Shadowspawn - Cadaver Dogs
Chronique
Shadowspawn Cadaver Dogs
S’il y a de nombreuses formations qui arrêtent leurs activités après un seul et unique album de haut niveau (laissant donc au passage énormément de regrets), d’autres au contraire continuent de persévérer malgré des sorties ratées qui n’intéressent absolument personne, finissant ainsi par saturer une scène qui n’en a franchement pas besoin. C’est exactement cela que nous propose le combo de Copenhague qui malgré trois premiers opus allant du moyen au médiocre revient aujourd’hui avec un successeur dont on se serait volontiers passé, vu qu’on se doute qu’il y a de fortes chances que le rendu soit le même que pour ses prédécesseurs et ce malgré des changements en interne. Car évoluant désormais en quatuor après le départ du guitariste Oliver Ragnar Larsen et ayant aussi fait un retour au bercail via sa (re)signature chez les Polonais de Via Nocturna qui avaient déjà publié « Hope Lies Dormant » en 2017 (et dont le catalogue général n’a clairement rien de reluisant étant rempli de groupes de deuxième voire troisième division), on pouvait se dire qu’il y aurait un éclair visionnaire qui montrerait enfin quelque chose d’intéressant à écouter… cela sera hélas le contraire, vu que les gars continuent à proposer les mêmes plans éculés patauds, prévisibles et ennuyeux.
Et même s’ils lâchent ici un peu plus les chevaux qu’auparavant cela reste trop limité pour captiver au-delà d’une faible fan base d’acharnés et peu exigeants, d’autant plus avec cette production compressée froide et sans âme qui ne rend pas grâce aux compositions déjà relativement limitées. Car dès le départ on va avoir de quoi tirer la gueule vu qu’entre « Spiral Of Torment » et « The Apostate » tout est fait pour que l’on s’ennuie fermement, entre riffs patauds et inspiration limitée où l’ensemble montre rapidement ses limites tant c’est d’une prévisibilité à outrance. D’ailleurs on pourra dire la même chose du chiantissime « Dark Waters », qui malgré sa durée très courte et ses variations est bien trop plat pour captiver… à l’instar de « Eir To The Profane » où la vitesse est mise trop sur le côté au profit d’une rythmique lente d’une monotonie légendaire, et qui malgré quelques courtes accélérations n’arrive pas à redresser la barre. Pourtant au milieu de ce marasme ambient on va quand même trouver quelques petites choses sympathiques à noter, notamment les accents mélodiques et lumineux de « Devil’s Breath Retribution » qui amènent de la profondeur à un titre qui en avait bien besoin (et qui sans ça serait resté trop générique pour captiver), ou encore le côté remuant et entraînant de « Cadaver Dogs » amenant avec lui un léger dynamisme agréable ajouté à un solo fort réussi et lumineux, même si au final ça reste trop court pour espérer mieux.
D’ailleurs on pourra résumer de façon identique le dernier tiers de cette galette qui alterne le bien sans plus et le raté, car du côté des relatives bonnes choses on pourra citer « Requiem Of The Dispossessed » et « Hollow Gods » aux grands écarts réussis et où enfin on se surprend à un peu taper du pied car ça se montre assez cohérent de bout en bout. A contrario on passera outre « He Who Slept In Fire » aux légers accents syncopés mais surtout à côté de la plaque et à l’ensemble vite indigeste où l’on s’emmerde ferme… même si au final cette galette se finit de façon plus agréable avec le pêchu et énergique « Demonized And Blasphemous » qui sans sauter au plafond offre quelques moments de plaisir… mais qui sont hélas beaucoup trop rares, tant on a souvent la sensation que ça ne veut jamais se terminer.
Autant dire qu’avec tout cela on passe immédiatement à autre chose et on remettra illico ce disque dans sa boîte d’où il n’aurait jamais dû sortir, car on ne retient absolument rien une fois qu’on est arrivé au bout de ces quarante très longues minutes où l’encéphalogramme reste désespérément plat. Et même si c’est un soupçon meilleur que
« Blasphemica » (ce qui n’était vraiment pas compliqué à la base…) ça reste encore beaucoup trop bas de gamme pour relever le niveau digne d’un troisième échelon musical, et sans espoir de promotion à l’étage supérieur. Désolé messieurs donc d’être direct mais parfois la vérité fait mal et doit être entendue, car franchement ici on ne peut que vous conseiller de passer à autre chose malgré une persévérance à saluer… mais c’est tout finalement ce qu’on aura à dire de positif car ça vaut à peine la moyenne, pas plus !
DONNEZ VOTRE AVIS
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
1 COMMENTAIRE(S)
citer | Ca donne pas envie d'écouter (normal)... Dommage la pochette est très chouette. |
AJOUTER UN COMMENTAIRE
1 COMMENTAIRE(S)
20/05/2026 10:57