Hellfuck - 9 Nails Hammered Into The Flesh Of God
Chronique
Hellfuck 9 Nails Hammered Into The Flesh Of God
Après s’être mis sur de bons rails avec le très réussi
« Diabolic Slaughter » il était temps pour le quatuor de donner une suite à ce premier jet, histoire de voir s’il fallait désormais l’intégrer au sein des formations incontournables de sa Pologne natale… ou si l’on allait devoir encore un peu patienter pour se faire une opinion définitive. Car avec ce « 9 Nails Hammered Into The Flesh Of God » le combo va continuer à nous proposer un redoutable Blackened Speed/Thrash sacrément burné, et renforcé désormais par toute la puissance de Zbigniew Robert Promiński (alias Inferno) derrière la batterie et qui se paye ici un peu de bon temps en dehors de BEHEMOTH. Autant dire que vu son expérience et celle des autres acolytes la qualité va être au rendez-vous, avec neuf titres redoutables et expédiés à vive allure en à peine plus d’une demi-heure sans faiblesses ni temps mort qui défoulent comme il faut en mettant le cerveau totalement en veille, de par une armature générale facile à retenir.
Pourtant (et assez curieusement) ce deuxième opus va laisser un sentiment plus mitigé par rapport au précédent où l’on accrochait immédiatement, la faute sans doute à un côté plus sauvage dans l’exécution comme concernant la production qui a mixé la voix de Marcin Sienkiel très en avant… et qui finit par devenir vraiment pénible à la longue. Il faut dire aussi que commencer immédiatement par son morceau le plus court est un choix à double tranchant, car « Self-Cheat Absolution » (à l’instar de « Destroyer Of Heaven » situé plus loin) va aller frontalement à fond la caisse en proposant une vision rudimentaire qui n’est pas sans rappeler SODOM où ça ne va jamais ralentir la cadence. Ça défoule donc et ça file la pêche mais ça se montre très rapidement prévisible et redondant, et ce malgré la durée très éphémère de l’ensemble même si l’énergie qui y est produite compense largement cela et nous met dans de bonnes conditions pour la suite à venir. Car celle-ci va être remuante et franchement dynamique tout en variant un peu plus les tempos, la preuve immédiate avec la doublette « Master Of The Decaying World » / « The Nuclear Final Gaze » qui met tout l’ensemble rythmique à l’honneur sur fond de headbanging permanent où accélérations et ralentissements ne cesse de passer l’un après l’autre. Et après l’Allemagne ce sont les Etats-Unis qui vont être mis sur le devant de la scène via « Rebel Desecration » où l’on sent de grosses influences de SLAYER sur les parties rampantes comme en médium, mais où ici une fois encore ça n’hésite pas à appuyer sur le champignon comme le frein. D’ailleurs l’ombre de Tom Araya et ses comparses va être encore plus marquée sur « Wonderful Stench Of Death » à la montée en pression progressive, avant d’exploser littéralement tout en gardant son opacité omniprésente comme sa grande diversité rythmique.
Et une fois cela passé les choses vont continuer à défiler tranquillement entre le Punk et furieux « The Scourge Of Existence » (où côté simplicité ça monte d’un cran) ou l’équilibré et impeccable « Holy Whore’s Prayer » qui donne là aussi envie de secouer la tête, ceci bien calé entre quelques rasades où le frein et l’accélérateur se côtoient intelligemment. En revanche on restera plus circonspect sur la conclusion intitulée « The Temple Of Deceit Burns Bright » qui tente une approche musicale différente en proposant une vision occulte et tribale qui a cependant du mal à décoller, la faute à une durée ici excessive et surtout un mélange des genres qui manque de cohérence… d’autant plus avec cette douce voix féminine en arrière-plan qui renforce ce sentiment bizarre. Car même si ça n’est pas mauvais en soi en revanche ça reste trop plat et inégal pour marquer durablement les esprits, et on préfère donc nettement quand les mecs misent sur un versant sobre et énervé où ils restent plus intéressants.
Alors oui cette réalisation est en deçà de son prédécesseur mais elle reste tout à fait convenable, même si elle est moins homogène et jouissive qu’on aurait pu l’espérer et c’est franchement dommage. Mais bon elle passera quand même très bien le cap des écoutes multiples malgré ses défauts un peu agaçants, vu que pour se vider la tête et dégager toutes les ondes négatives cette sortie sera parfaite… même s’il est évident qu’elle sera loin d’être un indispensable de l’année. A voir désormais ce que l’entité nous réservera à l’avenir car on a la sensation que ce modèle qui a fait mouche est déjà en train de s’essouffler, même si pour l’instant ça passe encore assez bien… mais gare à la sortie de route, tant ici on a l’impression que l’écriture et l’enregistrement de cette galette ont été faits à l’arrache avec les bons mais aussi mauvais points que cela implique. Autant dire que s’il y a un troisième long-format dans le futur il sera décisif pour ses auteurs qui auront tout intérêt à travailler un peu plus le fond comme la forme, au risque de rejoindre la cohorte de groupes dont on attendait beaucoup et qui n’ont jamais pleinement confirmé les espoirs placés en eux.
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