chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
51 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Barbarian - To No God Shall I Kneel

Chronique

Barbarian To No God Shall I Kneel
On le sait tous et toutes, le revival à le vent en poupe. Dans une époque troublée qu'est la nôtre, les repères sont flous et l'avenir, incertain. Alors au lieu de s'engager dans les tourments de lendemains inquiétants, certains préfèrent revenir à l'insouciance, l'innocence et la pureté de plaisirs d'enfance. La nostalgie devient un antre, un cocon dans lequel revenir, afin de garder un peu de sa santé mentale.

Dans les années 80, en terme de musique et de création metalistique (si, si, ça existe, cherchez pas), tout était à faire car des chemins étaient tout juste ouverts, et il fallait défricher tout ça. Le Thrash ouvrait une voie Punk extrême au Heavy, donnant à plusieurs formations le goût de la colère, de la revendication et d'une attitude plus rock 'n roll que jamais – auto-destruction et bras levés contre le système, s'opposer à la masse...
Mais que reste-t-il, désormais, quand les chemins de l'extrême ont été balisés, voire galvaudés par des groupes qui voulaient rendre toujours plus accessible leur musique, ou quand la répétitivité de postures ont rendu les ficelles même pas visibles, mais criardes, voire ridicules ?

Eh bien il reste la nostalgie, seul rempart qui semble encore possible contre la fuite en avant et l'inquiétude que j'ai citées plus tôt.

Le Metal semble stagner, et nombreuses sont les formations à proposer du revival. En France, on a notamment eu HEXECUTOR, qui faisait la part belle au Heavy à la fois Thrash et Black, dans des entre-deux qui font revivre les balbutiements de la scène extrême des 80's.
BARBARIAN, de son côté, s'inscrit dans cette même voie et, depuis leur premier album en 2011, ils se sont lancés dans un mix de Thrash très orientée Heavy, épicé à la sauce Black bien rythmée de la première vague. Ils viennent ainsi avec un quatrième opus, intitulé « To No God Shall I Kneel », et on ne va pas se la cacher : si tu aimes l'entre-deux que proposaient les années 80 en terme de tâtonnements Thrash, Black et Heavy, tu trouveras ton compte là-dedans !

Entre CELTIC FROST, et ses « OUH ! » caractéristiques repris dans « Obtuse Metal » (lequel fait la part belle aux rythmiques Punk), le riffing Hard Rock à la MOTÖRHEAD sur « Birth and Death of Rish'ah » à 1:36 qui conduit à un final où le rythme, via une gradation résolument Heavy-Power aux mélodies surprenantes, saillantes et agréables, m'évoque énormément une efficacité d'un certain Bitter Loss du non moins certain ENTOMBED – parce que faut être hard rock jusqu'au bout –, t'es parti pour un grand-huit des saveurs d'antan ! Le tout se fait sous une production à la fois propre qui rend chaque piste bien lisible, mais avec ce grain assez particulier, où la basse s’immisce dans des interstices malins et où la gratte racle l'ensemble de ton oreille interne. Typiquement, si tu te lances dans « The Beast is Unleashed », tu vas plonger la tête la première dans un morceau Thrash à mort, avec ce riffing répétitif qui m'évoque des moments du Power and Pain de WHIPLASH, et cette rythmique à nouveau clairement Punk. Ce cinquième titre fait clairement dire que Barbarian use judicieusement de ses influences, nombreuses et variées et ciblées sur les années 80, créant inévitablement une grande palette de mélodies et de phases superbement articulées – quitte à aller dans le Heavy Power type « sword and sorcery » dans l'intro solennelle de « Hope Annihilator », qui met en avant des phases juteuses dans leur bouillon extrême.
Ce côté extrême, distillé dans l'ensemble, se permettra toutefois de ressurgir aux moments opportuns, comme avec « Sheep Shall Obey » qui débute sur le schéma du morceau précédent, jusqu'à une rupture à 2:50 virant vers un riff qui t'impose un poigne plus hargneuse. En gros, jusque là c'était à la cool, mais là on est sur quelque chose de plus énervé et puissant dans une forme de Thrash-Black en entre-deux qui monte comme il se doit !

Punk, Black, Thrash, Heavy, mélodique... Pas mal fourre-tout ce skeud ! Mais si le tout s'enchaîne sans souci sur des morceaux allant de 3 minutes 46 à 5 minutes 40, la machine s'enraye et montre des signes de faiblesses lorsqu'on dépasse les six minutes, hélas, lors des deux derniers morceaux. Si auparavant, tout était d'une efficacité redoutable, enchaînant des plans variés sans le moindre souci, on arrive ici à quelques limites, que ce soient les parties mid-tempo de « The Old Worship of Pain » sans un riff traînant qui impose une mouvement assez redondant (on pourra dire que c'est une phase de répit, sauf que le morceau a du mal à décoller passées les 3 minutes), ou les transitions plus laborieuses de l'ultime titre, comme si la machine n'avait plus de jus et commençait à craquer. En fait, j'ai le sentiment que ces derniers morceaux sont le pas de trop dans l'exploration de ce bouillon extrême : un registre de trop, et on sort de ce sur quoi le groupe est compétent. Lorsqu'il riffe sur un rythme engageant et groovy, il n'y a aucun problème, t'es carrément dedans ! Lorsque le rythme s'adoucit et qu'on lève un peu le pied, le tout s'embourbe et peine à se sortir de là.
Le groupe, sur cet album, apparaît comme parfaitement taillé pour des formats de 4 à 5 minutes, qui permettent d'aller à l'essentiel tout en mettant en avant deux ou trois riffs et phases rythmiques sous plusieurs aspects. Au-delà de cette longueur, j'ai la sensation qu'on se perd dans des transitions qui butent, alors que, jusque là, on avait une fluidité sans faille et des idées employées ni trop longtemps (ce qui évite la lassitude), ni de façon trop courte (ce qui fait qu'on n'est pas frustré).
Les deux derniers titres sont, pour moi, un peu longuet et en dessous du reste qui fonctionne plutôt bien !

Ainsi, Barbarian, sans être un grand nécromancien qui va redonner un éclat à un genre oublié, propose un taff d'une grande efficacité. Fait avec honnêteté et sincérité, cet album enchaîne les idées bien fichues. Il ne révolutionne rien mais, en tant que revival, apporte tout à fait ce sentiment de cocon, ce confort « à l'ancienne » qui fait headbang comme s'il n'y avait pas de lendemain puisque, de toute façon, il n'y en aura jamais.
Alors ramène tes potes, blaste ce skeud à fond, buvez des coups, et délirez comme si votre vie en dépendait : c'est de cette façon que l'album s'appréciera au mieux, car il est simple mais généreux, sans immense surprise mais également sans détour. Direct et pur, comme le plaisir que le groupe semble vouloir transmettre.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Barbarian
Thrash/Black/Speed revival
2019 - Hells Headbangers Records
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs :   -
Webzines : (2)  7.5/10

plus d'infos sur
Barbarian
Barbarian
Thrash/Black/Speed revival - 2009 - Italie
  

tracklist
01.   Obtuse Metal  (04:50)
02.   Birth and Death of Rish'Ah  (04:45)
03.   Hope Annihilator  (03:46)
04.   Sheep Shall Obey  (05:20)
05.   The Beast is Unleashed  (05:40)
06.   The Old Worship of Pain  (06:05)
07.   To No God Shall I Kneel  (07:23)

Durée : 37:49

line up
Essayez aussi
Kalmah
Kalmah
They Will Return

2002 - Spikefarm Records
  
Kalmah
Kalmah
Swampsong

2003 - Spikefarm Records
  
Merciless
Merciless
The Awakening

1990 - Deathlike Silence Productions
  
Power From Hell
Power From Hell
Profound Evil Presence

2019 - High Roller Records
  
Wraith
Wraith
Absolute Power

2019 - Autoproduction
  

The Haunted
Road Kill (Live)
Lire la chronique
Nuclear Assault
Out Of Order
Lire la chronique
FRENCH BLACK METAL : Un petit coup (et puis c'est tout)
Lire le podcast
Urn
Iron Will Of Power
Lire la chronique
Swarm
Anathema
Lire la chronique
Power Trip
Opening Fire: 2008​-​2014 (...
Lire la chronique
PPCM #24 - A Link to the Past (les groupes de mes poésiques)
Lire le podcast
Exhorder
Mourn The Southern Skies
Lire la chronique
BLACK METAL ! Le TOP de...
Lire le podcast
Division Speed
Division Speed
Lire la chronique
Kill-Town Death Fest 2019 / The Decompomorphosis
Lire le dossier
Critical Defiance
Misconception
Lire la chronique
LORDS OF CHAOS : La Sakranalyse
Lire le podcast
Inculter
Fatal Visions
Lire la chronique
Hatriot
From Days Unto Darkness
Lire la chronique
METAL MEAN FESTIVAL XV - 2019
Asphyx + Au-Dessus + Bloodb...
Lire le live report
Detherous
Hacked To Death
Lire la chronique
Whore Black Metal : STOP AU SEXISME
Lire le podcast
SYLAK OPEN AIR 2019
Apocalyptica + Black Flag +...
Lire le live report
METALHERTZ - S02E04 - Symphonic PACA Metal
Lire le podcast
Destruction
Born To Perish
Lire la chronique
Metal Church
Damned If You Do
Lire la chronique
Tantara
Sum of Forces
Lire la chronique
Sacred Reich
Awakening
Lire la chronique
Retour de vacances, et ZOU !
Lire le podcast
Enforced
At The Walls
Lire la chronique
Death Angel
Humanicide
Lire la chronique
USBM is SH*T
Lire le podcast
Metal Magic XII
Lire le dossier
PPCM #20 - Encore plus de Jazz Metal
Lire le podcast
Annihilator
For The Demented
Lire la chronique