Après avoir débuté sa récente carrière (2022) sous le nom d’
ATOMIC FAULT, ce trio serbe revient aujourd’hui sous la bannière
SUNOVRAT. Cela ne changera probablement rien à son destin,
Kuluk (« Stach Stach » suis-je tenté d’ajouter même si le pays n’est pas le bon) reste avant tout un premier album faisant suite à l’EP
Lobotomized (2023) paru sous le nom précédent. Honnêtement, je m’en fiche pas mal de ces modifications, seule la qualité de ces huit compositions compte. Et là, énorme surprise ! Qu’est-ce qu’ils nous mettent dans la gueule les mecs ! En à peine trente-deux minutes la formation parvient sans donner l’impression de forcer à emporter ma totale adhésion tant son
thrash death metal se montre féroce, d’une efficacité à toute épreuve et d’une précision quasi chirurgicale.
Pourtant, le
riffing très
CANNIBAL CORPSE qui marque le titre d’ouverture « Prejudicial Genocide » me laissait à penser que j’allais encore devoir bouffer un triste clone dénué d’inspiration, un vil recycleur paresseux, que nenni ! Une fois que la machine à claques se lance, on ne se bouffe que des pures rafales de plans
thrash bien vénères tels que
SEPULTURA et
KREATOR savaient les concocter au début des années 90, avec en prime une dimension moderne, davantage technique, qui rapprocherait les Serbes du valeureux
CRYPTOSIS (« Kletva ») ainsi que des Allemands de
SYNAPTIC également… Beaucoup de noms certes, cependant nécessaires si je souhaite affirmer haut et fort que ce que proposent ces jeunes gars est franchement excellent, sans réserve.
C’est vrai, « Besmislena Smrt » rappellera aisément les riffs d’« Arise », et alors ? Lorsque c’est aussi bien joué que ce
Kuluk, l’auditeur sera prêt à pardonner beaucoup choses, surtout moi qui, écoute après écoute, tombe définitivement sous le charme de ce LP tant tout y est soigné, jusqu’aux solos impeccables ou encore la présence de ces petits arpèges froids chers à nos Suisses favoris (oui,
CORONER). Je ne parle pas des lignes de chant excitées qui ne font que confirmer le talent de cette nouvelle entité dont le statut d’indépendant devrait rapidement être de l’histoire ancienne : son niveau mérite urgemment une signature.
Franchement, je cherche les trucs à jeter. Les tempos sont majoritairement
speed, hargneux mais sans jamais rogner sur la technicité du
riffing (« Hand of Fear »). À l’occasion quelques rythmiques plus lourdes viennent épaissir le propos (« Aswang ») mais, quel que soit le registre, voilà un disque qui sait convaincre dès la première audition grâce à ses nombreuses qualités : enregistrement impeccable, clair et puissant, finesse du jeu, une certaine intelligence également qui ne fait pas de
SUNOVRAT un énième groupe polluant les réseaux, autant conclure en informant que le LP va finir dans ma liste des découvertes de l’année.
Il ne reste qu’à espérer que la suite soit au moins aussi glorieuse, même si je n’ai aucun doute quant à la capacité du trio : pondre un premier album de cette teneur, c’est donné à peu de monde.
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02/04/2026 21:33