Cage Fight - Exuvia
Chronique
Cage Fight Exuvia
Découvert il y a plusieurs mois maintenant via Facebook (il me semble), j’avoue ne m’être réellement penché sur Cage Fight que plus récemment à la lumière de publications qui se faisaient de plus en plus nombreuses dernièrement, notamment de nombreuses vidéos live (plus que convaincantes !) postées sur ledit réseau et pour cause puisque le deuxième album de la formation franco-britannique est fraîchement sorti le premier mai dernier chez Spinefarm Records. Parmi ces publications les deux clips réalisés pour les titres « Pig » et « Pick Your Fighter » m’avaient clairement incité à aller jeter une oreille sur ce « Exuvia » qui fleurait bon le gros défouloir.
Formé il y a cinq ans autour de James Monteith (Tesseract) et Rachel Aspe (ex-ETHS) le combo sortait en 2022 un premier album éponyme assénant quatorze titres bien musclés aux racines assez hardcore mais en y insufflant une grosse dose d’influences plus metal pour un rendu d’une redoutable efficacité. Rejoint depuis par Nick Plews aux fûts (ex-Corsping) et Will Chain à la basse, le quatuor revient donc aujourd’hui avec douze nouvelles compos qui deviendront vos meilleures alliées pour les séances difficiles à la salle de sport. D’une durée similaire malgré deux titres de moins, « Exuvia » va reprendre peu ou prou les affaires là où « Cage Fight » les avait laissées. C’est donc sur une base résolument hardcore bien vénère sentant bon le Terror, Hatebreed ou Biohazard mâtiné d’influences plus thrashy et groovy à la Lamb of God ou Devildriver. Une mixture plutôt alléchante sur le papier et qui tient toutes ses promesses une fois le bouton play appuyé. Pendant quarante-quatre minutes d’une intensité quasi constante, le groupe digère donc ces diverses influences sans vraiment jamais sonner totalement comme les uns ou totalement comme les autres. Le riffing hybride de James s’amuse à piocher dans cette palette tout en ne perdant jamais de vue l’efficacité, mot qui décrit probablement le mieux la musique de Cage Fight. En effet, hormis les quelques respirations que seront l’intro électro « Confined », l’interlude planante « Le Déni » ou la touchante « Elegie », assez peu de temps mort s’offriront à l’auditeur qui se mangera mandale sur mandale avec ce riffing abrasif et accrocheur, ces rythmiques changeantes (du blast aux saccades et plans bien lourds) et bien entendu le chant de Rachel sur lequel nous reviendrons. Difficile de résister à ces passages aussi groovy (le début d’ « Oxygen », de « Pig », de « Pick Your Fighter » ou du titre éponyme), à ces accélérations thrashy (« Pig » à 41’’, « Pick Your Fighter » à 34’’, « Un Bon Souvenir » à 1’19, le début de « Deathstalker », « Exuvia » à 20’’) ou à ces breaks bien écrasants (« Pig » à 2’35, la fin d’« Exuvia », « The Hammer Crush » à 2’13, la fin de « IHYG (I Hate Your Guts) »). Au-delà des groupes cités plus haut, ce côté thrash groovy et moderne m’a également bien souvent fait penser au Chimaira période « The Impossibility Of Reason », notamment sur des pistes comme « Deathstalker », « Un Bon Souvenir » et ses faux-airs de « Down Again » ou encore « IHYG (I Hate Your Guts) » à 32’’. Bref préparez-vous à vous manger une bonne salade de phalanges comme dirait Jason.
Mais tout cela serait éminemment moins brutal sans l’énorme prestation de Rachel. Ne l’ayant pas connue dans Eths (je me souviens d’avoir écouté l’EP « Samantha » à l’époque mais il s’agissait alors de Candice au micro), vous dire que j’ai été scotché relève de l’euphémisme. L’aisance avec laquelle elle passe d’un growl death metal extrêmement profond à une voix plus typée hardcore, en passant par des cris d’écorchée vive et de nombreux pig squeals est toute autant bluffante que jouissive ! On peut d’ailleurs le constater sur quelques vidéos studio et surtout les nombreux lives disponibles qui montrent parfaitement la grosse claque qu’est Cage Fight sur scène (vivement une tournée française !). Toutefois, ne se contentant pas de beugler à longueur de temps (seulement à 90 % quoi…) la charmante frontwoman (et tatoueuse de son état) s’ouvre également à plus de finesse et de mélodie sur certains refrains ou passages en voix claire qui permettent de se rendre compte du très joli timbre de voix dont elle peut s’enorgueillir lorsqu’elle ne martyrise pas ses cordes vocales, comme c’est par exemple le cas de façon assez subtile sur « Oxygen » ou « Exuvia » et évidemment sur la poignante « Elegie », l’excellent titre de clôture à la fois sombre, (visiblement) douloureuse et touchante tout en restant extrêmement rageuse avec ces cris déchirants (titre dédié à son grand-père disparu si je ne dis pas de bêtise). Il n’y a vraiment que le refrain ultra pop (limite gnan-gnan) de « Un Bon Souvenir » qui ne passe pas trop à mes oreilles, histoire de goûts bien évidemment mais je trouve que ce genre de refrain pénalise plutôt un titre qu’autre chose, d’autant plus dommage que le reste déboîte méchamment ! Toute cette rage déversée derrière le micro est presque palpable et on devine l’expérience probablement assez cathartique pour Rachel, évoquant des thèmes très personnels (la pochette est d’ailleurs illustrée par le masque de radiothérapie de sa grand-mère dont on peut entendre la voix à la fin d’« Exuvia ») notamment les nombreux messages déplacés (voire du harcèlement en ligne purement et simplement) dont il est question sur le titre « Pig » qui en dit long sur la connerie de certains hommes (avec un tout petit h pour le coup, je vous invite à aller jeter un œil sur le clip).
Enregistré par Sam Bloor au Lower Lane Studio et mixé par Jim Pinder (Sleep Token, Malevolence), « Exuvia » affiche un son moderne et puissant parfait pour le style pratiqué. Rien de nouveau ou de révolutionnaire en soi mais que l’efficacité déployée compensera aisément. Avec des titres ultra accrocheurs comme « Oxygen », « Pig », « Deathstalker », « The Hammer Crush », « IHYG (I Hate Your Guts) » ou encore « Pick Your Fighter » (inspirée d’un titre de Nâdiya …?!) qui voit le featuring on ne peut plus à propos de notre Julien Truchan national, ce deuxième opus de Cage Fight s’impose comme une sortie plus que solide pour tous les fans d’un mélange hardcore, thrash voire death aux contours modernes tout aussi massif qu’accrocheur et mené par une chanteuse impressionnante et rendant le slogan qui orne certains backs de t-shirts on ne peut plus pertinent : « male backed metal ».
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