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Pro-Pain - The Truth Hurts

Chronique

Pro-Pain The Truth Hurts
Sorti en 1994 sur pas moins de cinq labels différents, c’est pour ma part la version cassette de chez Roadrunner Records qui est en ma possession. PRO-PAIN, j’ai vraiment le sentiment que c’est l’enfant illégitime de New York, le mal aimé, celui qui a voulu trop fricoter avec le metal mais, de cela, Gary Meskil n’en a rien à foutre. Depuis 1992, il sort presque chaque année un nouvel album (dix-sept à ce jour), prétexte à une tournée qui l’emmènera partout dans le monde voir si la vie y est moins dégueulasse… Et si je ne goûte moi-même que modérément l’ensemble de sa discographie, The Truth Hurts demeure et demeurera un incontournable du genre hardcore metal, malgré ses faiblesses.

Il faut dire que pour cette deuxième parution, le chanteur – bassiste s’est quelque peu renforcé par rapport à Foul Taste of Freedom : le batteur Dan Richardson (ex-CRUMBSUCKERS et futur LIFE OF AGONY) reste en place mais ce ne sont pas moins de deux guitaristes qui vont venir prendre la relève de Tom Klimchuck (ex-CRUMBSUCKERS également, M.O.D.) : Nick St. Denis (futur SKINLAB) et Mike Hollman, fraîchement débarqué de POSSESSED. Le ton est donné, les Américains entendent durcir leur son, davantage explorer les possibilités offertes par le metal dur, la noirceur insondable de l’âme humaine également.

Si le premier LP souffrait de quelques longueurs (« Every Good Boy ») et de penchants marqués pour le rapcore (« Pound for Pound »), ce méfait entend bien dégraisser la ligne de front, sans se renier pour autant : Ice-T intervient sur « Put the Lights Out » (hélas l’une des compositions les plus faibles de l’album avec la conclusion « Switchblade Knife ») et l’on aura droit à un coup de saxophone au cours de « One Man Army », en guise d’écho aux cuivres déjà présents dans Foul Taste of Freedom. Pour le reste, les trois titres d’ouverture sont selon moi ce que le groupe a écrit de meilleur et restent encore aujourd’hui des pièces maîtresses du crossover dans son acception brutale.

Cette volonté nouvelle de puissance, elle transparaît dès les premières mesures de « Make War (Not Love) » : riffs et rythmiques à la sauce thrash urbain, chant haineux, couplets efficaces et refrain martelé jusqu’à plus soif, enfin quelques solos limpides exécutés par un Nick St. Denis très en verve avec un touché à la Rocky George (SUICIDAL TENDENCIES) je trouve. Dommage que le type ait été dégagé, disparaissant dès le Contents Under Pressure de 1996.

« Bad Blood » joue un peu sur la même ligne directrice avec un tempo davantage enlevé mais la formule semble avoir été trouvée, peu risquée mais hautement efficace, une efficacité d’ailleurs terrassante lors du morceau éponyme : un rythme lourd, un putain de groove, une atmosphère irrespirable, des textes qui décrivent le béton, la rue, la violence, des tranches de vies sacrifiées dont le récit est scandé avec une conviction rare, une énergie cruelle, une désillusion totale… Moi, cette piste, je peux me la foutre en boucle, l’écouter encore et encore, elle me procure l’effet d’un shot d’alcool fort.

Heureusement, les bonnes choses ne s’arrêtent pas là même si le meilleur est probablement passé. L’auditeur pourra ainsi se manger le parpaing « Denial » en pleine tronche, sans doute le titre le plus frontal et direct de l’album avec là encore un riff principal de gros enculé et quelques accords lâchés dans pure tradition hardcore. Cependant, les chansons anecdotiques commencent également à montrer le bout du nez, j’ai évoqué précédemment « Put the Lights Out » mais « Let Sleeping Dogs Lie » ronronne trop confortablement, de même qu’un « One Man Army » qui tente certes des choses sautillantes mais qui n’est en définitive sauvé que par son passage au saxophone, sans grand intérêt sinon avec ses guitares plombées vide d’inspiration. D’ailleurs, à bien y regarder, mis à part « The Beast is Back », c’est bien toute la seconde partie du disque qui peine à maintenir le niveau initialement aperçu, plaçant finalement le groupe dans une situation délicate : je ne suis pas convaincu que ceux qui avaient vu en Foul Taste of Freedom une espèce d’avenir pour le hardcore new-yorkais furent totalement emballés par le revirement metal opéré sur ce The Truth Hurts. C’est d’ailleurs sans surprise aucune que l’on a vu Contents Under Pressure mettre la pédale douce sur les solos, revenant à une musique traditionnelle, m’évoquant le MERAUDER du décevant Five Deadly Venoms alors que la suite de la carrière se fera sur la base d’un groove metal efficace, faiblement attractif en dehors de la scène. Pour les indécrottables, Stone Cold Anger sera livré le 15 mai prochain.

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2 COMMENTAIRE(S)

Sosthène citer
Sosthène
28/06/2026 18:30
note: 7.5/10
Oui c'est clairement la grande force de ce disque, il contient quelques titres qui marquent durablement ! L'avantage de la simplicité sans doute :-)
isotaupe citer
isotaupe
28/06/2026 14:39
note: 8/10
Un pote avait cet album et on se le passait en boucle à la fin des 90's. "Make war(not love)", "Down in the dumps", "The beast is back", des morceaux que j'ai encore en tête plus de 25 ans après. Ce groupe m'a (presque) fait aimer le HxC!!

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Pro-Pain
Hardcore Metal
1994 - Roadrunner Records
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs : (2)  8/10
Webzines :   -

plus d'infos sur
Pro-Pain
Pro-Pain
Hardcore Metal - 1991 - Etats-Unis
  

formats
tracklist
01.   Make War (Not Love)  (04:54)
02.   Bad Blood  (03:19)
03.   The Truth Hurts  (04:09)
04.   Put the Lights Out  (04:22)
05.   Denial  (03:21)
06.   Let Sleeping Dogs Lie  (03:20)
07.   One Man Army  (03:11)
08.   Down in the Dumps  (04:18)
09.   The Beast Is Back  (03:33)
10.   Switchblade Knife  (03:24)

Durée : 37:51

line up
parution
7 Juillet 1994

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