Cinq ans après un
« Titans Of Creation » qui n’avait pas fait l’unanimité mais que personnellement j’avais beaucoup apprécié notamment par son côté assez old-school et accrocheur dans ses rythmiques, les vétérans du thrash US nous revenaient il y a quelques mois de cela avec leur quatorzième album studio. Mazette ! Et oui, trente-huit ans de carrière (quarante-deux si l’on compte l’époque Legacy !), quatorze albums, quelques mouvements de personnel évidemment (mais pas tant que ça au final vu la durée de vie du groupe et globalement un noyau dur assez stable), des albums iconiques, une place honorifique dans le virtuel big 5 du thrash metal et à titre personnel l’un des mes groupes préférés ni plus ni moins. Inutile de vous présenter plus en détail un groupe que vous connaissez tous, le quintette est toujours emmené par l’infatigable Chuck Billy et la paire Eric Peterson / Alex Skolnick, accompagnés de l’excellent Steve Di Giorgio et d’un petit nouveau derrière les fûts (poste décidément le plus volatile chez les ricains) en la personne de Chris Dovas (inconnu au bataillon pour ma part).
Si son prédécesseur était reparti flirter avec des sonorités plus heavy-thrash bien groovy, les deux extraits que nous avait proposés Testament en guise d’amuse-bouche (« Infanticide A.I. » et « Shadow People ») semblaient suggérer une orientation bien plus frontale sur ce « Para Bellum » avec notamment du blast et un chant sacrément vénère ! Et en effet il suffit d’une seule écoute pour que se confirme le penchant bien brutal de cet nouvel opus, surtout comparé à
« Titans Of Creation » (on est effectivement plus proche d’un
« Brotherhood Of The Snake » qui s’ouvrait carrément sur un blast d’entrée de jeu). Pour autant je dois avouer être resté un poil hermétique à l’album lors des premières écoutes, ne me trouvant en tout cas pas aussi emballé que les critiques élogieuses qui pleuvaient ici et là. Certes l’effet maousse costaud était là mais je trouvais que l’ensemble manquait de colonne vertébrale et de vraies bonnes idées de riffing derrière les gros muscles, de celles qui te donnent des papillons dans le ventre dès la première écoute en te faisant dire « putain mais yes qu’est-ce que c’est bon ça ! ». Cette impression a fini par s’étioler au fil des écoutes ultérieures, les compositions se dévoilant de plus en plus derrière leurs gros biscotos notamment des titres comme « For The Love Of Pain », « Infanticide A.I. », « Shadow People », « Witch Hunt, « Room 117 » ou « Para Bellum » qui gardent quand même ce côté old-school accrocheur. Attention je ne dis pas que l’aspect plus extrême des Californiens me dérange (pas du tout même, surtout lorsque c’est contre-balancé avec un bon groove) on peut d’ailleurs aussi signaler quelques passages aux sonorités flirtant presque avec le black et c’est plutôt réussi (« For The Love Of War » à 2’03, « Infanticide A.I. » après sa petite intro et surtout à 2’35, le début de « Witch Hunt »). Et puis que dire de la prestation body-buildée de notre Chuck adoré ? Qui pourrait croire que le gus a été traité pour un cancer de la gorge quand on voit le coffre du bonhomme et les growls et screams qu’il envoie à longueur de titre ? Non franchement, rien à redire Mr Billy tout comme à la paire de six-cordistes qui mine de rien en ont encore sous les doigts et même si Alex ne nous sortira pas sur ces dix un titres un solo qui restera dans les annales, rien à reprocher réellement à sa prestation tout comme celle de Steve Di Giorgio même si sa basse cachée derrière le mur de grattes ne lui permet de briller qu’en de rares moments où ces dernières lèvent le pied. Enfin big up au nouveau marteleur qui réalise une partition sans faute, épousant parfaitement le style Testament avec tout ce qu'il a de vélocité, de groove et maintenant de brutalité.
Bon évidemment si mon avis s’est fait plus enthousiaste avec le temps, je ne peux m’empêcher de garder un certain nombre de griefs contre « Para Bellum », à commencer par « Meant To Be »… énième tentative pour le groupe de nous pondre une « Return To Serenity bis » qui se solde une fois encore par un échec cuisant avec un titre gnan-gnan bardé de paroles cul-cul et clichées au possible, je crois qu’il faut arrêter les ballades les gras, c’est tout. Restent des titres que je trouve plutôt moyens (sans tomber dans le complètement mauvais non plus) comme « High Noon » ou « Nature Of The Beast » sympa mais un peu plombé par un refrain trop mollasson…
Avec plusieurs mois de recul et plusieurs dizaines d’écoutes au compteur « Para Bellum » s’est révélé être un bon album (plus en tout cas que ne le laissaient le suggérer mes premières écoutes) mais toutefois pas suffisant pour entrer dans le top 3 ni même top 5 de Testament pour ma part et je continue à l’heure où j’écris ces lignes de lui préférer
« Titans Of Creation ». Toutefois on frise là l’enculage de diptère tant il serait exagéré de se plaindre d’un album qui finalement nous montre un groupe encore fringant après près de quarante ans de carrière et loin d’être relégué au rang de papys ! Mon petit coeur de die hard fan ne cracherait pas sur une poignée d’albums supplémentaires si la suite maintient ce niveau qualitatif.
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05/01/2026 13:29