Ce qui était à l’origine un simple projet studio d’
Ale Moz, principalement connu pour avoir été bassiste au sein de
DETESTOR, une formation de
thrash death metal italienne active entre 1990 et 2011 (je ne compte pas la compilation de 2023), est finalement devenu par suite du décès du principal intéressé un bel élan solidaire. En effet, ses amis proches
Tommy Talamanca et
Trevor Nadir, respectivement guitariste et chanteur de la légende
SADIST, épaulés par le batteur
Giovanni Durst (actuel
BENEDICTION il me semble) ont décidé de reprendre les pistes laissées en chantier afin d’aller au bout de l’enregistrement.
Pour les besoins de la cause, le trio a pu compter sur l’appui de nombreuses personnalités plus ou moins connues de la scène italienne : chanteur, bassiste, guitariste, claviériste, toutes et tous se sont retrouvés autour des neuf compositions de
The Trace You Left si bien que l’on reconnaîtra des membres de
FULCI,
FLESHGOD APOCALYPSE,
DEATHLESS LEGACY, j’en passe… Sur le papier, c’est vrai que ça bute pas mal mais l’intérêt réel de cette parution sera finalement extra-musical puisque tous les fonds récoltés grâce aux ventes d’albums seront reversés à l’
AIRC, une fondation de recherche contre le cancer. Le geste caritatif passera donc devant la qualité musicale de l’œuvre, assez faible au regard des forces en présence. Bon, il s’agira de ne pas perdre de vue que ce ne sont pas les musiciens précédemment cités qui ont écrit la musique, ils n’ont fait que lui donner corps, avec tout leur talent certes mais ils ne pouvaient pas non plus réinventer au risque de dénaturer la nature profonde du concept.
Ainsi,
CRYSTAL SUN nous propose trente-sept minutes d’un
death metal fortement teinté de
thrash, principalement mélodique grâce à de nombreuses harmonies typées
heavy et n’hésitant pas non plus à incorporer des claviers, l’une des marques de fabrique des Italiens. Cependant, même si certaines compositions s’avèrent relativement poussives (« Mystical Spell Mortification »), l’album s’appréciera surtout pour ses qualités instrumentales : la basse en premier lieu, très en avant comme c’est souvent le cas dans les formations de
techno thrash des années 90 (
SADIST bien sûr,
SADUS), l’ombre de
Steve DiGiorgio s’étendant sur nombre de passages alambiqués. La batterie de
Giovanni Durst donnera également toutes les raisons de s’enthousiasmer : son jeu puissant, précis, apporte l’impulsion nécessaire aux moments de creux.
Avec sept vocalistes crédités, la voix est évidemment l’un des éléments centraux de
The Trace You Left et si l’on pourrait déplorer l’absence de véritables
growls, il demeure que la richesse ainsi que la diversité des timbres employés, des déclinaisons du criard au clair en passant par des influences
black (« Enters People’s Bodies »), jouent un rôle décisif dans la bonne tenue de l’ensemble, certaines ambiances m’évoquant même
OPERA IX.
En définitive, le disque pantoufle un peu. Avec de tels participants il y aurait eu de quoi bénéficier de quelques fulgurances mais mêmes les solos peinent à décoller, la formation n’étant jamais aussi intéressante que lorsqu’elle explore un
thrash death technique à l’ancienne, purement rythmique. Néanmoins, l’objectif étant noble, je soutiens totalement.
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