chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
167 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
Burial - Rel... » Hyadningar »

Tempestarii - Chaos at Feast

Chronique

Tempestarii Chaos at Feast
Dites voir, les blackeux de chez nous, ça vous dérangerait vraiment d’aller honorer un label français, profondément artisanal, tenu qui plus est par une artiste de talent qui s’efforce de signer des groupes originaux et surprenants ? Je me permets de vous poser la question, étant donné que les sorties de Transcendance restent loin de s’attirer autant de succès que mérité. On vous met sous le nez un groupe formé par un ancien de SubRosa, qui propose un album court, intense et personnel, et vous, vous faites la fine bouche. Vous mériteriez une reformation de Nehëmah avec Hreidemarr au chant, tiens.

Je râle un peu, mais sans déconner, il y a de quoi. Une pyramide maya perdue dans un tempétueux chaos, au sommet de laquelle s’ouvre un terrible vortex, ça ne vous attire pas ça ? Une oreille de jetée, et tout le reste suit pourtant. Tempestarii fait dans le bouillonnant, le dominateur, l’écrasant. La production toute taillée dans l’obsidienne, épaisse et acérée à la fois, vous saisit au col d’entrée de jeu. L’album se dévoile dans une homogénéité de son impressionnante. Il se dégage quelque chose de très ombrageux, de monumental. Votre oreille prendra sûrement un peu de temps à démêler tout ça à la première écoute, à discerner les lignes de guitare et les mélodies. Les blasts réverbérés sont eux aussi méchamment hostiles, martèlement lointain et redoutable qui participent à ce grand tourbillon sonore.
Tempestarii reste dans ses hauteurs. Il ne se donne pas réellement la peine de descendre à notre échelle. Tout ici évoque des sommets hors d’atteinte, où la matière cesse d’être pour laisser place à l’Ailleurs où trônent d’insoupçonnables puissances. La musique du groupe donne l’impression de venir se fracasser depuis l’extérieur sur les maigres barrières atmosphériques qui séparent encore notre petit monde bien étiqueté de l’inconnu total qui s’étend au-dehors. Quelque chose, là-haut, en a eu assez de la présomption de ces petits bipèdes prétentieux, et a décidé de venir mettre des coups de boutoir à nos repères, histoire de nous rappeler à notre juste place.

L’entité ne manque à aucun moment de subtilité, malgré l’intensité de ses assauts. Les mélodies en trémolo-picking sont construites sur des motifs relativement simples en eux-mêmes, mais élevés très haut grâce à des rythmiques cyclopéennes en arrière-plan. Voyez la fin de « Deathwards Xibalba », où les leads presque épiques grimpent, tournoient, pour finalement se taire et s’élever à nouveau quand d’énormes accords massifs viennent s’écraser sur nos fronts. Tempestarii serait presque classable dans une hypothétique case « black metal atmosphérique brutal ».

Quatre pistes longues, menées très majoritairement blast battant, soutenues par une voix distante et menaçante manifestement fatiguée de devoir retenir les coups que méritent pourtant bien les faibles créatures d’en-bas. Et pour majestueuse que soit la musique de Tempestarii, elle se montre capable d’une vraie malice. Sur « Our Spears Point to Heaven », la même mélodie en forme de chute nous rattrape à chaque fois que nous pensons atteindre les tréfonds de l’abîme, pour mieux nous laisser choir à nouveau. Une forme de sadisme, mais non pas petitement mesquine. Plutôt de l’ordre de l’anathème qui estime qu’un simple renversement ne suffirait pas à punir nos méfaits. Il faut que la chute soit longue, raide, brusquement interrompue, puis abrupte à nouveau. Que nous ayons le temps de voir le terme venir.

Le pinacle de l’album arrive sur « Aeternus », avec sa mélodie pantocratique et ses incantations déclamées. La toute-puissance se manifeste en un ouragan de mélodies arpégées qui culminent finalement, après une longue chevauchée impitoyable, sur des dorures émaillées d’onyx proprement sublimes, faites de notes entremêlées et de murmures. Grandiose.

L’album s’achève en laissant une certaine empreinte dans les oreilles et l’esprit. L’écoute s’est faire particulièrement immersive. Le son est si dense et si vaste qu’il emporte réellement avec lui à la rencontre de ses entités salvatrices décidées à mettre un terme aux inepties humaines. De SubRosa, le bassiste a ramené un goût pour le son écrasant et les sons épais, mais mis cette fois au service de colère et de la fureur venue de plus haut. Chaos at Feast est une très belle pièce, qui ne souffre pas de réel défaut, mais qui pourrait exploser encore davantage. Encore un peu d’intensité, des riffs plus cruels encore, et nous pourrions bien être face à un troisième album proprement référentiel.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Tempestarii
Black Metal
2020 - Transcendance
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Tempestarii
Tempestarii
Black Metal - 2012 - Etats-Unis
  

écoutez
tracklist
01.   Deathwards Xibalba  (10:37)
02.   Our Spears Point to the Heavens  (08:08)
03.   Aeternus  (09:12)
04.   High Celestial Peaks  (09:47)

Durée : 37 minutes

parution
15 Octobre 2020

Essayez aussi
Runespell
Runespell
Order Of Vengeance

2018 - Iron Bonehead Productions
  
Nightbringer
Nightbringer
Terra Damnata

2017 - Season Of Mist
  
Ernte
Ernte
Der schwarzen Flamme Vermächtnis

2026 - Purity Through Fire
  
Arkha Sva
Arkha Sva
Gloria Satanae

2007 - Aura Mystique Productions
  
Seder
Seder
Sunbled

2020 - Northern Silence Productions
  

Suicidal Tendencies
Lights... Camera... Revolut...
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Mars 2026
Jouer à la Photo mystère
10 ans de vidéo SAKRIFISS / Le top 50 des groupes marquants
Lire le podcast
Cryptic Shift
Overspace & Supertime
Lire la chronique
Deathraiser
Forged In Hatred
Lire la chronique
R.I.P. Soldier
The True Soldiers Never Die
Lire la chronique
Cro-Mags
Best Wishes
Lire la chronique
Venthiax
Rites Of Ra (EP)
Lire la chronique
Archaic
The Endgame Protocol
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Mars 2026
Jouer à la Photo mystère
Slakter
Infernal Exekution Reign
Lire la chronique
Norwalk
Psycho Mirror
Lire la chronique
Megadeth
Megadeth
Lire la chronique
None So Live - Cyrptopsy / 200 Stab Wounds / Inferi / Corpse Pile
Lire le podcast
Breizh Death Metal Party 2 Live Report
Lire le podcast
Agressor
Deathreat
Lire la chronique
Deathraw
Reduced To Ashes (EP)
Lire la chronique
Cro-Mags
The Age Of Quarrel
Lire la chronique
Barbarian
Reek Of God
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Février 2026
Jouer à la Photo mystère
D.R.I.
Dirty Rotten EP (EP)
Lire la chronique
Furi Helium
No Altar Stands Eternal
Lire la chronique
Power Abuse
Madness Inside
Lire la chronique
Kreator
Krushers Of The World
Lire la chronique
Dementia
The Insanity Chronicles
Lire la chronique
Live Report Tanork - Skelethal
Lire le podcast
Crystal Sun
The Trace You Left
Lire la chronique
Live Report Esodic - Anthares
Lire le podcast
La photo mystère du 1 Février 2026
Jouer à la Photo mystère
Dreaggan
Eternal Fire (EP)
Lire la chronique
Misfire
Product of the Environment
Lire la chronique