Il y a peu, nous vous parlions du dernier album de
SORDIDE,
« Ainsi finit le jour » mais
Ian Debeerst, le bassiste, a une autre passion : le
nawak metal. Appellation d’apparence péjorative, elle cache surtout généralement des artistes touche-à-tout désireux de fusionner leurs schizophrénies au sein d’une seule entité qui réunirait l’ensemble de leurs influences hétéroclites dans un semblant de cohérence stylistique. Voilà à quoi s’essaye l’homme dans son projet
AM I NOT, «
Climaxes and Vacuity » étant la deuxième sortie de la formation après «
Apparent Void » paru en 2017.
Au niveau des influences, c’est la Samaritaine des musiques
rock,
metal et
électro écrites depuis les années 90. Bien entendu, la principale référence sera
Mike Patton compris au sens très large de son œuvre (
MR. BUNGLE en premier lieu, le
TOMAHAWK de
« Oddfellows »,
FAITH NO MORE), cela étant particulièrement prégnant dans la façon de chanter : le timbre général, les intonations, les mélodies en mode
crooner de « Poser Funeral »… Mais nous entendrons également du
CARNIVAL IN COAL pour les éléments
black et
death metal passés au karcher de la musique
disco (cf.
« Vivalavida »), des touches de
PIN-UP WENT DOWN, des dérapages bruitistes à la
CHILD ABUSE, le
swing d’un
PLEYMO des grands soirs, le tout brassé dans un bordel de riffs tantôt
grunge,
stoner,
black,
chaotique hardcore (« I Kill Time ») ou tout simplement
easy listening, autrement appelé « musique d’ascenseur ».
Mais l’auditeur n’est-il pas perdu dans cette avalanche de genres ? L’écoute garde-t-elle un sens ? Elle en aura pour ceux et celles qui aiment le
n’importe quoi metal, c’est une évidence. En effet, au-delà des aspects hautement référentiels de ces neuf compositions, auxquelles j’ajouterais sans problème
« The Downward Spiral » de
NINE INCH NAILS pour le sens des cassures nettes (ainsi, le final tout en douceur de « I Kill Time » après une déferlante de violence n’est pas sans faire écho à la construction même de « March of the Pigs »), il demeure évident que
Ian Debeerst expose un talent ainsi qu’une force de persuasion impressionnants, entraînant aisément le chaland au fond du trou à la poursuite du lapin blanc.
Moi, une telle démonstration d’inspiration débridée, cela me bluffe, totalement, même si tous les morceaux ne se valent pas et qu’un « Hate for the Eight » me marque davantage que les autres, peut-être pour sa dimension plus frontale avec cette basse qui martèle sur des tempos bien lourdingues. Néanmoins, il sera impossible de parler d’ennui ou d’une quelconque lassitude tant chaque chanson regorge de surprises, d’idées, de fulgurances géniales, inscrivant le nom de «
Climaxes and Vacuity » en lettres d’or sur le fronton du
metal hexagonal. Album d’autant plus appréciable qu’il remet en selle un genre un peu tombé en désuétude tout en me permettant de réentendre avec plaisir du
Patton de qualité, étant de moins en moins séduit par ses dernières productions. C’est par conséquent parfaitement conquis que je ressors de la découverte d’
AM I NOT, parce que c’est frais comme une bonne Margarita, un peu salé, un peu sucré, un peu acide, le tout parfaitement dosé, aucun style ne prenant réellement le dessus sur les autres. Enfin, il faudrait encore souligner la qualité du jeu ainsi que du chant, là encore c’est une grosse performance qui ne laisse aucune place à l’approximation. Pour du pur
do it yourself, c’est du grand art.
Par gulo gulo
Par AxGxB
Par Jean-Clint
Par Raziel
Par Sosthène
Par Keyser
Par Keyser
Par Lestat
Par Lestat
Par Sosthène
Par Sosthène
Par MoM
Par Jean-Clint
Par Sosthène
Par AxGxB
Par Deathrash
Par Sikoo