Elle est loin l’époque où l’on s’extasiait systématiquement sur n’importe quelle formation en provenance de Suède, souvent au détriment de nos propres talents hexagonaux, et
SAVAGE MANIA n’y changera rien. Le quatuor fournit pourtant des efforts importants pour faire entendre au plus grand nombre son interprétation d’un
thrash metal totalement rétrograde, la signature sur un label allemand afin de promouvoir ce premier LP étant somme toute assez logique compte tenu des influences teutonnes qui forgent la quasi-totalité de ces neuf compositions. Les vieux
KREATOR ou
TANKARD en tête de gondole au moment de citer les références, ce dernier pour certains aspects plus festifs (« Remorse »), nous sommes avec
Demonic Assault face à un énième album qui fonce à vive allure, empile les clichés tant visuels, musicaux que langagiers (« Master of Hell » ; « Storm of Steel ») sans grande recherche : une introduction qui s’appelle « Intro », le morceau le plus court (mais étrangement pas le plus rapide) nommé « Fasttrack », je n’entends rien ici qui m’incitera à instaurer cette parution non pas comme un classique mais au moins en tant que récurrence dans ma sélection de disques de chevet. Cela étant dit, je n’ai rien de particulier contre les Suédois : ils jouent leur truc à fond, tu entends vite que c’est pratiqué avec sérieux et que les mecs se lancent avec toute l’énergie dont ils sont capables dans la course à qui sonnera le plus 80’s possible.
Une fois que le décor est planté, il n’y a malheureusement guère plus à dire. En effet,
Demonic Assault ne se démarque ni par sa radicalité, ni par son exubérance. Les tempos sont rapides, certes, les guitares en aller-retour jalonnent chaque instant, le chanteur est plutôt efficace dans ce registre mi-chanté, mi-agressif mais je rappelle à toute fin utile qu’en matière de
thrash, rien que l’année dernière, nous avons pu savourer
MORTAL SCEPTER,
HEXECUTOR, pas vraiment le même genre bien sûr mais tout de même, comment se contenter d’un épigone de
DESTRUCTION après avoir pris de telles branlées ? Moi, je n’y arrive tout simplement pas.
Encore une parution passable pour laquelle on peine autant à trouver les défauts que les qualités, vouée à finir dans les bas-fonds des divisions inférieures. Il reste que les plus acharnés trouveront peut-être dans ces vingt-sept minutes de quoi occuper un court trajet en voiture, une rixe à Tekken ou la descente d’une canette tiède, c’est bien légitime.
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