Nous avions laissé nos imbéciles préférés sur un
Violent Pacification qui montrait déjà un léger repositionnement de la formation sur des tempos moins
speed et davantage orientés
hardcore metal, le visage proposé étant quoi qu’il en soit parfaitement prometteur. Avec
Dealing With It!, premier LP signé chez
Death Records, label américain pas si confidentiel que cela (le
roster aligne
ANGKOR WAT,
ATHEIST,
CORROSION OF CONFORMITY ainsi que plein d’autres grands noms de la période fin 80 – début 90), le quatuor nous propose un entre-deux : à la fois fermement ancré dans son passé
punk (vingt-cinq titres balancé en trente-trois petites minutes), il enchaîne les hits et les riffs qui s’inscrivent durablement dans la mémoire comme des perles, nous entendons néanmoins que les compositions commencent à s’épaissir, se dirigeant doucement vers quelque chose de plus
thrash, typiquement dans l’esprit d’un
SUICIDAL TENDENCIES mais avec un chanteur cela dit moins pénible sur la longueur (je n’ai jamais été vraiment amateur des vocalises de
Mike Muir) et (presque) aucun solo pour alourdir une musique réduite à sa plus simple expression. Dit autrement, le style affiché sur
Crossover n’est plus loin mais il reste encore un héritage juvénile à évacuer. D’ailleurs, signe que
D.R.I. commence à intéresser le marché musical, le disque sera par la suite relayé par
Metal Blade Records puis
Roadrunner Records, ça ne trompe pas.
Côté
line up, la section rythmique a été entièrement revue puisque
Mike « Offender » Donaldson remplace
Josh Pappé à la basse (les deux sont malheureusement décédés depuis) et
Felix Griffin prend le poste du frère de
Kurt Brecht à la batterie. Cependant, je ne pense pas que ces mouvements aient pu exercer une quelconque influence sur la vision de la paire
Kurt /
Spike tant les deux types imposent leurs idées de façon nette et tranchée. Ainsi, l’auditeur curieux de se replonger au cœur des années 80 trouvera dans cette sortie une parfaite expression de l’atmosphère d’alors : des formats
hardcore comme on les aime, avec un début un peu lent suivi d’une grosse accélération (« How to Act » s’il ne fallait en citer qu’un), des accords qui m’évoquent de façon quasi visionnaire la vague plus tardive des
PIXIES puis du mouvement
grunge (« Give My Taxes Back »), la touche anglaise (« I Don’t Need Society ») et des tempos exactement conçus pour chausser une paire de Dr. Martens à déposer dans la gueule d’un tiers innocent, une basse franchement
cold wave bien mise en avant.
Il sera par conséquent compliqué de reprocher quoi que ce soit à ce
Dealing With It!, compte tenu de l’année de sa sortie et de l’esprit d’initiative dont il fait preuve. Et si je l’apprécie un peu moins que la suite, c’est sans doute davantage lié à des raisons émotionnelles qu’objectives, même si les amateurs de vrai
punk hardcore y trouveront leur compte là où la suite tendra plutôt à ravir les férus de
crossover. La nuance est infime mais elle suffit à marquer une rupture.
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