BAIKAL, encore un groupe à qui en temps normal je n’aurais pas donné l’heure. Il faut dire que du message envoyé à
Thrashocore, mon cerveau n’a retenu qu’une seule ligne : «
où se croisent Post-Metal, Trip Hop, Doom, Shoegaze, et Dark Electro ambiant ». J’ai pris peur mais après tout c’est Noël, j’ai du temps libre, le groupe est français, j’écoute donc ce premier album éponyme… C’est pas mal du tout ce que j’entends. Je le relance afin d’être sûr de moi… Oui, c’est accrocheur, mélancolique, vraiment bien foutu, dans l’air du temps nostalgique des années 2000 mais jamais racoleur, pas non plus dénué d’une certaine élégance… Ok je m’attelle à l’article.
Généralement, derrière ce genre de bonnes surprises, se cachent des musiciens installés. Je vais donc commencer par détailler les CV : un ancien
CULT OF OCCULT (c’est marrant, comme dans
ORLY) à la guitare, un chanteur passé par la case
PSYKUP (peut-être y est-il encore), un batteur ayant œuvré au sein de
X-VISION (
groove thrash metal), il n’y a que le bassiste pour lequel je n’ai pu glaner aucune information. Quoi qu’il en soit, cette brève présentation des forces en présence remet les choses en perspective, l’attention et la tension remontent en flèche.
Pour le reste, si l’on admet qu’« inclassable » est une étiquette recevable alors les huit compositions de
Baikal la méritent. Ainsi, dès le morceau d’ouverture « Rorschach » j’ai pensé successivement à
Perry Blake (dont j’apprécie l’émotion),
A PERFECT CIRCLE,
KATATONIA pour la pesanteur triste des guitares… Ces trois noms vont déjà permettre de circonscrire l’objet : énormément de mélancolie portée par la beauté des mélodies en voix claires, une pointe de feutrine
electro trip hop dans les arrangements, les gros riffs écrasants du
doom et, pour réveiller la libido, un chant guttural gorgé de
feeling (c’est rare). Au fil des titres, les auditeurs qui n’ont pas fui
Slow Motion Death Sequence de
MANES devraient également entendre de nombreux points communs, sur « Cardinal » ou « Descent » notamment, alors que « Melania » évoquera sans conteste le
DEFTONES de
White Pony, notamment grâce à la langueur vocale très proche des intonations de
Chino Moreno.
Étant conscient d’avoir fourni beaucoup de références, je vais tenter de synthétiser mon propos, l’objectif étant d’essayer de définir la musique des Français tout en vous donnant envie de la découvrir. Le socle musical n’est clairement pas à aller chercher du côté du
metal. Le
trip hop de
MASSIVE ATTACK ou un
electro rock subtil seront plus à même d’expliquer les trames sonores sur lesquelles le vocaliste pose des lignes de chant peut-être parfois un peu trop maniérées mais toujours émotionnellement justes. De plus, les parties
doom death growlées sont parfaitement intégrées à l’ensemble, puissante sans agressivité, forte sans négativité, le disque étant à l’image de sa pochette : pur. Les habitués de
KATATONIA étant des familiers de cette ambivalence, ils devraient clairement s’y retrouver. Moi, ce sont surtout les influences
nu emo metal et
MANES qui m’ont séduit car ce sont des genres rarement abordés et encore moins avec la subtilité dont le quatuor fait preuve. Il n’y a guère que le final « Foundations » que j’ai trouvé un peu trop mollasson en dépit de sa beauté fragile.
Par conséquent, je suis encore sous le charme de
BAIKAL, je ne sais pas combien de temps durera le sortilège mais si c’est jusqu’à la prochaine sortie, je serai là pour l’accueillir.
Par Jean-Clint
Par Sosthène
Par Keyser
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Jean-Clint
Par xworthlessx
Par Ikea
Par AxGxB
Par Jean-Clint
Par Sosthène
Par Lestat
Par Krokodil
Par Niktareum
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint