Il sera difficile de parler d’une actualité chaude avec cet article sur
The Endgame Protocol puisqu’il est sorti en 2022. Cependant, la demande du label venant à peine de nous parvenir, voici quelques mots au sujet d’
ARCHAIC, une formation hongroise de
thrash metal pour le moins confidentielle qui a trois LP dans sa besace. Une cadence faible (2006, 2017, 2022) qui explique peut-être le manque de renommée internationale.
Sur le fond, ces dix compositions pourront largement satisfaire les amateurs de
thrash contemporain. En effet, même si les musiciens sont tous nés dans les années 80, leurs influences piochent plutôt du côté des fins de carrière de
SLAYER ou
KREATOR avec en prime un chanteur aux intonations parfois proches d’un
James Hetfield. Nous sommes donc à la croisée d’une musique foncièrement belliqueuse, avec ses grosses rythmiques, ses riffs secs et ses tempos élevés, non dénuée pourtant de mélodies, tant dans les solos que, surtout, les harmonies vocales. C’est d’ailleurs ce qui coince un peu chez moi et qui m’empêche de savourer pleinement ces quarante minutes : cette fâcheuse tendance à glisser des refrains trop mélodiques, à la limite du
metalcore, comme c’est le cas sur « Behind » ou « A Cold Embrace » par exemple. Clairement, si ces passages sont pourtant bien amenés et s’inscrivent dans la logique des compositions, ils ne correspondent absolument pas à l’idée que je me fais de ce que devrait contenir un album de
thrash. Pourquoi ces excès de gentillesse alors que les musiciens ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils avoinent ?
Dans un élan d’optimisme je pourrais affirmer que cette propension à mélanger de solides rythmiques avec des voix claires rappelle la belle scène suédoise, et je pense notamment à
THE DEFACED en plus d’une occasion (« Endgame Protocol »), mais ces doses de miel finissent vraiment par porter préjudice à un album qui, sans cela, ferait très bonne figure. En effet, en privilégiant les titres brefs (trois à quatre minutes), le quatuor mise avant tout sur l’efficacité et la rapidité d’exécution, ne cherchant pas à se casser la tête outre mesure. Et alors que je craignais que les sept minutes finales de « Until We Fade » soient une vilaine ballade, il n’en est heureusement rien : la formation nous offre son morceau le plus travaillé, le plus abouti, proposant un panel exhaustif de toutes ses qualités (puissance, variations rythmiques, solos enlevés), également de tous ses défauts (mièvreries inutiles).
Ainsi, écrire que
The Endgame Protocol n’est pas un disque intéressant serait trop catégorique car ses points forts sont nombreux. J’en apprécie les aspects les plus radicaux, les guitares sont particulièrement travaillées et le chanteur démontre de solides compétences, modulant facilement afin de passer d’intonations quasi
hardcore à un registre presque
death. Néanmoins, l’ensemble s’avère convenu, commun et ne retiendra pas l’attention au-delà de quelques jours.
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