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Bewitched - Diabolical Death Mass

Chronique

Bewitched Diabolical Death Mass
Alors que son premier album (le très réussi « Diabolical Desecration ») va fêter cet été ses trente ans, l’occasion était donc belle pour BEWITCHED de revenir enfin aux affaires après un long silence de vingt années et la sortie du pataud « Spiritual Warfare »… dernier fait d’armes à ce jour pour la formation de Marcus E. Norman avant qu’elle n’entre dans une longue nuit d’où elle n’a failli jamais ressortir. Car si elle n’a jamais officiellement arrêté ses activités celle-ci avait néanmoins totalement disparu des radars, son leader préférant se consacrer à ses activités en solo dans d’ANCIENT WISDOM et avec son acolyte bassiste Kristoffer Olivius au sein de NAGLFAR, pour des résultats plutôt mitigés dans les deux cas. Du coup en cette période de double anniversaire il était donc de bon ton de retrouver les fondamentaux, ce qui est le cas de ce sixième opus qui devait clairement relever le niveau après plusieurs disques franchement moyens et ennuyeux malgré leur courte durée commune. Afin donc de se donner les moyens de ses ambitions le quatuor (après un bref passage pour le précédent long-format chez ses compatriotes de Regain Records) est de retour chez nos Nordistes d’Osmose Productions, chez qui il a toujours été signé et qui n’a pas eu peur de le voir revenir dans son catalogue.

Pas assez Black pour certains et manque de virilité Thrash pour d’autres le groupe a toujours eu le cul entre deux chaises, ce qui l’a souvent desservi vu qu’il n’arrivait jamais à réellement s’imposer d’un côté ou de l’autre… et on espère donc qu’il a enfin trouvé la bonne formule qu’on avait pu apercevoir au début de sa carrière, et qui s’est depuis largement tarie. Pourtant force est de reconnaître que ce nouveau cru va remettre les pendules à l’heure même si on est loin de crier au génie, vu que l’ensemble des morceaux rondement menés (ça ne va jamais au-delà des quatre minutes chrono) vont avoir rapidement la fâcheuse tendance à se ressembler pour en devenir hyper prévisibles, néanmoins avec l’énergie qu’ils contiennent et l’envie d’en découdre on va quand même se laisser happer facilement dans ce déluge de haine rudimentaire et cradingue.

Car dès la fin de la courte introduction « Diabolical Death Mass » va donner le ton du reste à venir en proposant une musique très couillue et particulièrement thrashy, portée par du riff agressif et une rythmique largement débridée à l’écriture primitive et sans prise de tête. Ajoutant à cela des plans en mid-tempo totalement à l’esprit résolument Heavy (les riffs s’en inspirent d’ailleurs grandement) l’entité balance donc la purée sans concessions, et avec juste ce qu’il faut de variations pour ne pas lasser… un léger mélange des deux styles qui va se retrouver sur « Crossing The Styx » et « Black Spells & Unclean Spirits », tout aussi inspirés et expéditifs où le côté défouloir côtoie le headbanging le plus contagieux, pour un rendu addictif et particulièrement plaisant. Si au milieu de tout ça on pourra aussi compter sur l’ultra court « Into The Fire » où le Metal noir est plus marqué sur fond d’explosivité permanente, c’est bel et bien ce relatif équilibre qui est à l’honneur sur cette première moitié d’enregistrement qui se finit avec l’excellent « (Fear The) Revenge Of The Ripper », à l’équilibre relatif et au résultat franchement impeccable où l’envie de tout envoyer valdinguer ressort encore plus fortement. Et si ce ressenti va être encore plus mis en avant durant la seconde moitié à venir en revanche l’attractivité va elle baisser d’un cran, du fait d’une redondance quasiment immédiate qui va se retrouver sur chacune des plages restantes à venir qui vont être pratiquement un copier-coller franchement énervant.

Le terme est effectivement bien employé car on se rend compte que les gars n’ont vraiment pas envie de se fouler, reprenant en boucle la même recette qui bien que faisant son office va clairement faire baisser l’intérêt, malgré que le tout soit exécuté sans fausses notes avec l’envie de faire mal aux cervicales et en concert. Mais pour y arriver encore faudrait-il un petit peu varier les plaisirs vu qu’ici ça va stagner presque en continu sur un versant boosté aux amphétamines et sans jamais ou presque ralentir la cadence, à l’instar de la triplette « By Satan Enslaved » / « Vicious And Wild » / « The Witch Spell » aux rares cassures rythmiques, et portée par du riffing semblable de bout en bout à l’instar des patterns prévisibles au possible, vu qu’on les entend constamment depuis la première seconde de ce come-back inattendu. Dommage car c’est efficace et accrocheur avec en prime un vrai groove pour secouer la tête, mais ce recyclage éhonté finit par être vraiment agaçant malgré ses qualités intrinsèques… même si en revanche on n’aura pas grand-chose à reprocher à la doublette de clôture, qui même si elle donne la sensation de reprendre divers éléments antérieurs montre un soupçon de nouveauté. En effet « Those Of The Devil Born » va miser sur un minimalisme plus affirmé et surtout un côté Punk assez flagrant qui passe comme une lettre à la poste, donnant donc une dernière envie d’en découdre tout en se différenciant légèrement de ce qui l’a précédé… tout ça avant que « Enforcer Of Evil » ne vienne clôturer tout ça, toujours en mode express lancé à toute vapeur mais avec quelques relents Hardcore sympathiques et efficaces, terminant donc encore et toujours sur ce mode explosif qui ne s’est presque jamais calmé.

Alors certes tout cela sera évidemment trop quelconque et interchangeable pour marquer l’année de son empreinte mais néanmoins il y a quand même de quoi se faire plaisir tranquillement, en se mettant le cerveau en veille pour mieux apprécier ce rendu homogène qui plaira facilement aux fans peu exigeants et ne souhaitant pas entendre une musique hyper technique. Monolithique mais pas inintéressant c’est typiquement de la deuxième division efficace qui se place plutôt dans la partie haute de la discographie d’un groupe qui retrouve donc des couleurs, à défaut de changer son statut d’éternel espoir qui n’a jamais su confirmer les promesses entrevues à sa création… et qui le restera sans doute jusqu’à la fin, vu qu’on ne voit pas comment les choses pourraient changer après une existence aussi longue, mais bon pour passer le temps en dilettante on s’en contentera bien volontiers.

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2 COMMENTAIRE(S)

Cujo citer
Cujo
23/06/2026 10:50
note: 7.5/10
Je l'apprécie plutôt bien ce nouveau BEWITCHED. C'est bien régressif et furieusement entraînant, cet album est bien meilleur que spiritual Warfare qui date tout de même d'une vingtaine d'années. Pas original pour un sous mais jubilatoire.
Sosthène citer
Sosthène
22/06/2026 19:25
Effectivement le groupe n'a jamais proposé mieux que "Diabolical Desecration", la musique reste outrageusement cool et rock'n'roll cela dit.

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Bewitched
Black/Thrash/Heavy Metal
2026 - Osmose Productions
notes
Chroniqueur : 7/10
Lecteurs : (1)  7.5/10
Webzines :   -

plus d'infos sur
Bewitched
Bewitched
Black/Thrash/Heavy Metal - 1995 - Suède
  

tracklist
01.   Sanguinis Altare
02.   Diabolical Death Mass
03.   Into The Fire
04.   Crossing The Styx
05.   Black Spells & Unclean Spirits
06.   (Fear The) Revenge Of The Ripper
07.   By Satan Enslaved
08.   Vicious And Wild
09.   The Witch Spell
10.   Those Of The Devil Born
11.   Enforcer Of Evil

Durée : 34 minutes

line up
parution
24 Avril 2026

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1999 - Osmose Productions
  

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