chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
292 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
Tomas Olsson » Radien »

Ebola - III

Chronique

Ebola III
« Youta, bien joué, tu m’as eu, tu m’as surpris. Je ne m’attendais pas à ce que tu sortes un album avec ces sonorités. Je dois avouer que si la surprise devait rentrer en compte dans une note finale, tu aurais explosé les compteurs. Oui, Youta, j’attendais en fait une suite trop logique à ton épisode II, auquel j’avais bien accroché, auquel j’avais mis un 8/10 sur Thrashocore. Duquel je disais apprécier les similitudes avec KANASHIMI, AUSTERE, GERM, voire NORTT pour le titre final. Ton black metal dépressif ne m’avait pas étonné, mais il m’avait plu. »

Youta, je le tutoie. Je me le permets parce que je l’ai déjà rencontré en fait. Il vient de la préfecture de Oîta, qui est très proche de ma préfecture de Fukuoka. Je précisais d’ailleurs qu’il devait être actuellement le musicien de black metal le plus proche de moi géographiquement, à ma connaissance bien entendu. Je le tutoie donc ici, en français qu’il ne parle pas, pour lui montrer mon étonnement. Son III garde certes son bagage initial et j’accepte de classer ses 9 pistes dans le dépressif, mais il l’a mis plus en retrait. Il y fait appel beaucoup moins souvent, pour insister désormais sur des éléments ambiant, folk et traditionnels, sur une musique guidée principalement par du piano, de la guitare acoustique et surtout du Erhu. Enfin, ce qu’il me semble être un Erhu parce que je ne suis pas non plus spécialiste de cet instrument à corde qu’un simplet comme moi appelera un « violon chinois ». Donc je ne peux m’empêcher de dire à Youta mon étonnement à l’écoute de ce nouvel album : à cause du changement d’approche, à cause de l’équilibre brisé pour intégrer plus d’instrumental, et à cause de ce choix d’un instrument traditionnel, non japonais de surcroît.

« Et pourquoi pas ? ». Eh bien oui, pourquoi pas, mais il y a évidemment de bons et de mauvais côtés à ce relookage musical. Déjà, l’originalité et donc l’intérêt sont montés d’un cran. On a la curiosité des sonorités. Elles qui font imaginer des paysages lointains comme des montagnes asiatiques, des vallées mystérieuses, des grottes de cristaux fantastiques. Des lieux emplis de zen. C’est zen, zen, ultrazen sur ces parties acoustiques, qui occupent bien 60 à 70% de l’album et apparaissent obligatoirement à un moment donné de chacun des 9 morceaux. Il n’y a même que ça sur « Asagiri », titre qui ouvre l’album avec une douceur sereine. Près de 5 minutes de plénitude avec un léger chœur masculin et surtout les sanglots de l’Erhu à partir de la troisième minute. De la zénitude, partout. Réussie très souvent, comme sur l’introduction de « Yamaga » qui offre en plus la surprise d’une déclamation de voix féminine. Mais ! Mais ! MAIS ! Ces passages sont vraiment trop nombreux. La surabondance de parties instrumentales lasse. On peut vite se lasser de l’acoustique, et du violon chinois. C’est comme un homme qui pleure. On trouve ça touchant au début, mais s’il chiale continuellement, on a envie de le baffer. Sur cet album, l’overdose est presque certaine.
Et si l’onse dit que c’est dommage, c’est parce que les titres plus équilibrés, ceux qui incluent du black dépressif, sont idéalement dosés. « Yamaga » dont je viens de parler, mais encore plus « Yuhu ». Oh la la !!! Ce morceau est excellent. C’est un modèle de réussite, très chargé en émotions. Youta y prend son temps, 7:36, pour peindre les ambiances. Ce n’est pas que de la musique, c’est véritablement de la peinture sur âme. Pendant les 4 premières minutes, il fait appel à une guitare acoustique, à l’Erhu et à une voix fatiguée qui souffle en retrait. C’est paisible, mais tellement mélancolique. C’est un hymne à la solitude, à l’isolement, à la retraite éloignée. Et ensuite, tout est détruit, d’un cri d’abord, . Alors toute la beauté disparait, comme si la réalité était réapparue, comme si la douleur revenait subitement torturer le corps et l’esprit. Nous étions peut-être dans un rêve, nous croyions peur-être une illusion, nous profitions peut-être d’une accalmie. Quoi que cela ait été, c’est terminé. Et lorsque la mélodie du début, calme, revient à la fin, elle n’a plus le même goût, parce qu’elle ne fait que rappeler que le passé n’est plus qu’un souvenir désormais...

C’est vraiment à cause de quelques longueurs seulement que cet album rate le coche. Et encore, certains les apprécieront sans aucun doute. De mon côté j’ai l’impression qu’il y a des redites, et c’est ce qui m’interdit de mettre une note plus élevée malgré le génie de certaines parties.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Ebola
Black Metal Folk Dépressif
2019 - Zero Dimensional Records
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Ebola
Ebola
Black Metal Folk Dépressif - 2014 - Japon
  

tracklist
01.   朝霧 - Asagiri
02.   九重 - Kokonoe
03.   由布 - Yuhu
04.   立石 - Tateishi
05.   鶴見 - Tsurumi
06.   直川 - Naokawa
07.   山香 - Yamaga
08.   大神 - Oga
09.   末広 - Suehiro

Durée : 50:03

parution
1 Mars 2019

voir aussi
Ebola
Ebola
II

2017 - Autoproduction
  

Mortal Scepter
Ethereal Dominance
Lire la chronique
Entretien avec CAGE FIGHT
Lire le podcast
Entretien avec DEATH DECLINE
Lire le podcast
Motocultor 2026 - Live Report
Lire le dossier
Exumer
Death Mask Messiah
Lire la chronique
Interview avec HEART ATTACK
Lire le podcast
La photo mystère du 1 Septembre 2026
Jouer à la Photo mystère
Ninth Realm
Damnation's Veil
Lire la chronique
Mucky Pup
Lemonade
Lire la chronique
D.R.I.
4 Of A Kind
Lire la chronique
Orph
Dead (EP)
Lire la chronique
Maidenhead
Maximum Clonage
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Août 2026
Jouer à la Photo mystère
Warthrash
No Light Shall Remain
Lire la chronique
Uncontrolled
…No Hope (EP)
Lire la chronique
Forced Entry
Uncertain Future
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Août 2026
Jouer à la Photo mystère
Eradikated
Wiring Of Violence
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Juillet 2026
Jouer à la Photo mystère
D.R.I.
Crossover
Lire la chronique
Abuser
Blood Marks
Lire la chronique
Carnivore A.D.
Transmutation (EP)
Lire la chronique
Vice & Rale
Infection fatale (EP)
Lire la chronique
Extinct
In Conspiracies We Trust
Lire la chronique
D.R.I.
Dealing With It!
Lire la chronique
Cro-Mags
Near Death Experience
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Juillet 2026
Jouer à la Photo mystère
Hellfest 2026 - Tales From The Pit
Lire le dossier
Endless
Incantation of Darkness
Lire la chronique
Pro-Pain
The Truth Hurts
Lire la chronique
Bewitched
Diabolical Death Mass
Lire la chronique