Si le nom d’
OPPRESSION ne vous dit encore rien, c’est normal :
No Safe Place n’est qu’un premier album. Pourtant, les Bordelais ne sont pas des
dirty debutantes (tu as la référence mon cochon ?) puisque l’on retrouvera parmi les membres des acteurs (les frères Aupeix) de
LIFESTREAM ainsi qu’un ex-
OTARGOS à la batterie (la bête de
Xeno Kaos). Ce ne sont pas forcément les références les plus clinquantes que l’on aurait pu soumettre mais elles garantissent déjà la solide maîtrise des vils propos obscurs.
Et effectivement, alors que l’étiquette annonce sans ambages du
black metal mélodique, je la cherche plus qu’à l’occasion la mélodie car, ce qui marque avant tout les premières écoutes, c’est la radicale puissance de feu de la formation. Le frappeur
John A y est certes pour beaucoup tant il blaste sans discontinuer et avoine virilement sa double pédale mais ce sont également les riffs féroces, rarement épiques (« Journey Beyond Consciousness »), visant surtout l’efficacité immédiate d’un
black aussi moderne que frontal. Car oui moderne… Point ici de délires sur l’ancien temps ou les forêts enneigées, pas de maquillages, pas d’épées fièrement brandies, juste cinq types en cuir noir tournés vers l’occulte : pochette empreinte de religiosité, croix sur le logo…
Musicalement, j’aurais tendance à rapprocher ce premier jet d’une version sans clavier d’
ANOREXIA NERVOSA (« The Call of the Night »), voire à du
BELPHEGOR pour la force de frappe mais si j’apprécie ce premier LP d’
OPPRESSION c’est avant tout pour des qualités qui lui sont propres : une production ultra puissante, quelques pics d’intensité thrashisant (« Nice Death Matters ») et, globalement, un style déjà bien affirmé pour des musiciens évidemment confirmés. Le chanteur
GSV, sorti à priori de nulle part, propose également une prestation complètement habitée, son chant ravagé collant parfaitement à des compositions filant à cent à l’heure. Une version plus mélodique de
DARK FUNERAL ? Pourquoi pas… Des airs de
MARDUK (« Attrition ») ? C’est un fait. Oui je pense aussi un peu à
OTARGOS mais en moins clinique, davantage viscéral, habillé de chair, en partie grâce à un vocaliste qui parfois glisse quelques interventions en voix claire conférant juste ce qu’il faut de grandeur aux morceaux, une emphase utilisée avec parcimonie mais qui fait toute la différence lorsqu’elle survient.
S’il est peut-être encore un peu tôt (quoi que) pour placer les Girondins parmi les grands espoirs de la scène hexagonale, il faudra admettre qu’ils se pointent quand même avec une sacrée entrée en matière que
Folter Records a eu le flair de signer sans se poser de questions métaphysiques. Oui, clairement, l’hystérie contagieuse d’un « Homeland’s Fury » fait de moi un adepte de ce nouvel arrivant dont j’attends à présent énormément pour la suite car la bande arrive à rester sur une fine ligne de crête : assez extrême pour satisfaire les durs à cuire mais néanmoins suffisamment harmonieux pour ne pas s’aliéner les amateurs de musique construite, étoffée. « Ici, l’eau pression, on ne la subit pas, on la boit » (putain de conclusion nulle, je me colle un zéro pointé).
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