Bien qu’ayant trouvé une réelle stabilité du côté de sa section rythmique depuis sa reformation en 2001 cela n’est en revanche pas le cas pour le poste de chanteur, miné par les allers-retours incessants entre Steve Souza et Rob Dukes qui n’ont cessé de succéder pour le meilleur comme pour le pire. Ejecté semble t’il définitivement du groupe le premier a visiblement encore foutu la pagaille en interne, et il était ainsi tout naturel pour ses comparses de rappeler aux affaires le second qui malgré un style vocal totalement différent de son prédécesseur offrait une garantie humaine et professionnelle incomparable. C’est donc auréolé de ce nouvel album avec son "nouveau" frontman (le premier depuis 2010 et le mitigé « Exhibit B : The Human Condition ») qu’EXODUS nous revient aujourd’hui presque cinq ans après le sympathique
« Persona Non Grata », et faisant désormais partie de l’équipe des Autrichiens de Napalm Records. Désormais habitué à nous pondre des disques à rallonge inutilement longs le quintet a été cette fois plus concis dans son approche, vu que ce « Goliath » (à la pochette absolument dégueulasse signée d’un Pär Olofsson que l’on a connu franchement plus inspiré) ne dure que cinquante-quatre minutes, une première depuis deux décennies et le très bon « Shoved Headed Kill Machine ».
Malheureusement comme il nous l’a trop souvent habitué lors de ses dernières sorties on va ici clairement s’ennuyer la majeure partie du temps, vu que ça va proposer un recyclage éhonté de plans éculés déjà entendus à de nombreuses reprises par le passé et composés de façon bien plus intéressante. En effet entre les duels de solos basiques au possible, des longueurs évitables et certains titres insupportables de par leurs excès musicaux comme d’un manque de couilles criant, on ne va avoir que peu d’occasions de véritablement s’enflammer. Et dès le départ on se doutait d’ailleurs qu’on allait se faire chier car « 3111 » et « Hostis Humanis Generis » vont donner l’impression d’être totalement en pilotage automatique, entre ses riffs qu’on pourrait facilement recaler sur d’anciennes compositions et les patterns repris en boucle par Tom Hunting (qui se foule franchement de moins en moins) on va clairement trouver le temps long, d’autant plus que c’est monotone, sans idées et que ça s’essouffle trop rapidement pour qu’on en retienne quoi que ce soit. Et quand ça ne sont pas ces défauts inhérents qui viennent plomber l’ensemble c’est carrément l’ajout d’éléments extérieurs qui finissent de le précipiter dans le vide (comme le désarroi de l’auditeur,) vu que sur « The Changing Me » outre toujours ce ressenti répétitif on doit se coltiner la voix assez méconnaissable de Peter Tägtgren qui n’arrive pas à rehausser le niveau… et que dire de l’infâme « Goliath » où absolument rien n’est là pour le sauver du naufrage. Car outre une rythmique qui reste bridée en permanence - et parfaite pour piquer du nez malgré la noirceur générale - il faut aussi se farcir le violon totalement hors-sujet de l’invitée Katie Jacoby (on se demande d’ailleurs ce qu’elle fout là !), offrant ici un quelque chose de nullissime où absolument rien n’est à sauver.
Et sans être aussi foireux le légèrement Heavy « Violence Works » va avoir du mal à véritablement captiver l’attention malgré un intérêt réhaussé, car l’on sent que les gars ont ici du mal à exprimer totalement la mesure en étant trop dans la retenue créant ainsi une monotonie trop rapide… à l’instar de l’interminable « Summon Of The God Unknown », où là encore le tempo n’arrive pas à s’emballer en privilégiant l’étouffement et la profondeur qui hélas tournent en boucle à n’en plus finir. Heureusement entre ses deux extrémités on trouvera quand même quelques moments réussis et sympathiques comme les directs et sans concessions « Promise You This » et « Beyond The Event Horizon », qui arrivent enfin à nous faire secouer la tête et sortir de notre léthargie en jouant sur une rapidité prépondérante. Même constat pour « 2 Minutes Hate » au mid-tempo prononcé et qui fait bien mal aux cervicales sans se compliquer la vie… comme le propose enfin « The Dirtiest Of The Dozen », où l’allure lancée à fond la caisse ne faiblit pas en proposant nombre de variations rythmiques bienvenues mais sans jamais lever le pied, offrant donc ce qu’on attendait depuis longtemps et qui a fini par arriver… cependant beaucoup trop tard.
Si on avait donc repris un peu espoir après un précédent long-format bien plus inspiré que les récents enregistrements malheureusement ici il faut bien reconnaître que l’embellie a été de courte durée, les Californiens retombant ici dans leurs vieux travers et malgré quelques bonnes choses qui prouvent qu’ils ne sont pas morts ça reste cependant trop rare et exécuté sans passion ni folie au milieu d’un océan d’ennui. Totalement à côté de la plaque pendant les deux-tiers de l’écoute la bande livre un treizième opus qui ne servira qu’à compléter une discographie pléthorique, où il est acquis qu’il se trouvera en queue de peloton et confirmant que ses auteurs n’ont vraiment plus grand-chose à dire. Si certains répètent la même formule en réussissant toujours à la force sonner correctement ça n’est donc pas le cas ici, bien au contraire vu qu’on a franchement le sentiment que le poids des ans, des tournées et des soucis internes ont fini par avoir un impact persistant sur l’entité qui n’arrive plus à être efficace dans une formule où elle a fait ses preuves… comme dans une vision plus moderne et expérimentale où elle se vautre lamentablement, et où elle ne devrait pas insister. Loin donc d’être un géant ce cru 2026 est un pétard mouillé dont on entend de façon trop éphémère les qualités et les points attractifs… on retournera donc sans regrets vers les incontournables
« Bonded By Blood » et
« Pleasures Of The Flesh », époque où les Américains étaient une machine de guerre… il y’a quatre décennies désormais. Autant dire que c’est une éternité dans une carrière, et aujourd’hui cela se ressent sur leurs épaules et il faudrait peut-être désormais qu’ils pensent pour leur bien (comme celui de leurs fans) à raccrocher les gants, personne ne leur reprocherait… bien au contraire, surtout avec de tels états de service et de classiques incontournables dans la besace.
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