Deathraiser - Forged In Hatred
Chronique
Deathraiser Forged In Hatred
S’il n’a jamais officiellement arrêté ses activités ni annoncé s’être mis une pause pour une durée indéterminée on pouvait franchement se demander si le groupe était encore en vie vu que jusqu’à aujourd’hui il n’avait absolument rien foutu depuis 2011 (!), date à laquelle son unique sortie officielle (l’album
« Violent Aggression ») a vu le jour. Depuis ce disque mené à cent à l’heure rien n’est venu troubler le silence du quatuor brésilien qui revient aujourd’hui au complet et sans aucun changement à signaler, aussi bien du côté de son personnel que du style pratiqué… celui-ci n’ayant comme seule ambition que de mettre le cerveau en veille, sur fond de musique jouée à fond la caisse de façon primitive. Si on ne saura sans doute jamais pourquoi le combo aura mis autant de temps avant de refaire parler de lui on ne va pas bouder notre plaisir en écoutant ce « Forged In Hatred », qui reprend les choses où elles en étaient restées il y a quinze ans de cela… époque où se déclenchaient les printemps arabes, la catastrophe de Fukushima ou encore l’affaire Dsk par chez nous. Officiant toujours dans un Thrash de bas étage minimaliste et débridé l’entité va nous permettre le temps d’une petite demi-heure fort sympathique d’envoyer tout valdinguer et de retrouver une énergie positive, même si comme d’habitude dans ce registre si rudimentaire on va vite avoir le sentiment d’écouter en boucle la même chose… et ce malgré tout le savoir-faire de ses membres qui jouent l’ensemble proprement et avec efficacité.
Proposant toujours une musique largement inspirée par les premiers disques de ses compatriotes de SEPULTURA comme des débuts de KREATOR la bande ne va laisser que ruines et désolation autour d’elle au milieu des gravats fumants et des monceaux de cadavres, tant ça défouraille comme il faut avec juste ce qu’il faut de variations pour ne pas perdre le fil en cours de route (même si un peu plus d’alternance rythmique n’aurait pas été de trop). La preuve directement via le dynamique et excellent « Severe Atrocity » mené à fond les ballons et à l’équilibre impeccable vu que ça n’hésite pas à lever le pied quand il faut avant de mieux repartir, et même proposer des passages en médium parfaits pour secouer la nuque avec force. Si évidemment tout cela sonne comme du déjà entendu le rendu est propre et efficace, et cela sera une constante notamment avec le simple « Primitive Medicine » où la rapidité est permanente à ses deux extrémités et où se greffe en son centre une courte partie centrale au mid-tempo ravageur (un schéma repris par le plus vindicatif et rudimentaire « Toxic Legacy » au grand écart plus marqué), ainsi que sur l’impeccable et épique « Everything Dies » qui donne clairement ici l’envie de prendre les armes. Misant donc sur une facette plus entraînante et propice au headbanging les mecs nous offrent une plage imparable qui sert de parfait tremplin avant l’arrivée du tout aussi réjouissant « Corporation Parasite » vindicatif à souhait et qui n’offre aucun répit ni moment de respiration, même si on trouve de quoi taper du pied de par un côté véritablement addictif. Ceci clôturant donc une première moitié de disque sans fausses notes et rondement menée bien qu’on ait du mal à véritablement faire émerger un passage plus qu’un autre, tant les riffs et patterns se font interchangeables en permanence.
Néanmoins cela passe comme une lettre à la poste sans qu’on ait le réflexe de regarder sa montre, et ça n’est pas avec « Empire Of Ignorance » que les choses vont s’inverser même si ici les gars nous étonnent (de façon relative) en misant sur un rendu plus sombre et étouffant en ralentissant plus fermement et jouant aussi sur les montagnes russes afin d’offrir un rendu redoutable et équilibré au groove implacable. Cependant si jusqu’à présent on n’avait pas eu grand-chose à reprocher à l’ensemble il faut bien avouer que l’instrumental « Symphony Of Violence » va casser cette bonne dynamique, à cause d’un sentiment évident de remplissage et d’un rendu rythmique pas à la hauteur du reste, tant ça se montre balourd et peu inspiré. Heureusement ce ressenti mitigé va disparaître jusqu’à la fin de ce long-format notamment via la doublette « Toxic Legacy » / « One Step To The Grave » qui met en avant une vision crue, frontale et sans concessions qui mise sur une facette plus virulente encore et portée sur l’offensive vu que ça ne débande jamais (et sent à des kilomètres l’influence de « Endless Pain » et « Pleasure To Kill »).
Se terminant sur l’homogène et équilibré « Dead Generation » cette galette a tout ce qu’il faut pour faire passer un moment agréable qui sera vite écouté comme digéré, car force est de reconnaître que pour espérer mieux à l’avenir il faudra à ses géniteurs oser un peu plus que de recycler en permanence les mêmes plans éculés… même si ça atteint son but à chaque fois (montrant ainsi quelques progrès par rapport au précédent long-format). Typiquement donc le genre de sorties de deuxième division que l’on trouve en masse sur son label espagnol, rien de totalement mauvais mais trop quelconque et manquant de personnalité pour qu’on ait vraiment envie d’y revenir régulièrement… et ce malgré un professionnalisme constant, une production chaude totalement raccord et une vitalité qui ne faiblit jamais du début à la fin. Tout cela sauve donc largement les apparences, et fera faire un voyage agréable dans un passé de plus en plus lointain, qui continue d’inspirer du monde et qui engendrera ici une fosse agitée à outrance et quelques pogos bien sentis en ouvrant les hostilités en concert de façon convaincante (avant de laisser place respectueusement aux grands noms), même si on aura largement oublié ce qu’on vient d’entendre une fois qu’ils auront terminé leur prestation scénique.
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