Après trois disques que l’on pourrait qualifier de parfaits et qui ont propulsé
AGRESSOR au rang de pilier incontournable du
death metal français à renommée internationale, la formation aurait cependant marqué le pas avec ce
Medieval Rites non pas décevant mais qui verrait cependant l’inspiration s’étioler. Beaucoup de conditionnel dans ces phrases car c’est un point de vue que je ne partage pas totalement. Il est vrai que, pour la première fois,
Alex Colin-Tocquaine est crédité comme seul membre permanent, l’indéfectible
Joël Guigou n’étant mentionné que sur deux compositions aux côtés d’autres grands noms tels que
Krell,
Kai Hahto,
Stéphane Buriez,
James Murphy, etc., sans compter les amis / amies de passage qui posent une ligne de chant, quelques notes de flûte ou de violon… Beaucoup de mouvements donc autour du principal compositeur qui, peut-être, a trop voulu plaire à tout le monde en proposant des structures qui vont au-delà du registre spécifiquement
thrash death metal que nous lui connaissions. Cela dit, à la différence de nombre de ses compatriotes,
Alex a su garder sa ligne de conduite et ne cherche pas le salut dans des voies plus
nu ou
power et, à bien y regarder, ce quatrième LP n’est pas si différent de
Symposium of Rebirth.
Ceux qui suivent la discographie des Français savent que la musique n’a jamais stagné depuis
Neverending Destiny et s’il a fallu cinq ans au lieu des deux habituels pour engendrer ces douze (sur Bandcamp, « Bloodshed » manque) ou treize (selon Metal Archives) pistes, l’évolution se poursuit naturellement vers un
death metal plus posé, davantage atmosphérique à l’image de l’incroyable ouverture épique « Medieval Rites », sans doute l’un de mes morceaux favoris, ou encore des nombreux interludes qui découpent l’album (« The Woodguy VS the Black Beast » ; « Tye Melane Melda » ; « Ondolinde » ; « At Night »). Cependant, ce qui surprendra à priori le plus, c’est le nombre de choses qui sont tentées, faisant peut-être de cette production l’une des plus riches de la carrière des Antibois.
Déjà, la variété des tempos construit un pont solide entre le passé et le présent. Si « (I Am the) Spirit of Evil » ou « Burial Desecration » prouvent que les musiciens ont toujours faim de
blasts, sont toujours animés par ce besoin impérieux de se sentir grisés par la vitesse, un « Wandering Soul » démontrera au contraire des qualités de mélodiste trop souvent occultées par un trop-plein de violence. Cette composition contient des solos époustouflants ainsi que des vocaux criards qui apportent une dimension quasiment
black metal, ce qui me paraît fondamentalement nouveau chez
AGRESSOR. L’on pourra évidemment ne pas apprécier ces choix artistiques mais c’est pourtant cet enrichissement vocal et cette ouverture vers d’autres styles (avec notamment une dimension
heavy affirmée) qui font le sel
Medieval Rites.
Néanmoins, parler d’expérimentations serait exagéré. Le gros des troupes trouve ses racines dans un
death racé et brutal (« Sorcerer » ; « God from the Sky » ; « Welcome Home »), sans doute en-deçà de ce à quoi l’auditeur était habitué mais l’intense brièveté de ces pulsions destructrices contribue largement à la qualité globale de cette sortie. Par conséquent, même si
Towards Beyond demeure indépassable,
AGRESSOR conclut les années 90 de la plus belle des manières avec ce disque ambitieux, manquant parfois de tranchant à cause d’une agressivité diluée mais cela reste définitivement meilleur que ce que proposera
Deathreat en 2006.
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