Peu emballé par les productions estampillées NWOATM (soit la relève un peu trop survendue des Clint Eastwood du big four MEGADETH et METALLICA, au fond de jeu aussi nuancé que celui de Charlie Sheen), j'ai abordé ce deuxième full length des jeunots HAVOK avec une réticence certaine, persuadé de devoir noircir quelques lignes et le tableau qui va avec en ressassant les mêmes reproches que d'ordinaire : manque d'originalité, chanteur sans âme et absence de plus value artistique ? C'est sans doute trop demander à cette nouvelle génération de shredders plus taillée pour briller sur les planches que sur disque. Pourtant, HAVOK déjoue les pronostics et titille même les grosses pointures thrash sur ce « Time Is Up » de très bonne facture.
Le niveau technique supérieur à la moyenne du genre laissait espérer un sursaut qualitatif de la part des américains, confirmation apportée ici sur un skeud ne souffrant aucune faille évidente sinon le caractère un peu trop propret de la production. Les qualités affichées au compteur
« Burn » sont toujours les mêmes, à savoir des rythmiques tout ce qu'il y a de plus carrées, une énergie débordante et une aisance de jeu qui saute d'emblée aux oreilles. La différence, c'est que HAVOK met la pédale douce niveau références et que le côté patchwork/dictionnaire des citations thrash du précédent effort a quasiment disparu. Bien sûr, quelques gimmicks évidents font encore sourire –
le démarrage façon ANNIHILATOR sur « D.O.A. » ne trompe pas, en quasi remake de « Torn » - et l'ombre de MEGADETH plane souvent sur les compositions, à tel point que l'on se surprend à guetter (en vain) Marty Friedman sur le relaunch un peu foiré de « Ashes In Your Mouth » (« The Cleric »). Mais une louable variété de séquences, plus ou moins rapides, et l'efficacité maximale de bon nombre de riffs propulsent le combo du Colorado au rang d'outsider à fort potentiel, d'autant que la paire Chavez/Sanchez a le bon goût d'appuyer sur un champignon quasiment aussi vénéneux que celui jadis piétiné par les frères Björler (avant de subir la cueillette pop d'un Peter Dolving signant l'arrêt de mort de THE HAUNTED). Les relents fort goûtus de « One Kill Wonder » sur « No Amnesty » et « Out Of My Way » viennent relever une sauce brutale un peu légère sur
« Burn », « Time Is Up » s'avérant bien plus équilibré à ce niveau. Même constat en ce qui concerne le chant, tour à tour heavy (« Killing Tendencies ») ou gueulard, les screams à l'ancienne et les backing vocals viriles étant bien sûr de sortie (les fans du Tom Araya juvénile des trois premiers SLAYER apprécieront l'hommage sur « D.O.A. »). Les solis ? D'une grande fluidité et curieusement pas trop envahissants, malgré la facilité de guitaristes ayant le bon goût de privilégier l'efficacité à la branlette de manche. En résulte un bon petit skeud de thrash accrocheur et percutant, à la durée idéale de 40 et quelques minutes, la première partie de la galette méritant particulièrement qu'on s'y attarde, au contraire d'un title track assez faible au regard du reste. Quoiqu'il en soit, voilà des rookies explosifs et volontaires, qui méritent mieux que la pancarte
Kick Me que je leur ai collé sur le dos !
8 COMMENTAIRE(S)
19/01/2018 23:32
05/10/2016 11:08
07/08/2016 15:30
08/02/2016 23:39
09/07/2011 22:45
28/03/2011 13:05
28/03/2011 10:17
Ah mais j'aime beaucoup Charlie Sheen m'enfin, reconnais que ça n'est pas l'acteur du siècle! Emilio Estevez par contre ...
28/03/2011 10:09
Sinon album ni bon, ni mauvais, vite écouté , vite oublié, la sortie qui ne sert à rien.