Allez, encore un truc qui va me faire sentir vieux schnock. Bon sang, cette pochette, elle me donne l’impression d’être à la fin des années 80, parcourant les rayons de mon buraliste de quartier en quête du dernier Picsou, mon regard tombant par mégarde sur un
Hard Rock Magazine (oui, sur un exemplaire de
Hot Vidéo également) ou un
Hard Force, m’émoustillant à la vue de ces chevelu(e)s dépoitraillé(e)s arborant des figures de démon(e)s… C’est avant tout cela
Infernal Exekution Reign, premier LP de
SLAKTER : une immersion totale dans le
speed thrash metal des temps anciens pour lesquels je n’ai d’ailleurs jamais entretenu la moindre nostalgie.
Le problème, c’est qu’à force d’écrire des sentences telles que « le groupe ne révolutionne rien », « la formation n’est pas là pour chambouler l’ordre des choses », « les musiciens usent d’une recette éculée », « il y a abondance de plans réchauffés », etc., cela finit par miner un brin le moral et si je reconnais évidemment de nombreuses qualités aux Indonésiens, les onze compositions manquent cruellement d’imagination, paradoxalement trop propres pour compenser leur classicisme par l’authenticité de la crasse et manquant peut-être de violence, de folie. Par conséquent, elles me paraissent longues ces quarante-quatre minutes puisque, titre après titre, le sentiment d’écouter systématiquement la même chose finit par dominer.
La réalisation ne pose aucun problème, le quatuor s’y entend pour utiliser à bon escient ses instruments, avec notamment un guitariste en verve qui enchaîne aisément les rythmiques couperets, les riffs alambiqués ainsi que quelques solos de bon aloi alors que le vocaliste
Mortifer s’égosille à tout vent. Tous les ingrédients d’un disque de
rétro thrash sont donc présents, des passages acoustiques (« Benediction ») aux interludes inutiles (que vient foutre le piano de « Sepulchral Overture » ici ?), la guerre et Satan en inspiration première, un
lead hystérique placé dès l’ouverture (« Blitzkrieg »), le bruit du tonnerre… Est-ce suffisant pour emporter mon adhésion ? Hélas non. En revanche, ça l’est pour décrocher un contrat discographique avec
Tarung Records et
Witches Brew, c’est très bien ainsi. Mais j’ai beau aimé le
metal, il m’arrive d’être à bout de patience lorsque mon chemin croise celui de jeunes types qui jouent déjà comme des petits vieux alors qu’ils devraient regarder l’ancienne génération avec un sourire carnassier, l’air de dire (ignorant qu'ils ont tort) « on vous a tout pompé mais nous au moins on sonne vraiment
evil ».
En définitive, un album frôlant l’inutile, ne se sauvant que par son énergie, sa basse qui claque et son intensité parfois proche du
death (« Acts of Depravity Pt.I »), définitivement trop ambitieux au regard du faible nombre d’idées affichées. Cependant, n’allons pas trop vite en besogne car rien ne dit que
SLAKTER ne reviendra pas prochainement avec un monstre dans sa poche, il en a le potentiel.
1 COMMENTAIRE(S)
02/03/2026 09:24