Le
thrash metal… Décidément, ce genre n’en finira jamais d’attirer dans ses filets poisseux une jeunesse fascinée par les origines. Des quatre coins du monde déferlent des formations revanchardes, les Philippines n’étant pas en reste question sauvagerie. D’où
POWER ABUSE, d’où
Madness Inside, un premier LP paru en septembre 2024 avant d’être réédité en mars de l’année dernière par
Thrashing Cult Records, label chinois pour le moins confidentiel mais au
roster intéressant (
RUMBLE MILITIA,
ABIGAIL…).
Bien entendu, notre trio n’est pas là pour chambouler les codes et réinventer la poudre. Il ancre son style dans les vieux pots des années 80, à mi-chemin d’un
METALLICA du temps où il préconisait le meurtre de masse (« Born to Thrash » prend des allures de « Whiplash »), de la scène allemande pour une certaine violence débridée, du
crossover relativement aux intonations vocales ou certains riffs davantage typés
punk hardcore alors que l’ombre éternelle de
SLAYER planera à l’occasion des « Inevitable Death » et « Madness Inside » aux rythmiques, accélérations et lignes de chant symptomatiques. Beaucoup de références donc dans ces neuf compositions (treize si l’on compte les versions démos proposées par la réédition) qui, pourtant, parviennent à ne pas sonner comme un plat réchauffé ni comme une galette insipide.
Il faut dire que les musiciens s’y entendent pour propager leur hargne et que l’auditeur, s’il accepte de laisser son cerveau de côté, se laissera facilement embarquer dans cet album intense, étonnamment fluide, étonnamment varié également où chaque morceau contient sa petite spécificité, un solo déjanté, un
mosh part, un surcroît de brutalité, un cri strident, une mélodie vocale entraînante… Difficile de ne pas résister aux assauts métalliques d’un « Aftermath of War », avec un
Chester Ramos bien efficace derrière sa double. Décidément, ces messieurs savent jouer sans complexe, se pointant après deux EP et une démo avec un premier longue-durée plus que convaincant.
Certes,
Madness Inside souffre à l’occasion de quelques approximations (batterie trop en avant, solos parfois précipités, chant à l’arrache) et tu te doutes vite que tout a été enregistré en à peine quelques prises, sans retouches studio inutiles. Cependant, c’est aussi cette fraîcheur, cette instinctivité qui confèrent à la sortie une grande partie de son charme
underground, l’amateur pouvant largement y revenir régulièrement sans lassitude. Et si cela ne remplacera jamais le charme suranné des vieux
EXODUS, voilà un disque contenant suffisamment de rage pour enflammer plus d’une première partie, voire voler la vedette à la tête d’affiche si tant est que les prestations scéniques soient à la hauteur des promesses entrevues ici.
Voilà donc un début de carrière idéal pour
POWER ABUSE qui signe-là une carte de visite attirante, jusqu’à sa pochette typique du genre. Quant aux quatre versions démos, elles ne servent pas à grand-chose tant la production est catastrophique, sans valeur ajoutée si ce n’est peut-être pour les collectionneurs ?
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