Barbarian - Reek Of God
Chronique
Barbarian Reek Of God
Eternel second couteau de la scène italienne le trio florentin fait pourtant partie des bonnes choses que l’underground local produit régulièrement de l’autre côté des Alpes, car malgré un vrai manque de reconnaissance le groupe a toujours conservé toute sa motivation pour continuer à exister, et ainsi délivrer depuis 2009 la bonne parole basée sur une vision pure et intègre des origines du Metal extrême. Ayant mis cette fois trois ans et demi pour pondre son nouvel opus (soit beaucoup plus que d’habitude) le combo ne va cependant rien changer à sa ligne de conduite, en proposant toujours ce Black/Thrash rudimentaire et graisseux où tous les clichés virils sont de sortie et qui donnent un charme indéniable à l’ensemble. Car ici la finesse n’est pas à l’ordre du jour vu que ça pue la crasse, la pisse, la bière chaude dégueulasse, la transpiration ou encore l’huile de moteur de la bécane… bref tout ce qui donne envie de fuir aux amateurs de finesse et de choses bien lisses. Autant dire que ceux qui aimaient les précédentes livraisons de l’entité apprécieront ce nouveau jet et les autres n’aimeront toujours pas… vu qu’aucune surprise n’est ici à attendre, les gars vont d’ailleurs immédiatement le démontrer dès les premières de notes de « Maxima Culpa » et « Sledgehammer ».
Si cette doublette ne va pas encore totalement lâcher les chevaux en privilégiant ici les rythmiques plus bridées le rendu granuleux au possible va quand même proposer les classiques accélérations endiablées, les rythmiques Punk simples mais redoutables et quelques courts plans en mid-tempo histoire d’headbanguer comme il se doit. Toujours aussi basique du côté de l’écriture comme dans l’exécution la formation ne s’embarrasse jamais de futilités, et le prouve encore ici avant de trouver véritablement sa vitesse de croisière avec l’arrivée du très court et énervé « Eighth Sacrament » (tout comme « Mercy Swallower » situé un peu plus loin) particulièrement rudimentaire et frontal qui ne laisse aucun survivant sur son passage, tout en laissant néanmoins malgré sa durée le temps de varier légèrement son propos en levant le pied à différents moments. Et si jusqu’à présent tout cela était déjà bien dynamique et entraînant la suite va continuer à grimper en intensité, avec tout d’abord l’impeccable « Shit He Forgives » où le grand écart particulièrement corsé passe comme une lettre à la poste et donne franchement envie d’en découdre… tout comme « Cardinal Sinner » qui dévoile plus de profondeur, sans pour autant partir vers quelque chose d’alambiqué. Car même si ici on a la sensation que les mecs y vont moins franco qu’auparavant ça reste burné et hyper virulent comme le démontre « Cancer Cross », de par de gros accents épiques et guerriers où l’on sent quelques légers reflux Heavy au niveau des guitares comme de la rythmique générale qui conserve heureusement une base bien radicale.
Ajoutant à tout cela le très sympathique « Crossburn » aux légers accents tribaux calés dans une rapidité assumée, et une reprise très réussie de « Freak Magnet » (signée à l’origine par L7) où le côté Grunge ressort clairement et se mêle facilement au style des trois compères qui y ajoutent un supplément d’obscurité sur un rythme médium très jouissive. Terminant les hostilités par le classique et homogène « Retrogarde Metal » l’entité offre donc un disque qui n’a rien d’exceptionnel en soi mais qui défoule et fout la pêche instantanément, sans chercher à renouveler quoi que ce soit… ce qui lui convient aisément à ses créateurs. Car même si au final c’est parfois vite interchangeable et répétitif ça n’est jamais monotone, et ce même si on sent que les transalpins ont plus levé le pied par rapport aux autres fois… preuve donc qu’ils se complaisent très tranquillement dans leur domaine de prédilection et qu’ils n’ont nulle envie d’en changer. Moins explosif donc mais pas pour autant pépère ce sixième volet des barbares ne dépareille effectivement pas dans une discographie homogène et équilibrée, où l’on ne pique jamais du nez et qui permet de mettre le cerveau tranquillement en veille pendant un peu plus d’une demi-heure… période où l’on oubliera immédiatement les soucis du quotidien. Tout ce qu’on demande finalement à ce genre d’enregistrement et c’est largement suffisant, surtout que ses auteurs s’en contentent aisément et l’on ne peut qu’aller dans leur direction vu qu’ils ne seront jamais des têtes d’affiches… mais cela ils s’en foutent royalement en privilégiant donc leur sincérité artistique, un choix payant de toute manière et que nul ne pourra critiquer aujourd’hui comme demain.
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