Eradikated - Wiring Of Violence
Chronique
Eradikated Wiring Of Violence
Faisant partie de la nouvelle vague Suédoise ERADIKATED avait fait parler de lui il y a presque trois ans avec le sympathique
« Descendants » qui montrait un Thrash rugueux et sans concessions, rempli d’énergie comme d’agressivité permanente… mais qui était quand même loin d’être mémorable malgré des qualités certaines. Il manquait en effet au quatuor quelques titres vraiment accrocheurs pour arriver à se démarquer de la redoutable concurrence nationale, et probablement aussi un peu d’expérience en commun… ce qui a sans doute évolué depuis vu que les quatre compères ont depuis pris de l’âge. Du coup il était évident que ce nouvel opus allait devoir faire passer un cap à ses auteurs, au risque pour eux que de rester un agréable outsider qui avait de belles promesses sur le papier mais qui n’a jamais réussi à les mettre correctement en valeur… ce qui est hélas encore le cas aujourd’hui. Car sans pour autant avoir de défauts majeurs cet album bien qu’étant relativement homogène va rester trop convenu pour figurer dans les bilans de fin d’année, et qu’on se souvienne donc de lui au-delà de quelques écoutes en dilettante comme attentives.
Car malgré plus de variété rythmique que sur sa précédente livraison la bande souffre encore d’une musique un peu inégale et surtout qui manque d’éléments marquants, même si tout cela fait parfaitement le boulot et que le rendu global est plus positif que négatif. La preuve avec l’impeccable « British Petroleum » qui sent bon le son des 80’s d’outre-Atlantique avec sa hargne contagieuse, son agressivité débridée et un tempo global basé sur la vitesse en continu pour ainsi vider facilement la tête et la secouer comme un forcené. D’ailleurs ce début d’enregistrement va jouer frontalement avec beaucoup de rage à exprimer, vu que « Mortality » qui déboule dans la foulée va reprendre ce même schéma, en y ajoutant cependant un soupçon de variété via quelques ralentissements bienvenus et des plans parfaits pour headbanguer au milieu de ces déferlantes menées à toute allure. Ça varie donc suffisamment son propos pour ne pas lasser et c’est clairement sur ce versant sans concessions où les gars sont les meilleurs, car entre le très court (deux minutes à peine !) et rudimentaire « Tsar » aux relents quasiment Punk où ça reste à fond tout du long… ou encore « Wiring Of Violence » avec sa rapidité mis en exergue sous toutes ses formes (et où là aussi on a envie de se faire mal aux cervicales), on n’a rien ici à reprocher aux nordiques qui savent balancer la purée et aller à l’essentiel afin de ne pas être redondants.
Tout le contraire finalement de la partie centrale de cette galette qui va connaître un gros coup de mou du fait de ralentissements trop marqués qui créent une linéarité trop abondante, comme sur « Again I Rise » où l’explosivité est absente des débats au profit d’une vision plus sombre… mais où la mélodie n’est heureusement pas absente. Si le résultat n’est pas mauvais en revanche ça a vraiment du mal à décoller, principalement à cause d’une durée excessive faisant ainsi qu’on décroche un peu en route à cause de ces plans répétés à outrance… malgré une certaine virulence qui évite de sombrer dans la léthargie. Et quand ça n’est pas cela qui est en cause c’est un vrai manque de couilles qui se fait entendre, comme cela est le cas sur « Culling » qui mise lui majoritairement sur le médium sans accélérer véritablement… et qui se montre finalement trop gentillet de par une accessibilité trop marquée et une prévisibilité à outrance.
Heureusement la fin de cette livraison va clairement relever la tête entre l’équilibré et agréable « Precipice » ainsi que le massif et opaque « Confession Obsession », qui réussit malgré sa pédale de frein mise en avant à être suffisamment dense pour ne pas être pantouflard et ennuyeux. Tout cela avant que ne déboule le furieux « Ashes » qui va balancer une dernière salve d’énergie tout en ajoutant quelques ralentissements bien sentis et parties légèrement épiques, histoire d’offrir un ultime moment de plaisir où l’ensemble des rythmes sont de sortie et finalement parfaits pour terminer les hostilités de très bonne manière. Demeurant donc encore en dessous de ses jeunes compatriotes d’ETERNAL EVIL, XORSIST ou encore SARCATOR (mais au même niveau que DISARRAY) l’entité livre quand même une galette plaisante et remplie de bonnes intentions, au rendu globalement positif même si quelques moments plus faibles gâchent légèrement cette demi-heure facilement assimilée comme oubliée. Toujours placée dans la deuxième division de son royaume la formation reste cependant en embuscade pour pouvoir prétendre à mieux, même si elle devra quand même étoffer encore plus son jeu dans le futur sans pour autant aller trop loin et faire une sortie de route. Idéal donc pour passer un moment sans prise de tête et éliminer toutes les pensées négatives comme toxiques ce nouveau chapitre réussit au moins cela, c’est déjà pas si mal et tout ce qu’on demande à ce genre décidément inusable qui remplit ici son office bien qu’on connaisse tout cela par cœur, tant ça sent le recyclage mais exécuté avec soin et sincérité… ce qui est la base du truc et que personne ne reprochera jamais à ses auteurs, c’est au moins ça.
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