement hausser le niveau lors de sa prochaine sortie pour espérer enfin devenir un nom qui compte dans le futur.
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