Extinct - In Conspiracies We Trust
Chronique
Extinct In Conspiracies We Trust
Après avoir mis onze longues années pour publier le sympathique
« Incitement Of Violence » qui a permis à ses auteurs de sortir un peu de l’anonymat, il leur en aura fallu seulement deux cette fois-ci pour sortir ce nouvel album afin de continuer sur cette bonne dynamique et espérer enfin gagner en notoriété après un début de carrière assez compliqué. Si le précédent chapitre était encore trop juste pour espérer s’imposer dans son style il avait cependant montré de bonnes choses, et l’on était donc curieux de voir si ce troisième opus allait enfin être celui qui allait faire décoller le quatuor (où un nouveau guitariste est également arrivé). Cependant ce nouveau venu ne va rien changer véritablement au statut de sa formation, vu que le rendu global va être assez semblable à ce qu’elle a proposé par le passé… tant on y retrouve les mêmes qualités et défauts, sans pour autant que cela soit totalement hors-sujet ni rater véritablement sa cible.
Trop juste donc pour pouvoir prétendre grimper à l’échelon supérieur mais sans pour autant démériter dans la seconde division où il vivote depuis sa création, le combo offre donc ici presque trois-quarts d’heure de Thrash moderne burné et varié où l’on perçoit quelques influences extérieures émergeant de la relative homogénéité ambiante, comme du rendu désagréable de la batterie qui sonne beaucoup plastique et synthétique. Si cela va finir par nous taper un peu sur les nerfs pour le reste les gars font le boulot avec sérieux et application, même si une fois terminée l’écoute on n’aura quasiment rien retenu vu que c’est beaucoup trop quelconque pour en espérer plus. Néanmoins sur le moment on va apprécier tranquillement les neufs titres qui vont défiler sans chichis que l’on soit en mode attentif ou en dilettante, vu que ça vide la tête efficacement et avec un certain plaisir tant l’authenticité déborde de chaque note en permanence.
Preuve en est l’ouverture intitulée « The Conservative Reactionary Wokeness Strikes Back » bien énervée à ses extrémités et plus lourde en son centre d’où émerge quelques plans syncopés et d’influence Hardcore, offrant un rendu efficace et agréable à l’instar de « Wladon In Wonderland » qui déboule juste après en dévoilant une vision équilibrée où l’ensemble des tempos sont de sortie et sur un même pied d’égalité. Sans nous faire sauter au plafond on se laisse tranquillement happer par la musique des Allemands qui continuent à dérouler leurs gammes sans chichis, avec d’abord « March Of The Extinct Squad » particulièrement remuant par l’apport de passages en médium redoutables (et ce malgré quelques longueurs évitables). Ceux-ci vont même prendre plus d’ampleur encore sur le dynamique et entraînant « Bullshit Priorities », où là encore les guitares ressortent un son venu de la rue d’outre-Atlantique, où la crasse et la sueur se sentent à tous les étages. Si la vitesse est assez majoritaire les mecs vont aussi montrer qu’ils savent lever le pied sur une durée plus conséquente, comme le prouve le très bon « Egoplasma » où l’explosivité est mise sur le côté au profit d’un rendu rampant à l’obscurité plus présente, n’oubliant pas cependant de faire secouer la tête en poussant un peu la machine de façon plus massive.
Cependant on reste quand même sur une base rythmique élevée, et les débridés « In Conspiracies We Trust » / « Enlightenment » vont être là pour nous le rappeler, vu qu’ici ça va jouer frontalement et de façon directe (même si les doux arpèges d’ouverture du second morceau vont donner un soupçon de respiration bienvenue) tout en variant de façon discrète pour ne pas lasser et être redondant. D’ailleurs « Sit Vis Pacem » va avoir aussi ce point positif en misant sur une facette plus marquée par SLAYER tout en osant jouer les montagnes russes par l’apport d’un versant grand écart omniprésent, avant que la conclusion « Seizure Of Power » ne vienne terminer tout cela par un équilibre des forces impeccable, où douceur et ambiances tribales se mélangent à un gros défouloir primitif. Tout cela va donc clôturer un disque efficace et proprement composé à défaut d’être mémorable, tant ça tourne parfois en pilotage automatique et donne souvent l’impression de recycler les mêmes idées en continu… sans pour autant que cela soit rédhibitoire.
Car malgré ses petits défauts tout cela passera tranquillement le cap des écoutes, même s’il est évident qu’on n’y reviendra pas fréquemment à cause d’un manque clair d’hymnes mémorables et d’un côté générique omniprésent… faisant que ça s’essouffle sur certains passages avant de mieux repartir par la suite. Typiquement donc le genre de galette sans prétentions qu’on écoutera facilement en fond sonore sans qu’on trouve le temps long ni l’envie de zapper immédiatement, même si plus de sobriété dans la production aurait été bénéfique vu que ce rendu un peu moderne a tendance à gâcher le plaisir à la longue. Tout cela fait qu’à l’heure actuelle on ne voit donc pas comment l’entité pourra prétendre à grimper plus haut dans la hiérarchie malgré toute sa bonne volonté… même si elle n’a pas à rougir du résultat final vu que beaucoup s’en contenteraient volontiers, mais bon c’est malgré tout trop juste pour prétendre à mieux même si ça reste largement plus positif que négatif… un moindre mal.
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