Tiens, un groupe de
thrash metal espagnol qui n’est pas signé chez
Xtreem Music, c’est surprenant. Inquiétant même peut-être…
FURI HELIUM pâtirait-il de quelques vilaines tares qui le rendraient impropre à l’obtention d’un contrat discographique ? Je ne le sais pas mais
Far From Sanity (2022) était déjà une production indépendante, il en va de même pour ce
No Altars Stands Eternal. Le programme, vous le connaissez uniquement en regardant la pochette : une musique ultra classique qui s’inspire des vieux tout en les faisant sonner comme des jeunes, c’est générique en diable et pourtant non dénué d’une certaine efficacité.
Par exemple, on appréciera cette basse qui claque comme lorsque Ron Jeremy colle une main au cul, ces nombreux chœurs bien virils qui renforcent la dimension
hardcore des morceaux ainsi que, globalement, la vitesse affichée bien que jamais excessive. La production se montre également à la hauteur : propre et puissante pour des instruments équilibrés et un chant bien mis en avant, d’ailleurs l’un des points forts de ce LP que le timbre de
Kirian Bonet.
Pour le reste, sans dénigrer la qualité technique des différents instrumentistes, je ne parviens que trop rarement à m’enthousiasmer pour des parties entendues des milliers fois et ce même si les Espagnols arrivent toujours à faire pointer de petites spécificités nationales qui rendent leur
thrash un peu à part… L’accent peut-être ? Le soleil qui perce derrière les murs de béton ? « Va comprendre, Charles » disait André Pousse à Guy Marchand dans cette célèbre publicité pour le PMU. Je glose, je tourne autour du pot, cherchant à masquer mon syndrome de la page blanche face aux près de quarante minutes de
No Altars Stands Eternal.
Peut-être aussi parce qu’il n’y a rien à dire. Oui, sur le papier, le disque ne souffre que peu de défauts. Bien produit, bien joué, dans les clous si ce n’est le trop mélodique « Tidal Disruption » qui confirme la jeunesse de la formation en laissant trop parler son goût pour les modes de transports urbains à roulettes, les Catalans cochent toutes les cases d’une sortie professionnelle. Sauf que moi j’aime bien avoir un peu de gras sur les doigts, sentir que les mecs veulent te faire la rondelle façon calamars à la romaine… Là, non. Les musiciens sont plutôt soignés dans leur approche, l’avantage étant que cela est susceptible de plaire au plus grand nombre. L’inconvénient est que l’on tombe vite dans le ventre mou de la scène et que si je compare aux prouesses des Japonais de
BRUTAL DECAY ou à l’arrivée en force de
POWER ABUSE, il n’y a pas photo. Quoi qu’il en soit je n’ai jamais été très fan d’
ANGELUS APATRIDA ou de
CRISIX, par conséquent rien de vraiment étonnant à ce que je reste ici globalement de marbre.
À réécouter cet été, au moment des grillades.
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13/02/2026 08:27