Fin 80, début 90, l’une de mes cousines m’avait offert une cassette copiée. Face A :
Crossover. Face B :
Thrash Zone. Écoutés jusqu’à plus soif, ces deux albums de
D.R.I. restent encore aujourd’hui parmi mes disques favoris de
thrash hardcore mais, au moment d’entamer ma petite saillie littéraire dominicale, j’ai eu envie de savoir à quoi ressemblaient les débuts de la formation. Aussi, après avoir ignoré la démo de 1983, me suis-je penché sur le premier EP
Dirty Rotten, vingt-deux titres pour à peine seize minutes. Dois-je en déduire que les mecs jouaient alors du
grind ? Certes non mais un
punk violent, bruyant, appartenant sans doute aux prémices du mouvement américain
crust / powerviolence tout en intégrant certaines des déviances
noise chères à un
SONIC YOUTH alors balbutiant, c’est certain.
Si le
line-up a depuis évidemment évolué, on retrouve tout de même déjà la paire fondatrice
Spike Cassidy (guitare) /
Kurt Brecht (chant) accompagnée du frangin
Eric Brecht à la batterie et du confidentiel
Denis Johnson à la basse. Première chose apprise en rédigeant cet article :
Eric, après son départ du groupe, fut batteur chez
DEATH en 1985 puis
HIRAX en 1986. Voilà une anecdote comme je les aime, aussi inutile qu’instructive. Il reste que découvrir ce disque fut pour moi une réelle surprise. En effet, même si rien ne le confirme musicalement parlant, j’ai toujours associé une image de joyeux drilles aux Américains. Et si je dis que rien ne l’atteste, c’est parce que de
Dealing With It! (1985) à
Full Speed Ahead (1995), les albums ont toujours baigné dans une certaine noirceur, loin des aspects
fun associés à d’autres bandes évoluant dans le registre
crossover.
Ici, de cette pochette totalement dans l’esprit DIY à la production rudimentaire en passant par ces compositions de quelques secondes, rarement au-dessus de la minute, tout respire le
punk hardcore des bas-fonds, la lutte des classes, le combat ordinaire des masses laborieuses contre l’oppression. En revanche, ce qui est purement génial dans
Dirty Rotten EP c’est de reconnaître dès les premières mesures de « Sad to Be », dès les premiers mots prononcés, le
riffing de
Spike ainsi que la voix si particulière de
Kurt. Clairement, autant le premier a depuis progressé, abandonnant ses approximations pour se diriger vers un jeu ramassé plus métallique, abandonnant heureusement les solos au passage, autant le second a conservé exactement le même timbre, les mêmes intonations, la même diction. Il avait déjà un sacré sens de la mélodie ce jeune gars ! Braillard mais sans jamais oublier d’écrire des lignes vocales mémorisables, accrocheuses dans leur rage encore adolescente.
Punk oui mais l’on entend déjà une dimension artistique allant au-delà de la contestation politique.
Bien sûr, ce disque n’est pas une machine à hits, plutôt une boîte à claques. La performance globale est davantage significative que quelques compositions piochées au hasard, même si les moments de bravoure sont nombreux. Je pourrais même écrire, rejoignant ainsi nombre de chroniqueurs, que ce premier jet est bien plus intéressant qu’un
4 of a Kind parfois poussif, pour sa basse parfois
cold wave (l’introduction de « I Don’t Need Society » par exemple), pour ses errances bruitistes, pour ses accélérations percutantes, pour ses allures de branleurs ultimes.
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