Venthiax - Rites Of Ra
Chronique
Venthiax Rites Of Ra (EP)
Une fois encore on peut constater que la valeur n’attend pas le nombre des années, car si on a souvent constaté l’incroyable fourmillement au sein de la jeunesse suédoise depuis le début de la décennie celle-ci le prouve une fois encore avec comme nouveau venu ce trio venu de Jönköping qui va encore tout dévaster sur son passage. Car en à peine cinq ans d’existence celui-ci s’est déjà montré productif en offrant deux courts disques live et un deuxième Ep publié en ce début 2026, afin de montrer qu’il a toute sa place au sein de la redoutable concurrence locale. Officiant dans un Thrash bien énervé et délicieusement rétro la formation marche clairement sur les plates-bandes occupées notamment par ERADIKATED, DISARRAY, SARCATOR ou encore ETERNAL EVIL… confirmant que le style a décidemment la cote là-bas auprès de la nouvelle génération, ce dont personne ne se plaindra vu le niveau proposé ici. Car ne cherchant nullement à renouveler quoi que ce soit la bande n’a pour seule ambition que de continuer à faire vivre un glorieux héritage, et ce par n’importe quel moyen avec conviction, force et énergie où le feeling prime sur le reste… principalement une technique élaborée ici absente des débats.
En effet à l’instar de ce que proposait principalement l’Allemagne durant les 80’s ça va jouer vite et fort sur fond de riffs minimalistes et de morceaux qui ne s’étirent jamais trop en longueur, la preuve d’entrée avec le très court instrumental « Warfare » qui après nous avoir balancé des roulements de toms à l’ancienne va partir à fond la caisse en continu, avec en prime un son en raccord avec l’époque grésillant et sans modernisme outrancier. Donnant donc directement le ton cette ouverture ne va pas dépareiller par rapport à la suite à venir, et tout d’abord via « Rites Of Ra » à la thématique occulte d’obédience égyptienne qui va jouer le grand écart entre longues parties débridées furibardes aux extrémités et un gros ralentissement plus marqué en son centre, afin de secouer la tête et y ajouter quelques accents tribaux pour mieux aérer le tout. C’est brut et direct mais ça fait parfaitement le taf sans se poser de questions, vu que les trois musiciens foncent en avant tête baissée prêts à affronter la tempête sonore et les critiques sur le manque flagrant d’originalité, dont ils se foutent royalement. D’ailleurs si ce titre allait à l’essentiel « Infernal Demise » qui déboule dans la foulée va aller encore plus loin dans la radicalité, vu que là on n’y trouve aucune trace visible de freinage tant l’allure reste élevée… seuls finalement quelques courts moments où le médium est de sortie (afin de se faire encore mal aux cervicales) permettent de proposer une relative variation.
Cependant on reste sur quelque chose de primitif mais qui fait du bien là où ça passe, et si le rendu est déjà addictif cela va encore se renforcer sur cette seconde partie d’enregistrement, avec notamment le furibard « Speed Metal Mayhem » qui sent bon le « Show No Mercy » de SLAYER à des kilomètres à la ronde tant on ressent des plans tirés de ce disque de référence… tout en y voyant l’ajout de passages typiquement Punk qui servent encore un peu plus à maltraiter l’auditoire, vu que ça pue la crasse et la haine par tous les pores en gardant une noirceur omniprésente qui continue d’épaissir au fur et à mesure de l’avancée de l’écoute. Mais si ici c’était le rudimentaire qui prédominait avec l’arrivée du dense « Dawn Of Terror » les choses vont légèrement évoluer, vu qu’ici l’entité va nous prouver qu’elle sait garder son efficacité en proposant plus de profondeur tout en levant le pied plus fermement car ça va jouer en permanence les montagnes russes, n’hésitant donc pas à favoriser le mid-tempo des familles calé entre quelques blasts rugissants et accélérations du feu de dieu. Sans jamais trop en faire le résultat est vraiment redoutable tant ça garde une grande fluidité, et cela va être poussé plus loin sur « The Omen’s Arrival » qui va garder cette même base en lorgnant même vers le Heavy, de par certaines notes affûtées et entraînantes calées entre une bonne salve d’accélérations où ça sent la sueur et la saleté… conservant donc un dynamisme indécent à l’instar de tout ce qui est passé en amont, histoire de clôturer dignement cette livraison sans fautes de goût et qui s’écoute facilement sans jamais être lassante.
A voir désormais si cela sera aussi le cas au format supérieur… mais en attendant on ne peut que valider ces vingt minutes expédiés manu militari avec un plaisir contagieux et l’insolence de la vingtaine, qui offre un bon condensé de l’outre-Rhin des origines et qui encore aujourd’hui continue à vivre. Pour le moment on se fera donc avec le même plaisir à chaque fois cette pépite brute de décoffrage qui malgré quelques petites imprécisions (principalement du côté de la batterie pas toujours très juste malgré la fougue généralisée) s’enfile aisément, et qui file immédiatement la pêche pour qui prendra la peine de se pencher dessus. Typiquement donc le genre de sortie idéale pour ne pas se prendre la tête et éliminer toutes les mauvaises ondes et galères du quotidien (même si évidemment ça ne marquera pas l’année de son empreinte), tant ça de belles choses et c’est finalement l’essentiel que l’on recherche ici. Et même si l’on aura l’impression légitime d’avoir entendu cela des milliers de fois auparavant ça possède son goût de reviens-y inéluctable et tellement agréable, que l’on y replonge les yeux fermés sans chercher à comprendre ce qui nous arrive.
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