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Vígljós - Tome II: Ignis Sacer

Chronique

Vígljós Tome II: Ignis Sacer
Depuis quelques années le Black Metal nous offre des concepts surprenants et très éloignés du Diable et du satanisme qui ont pendant longtemps fait sa renommée, car entre les hommages à la nature et au paganisme ou encore l’inspiration sur la mer et ses dangers on peut aisément dire qu’il y en a aujourd’hui pour tous les goûts. Pourtant jusqu’à présent il manquait une thématique jamais encore explorée… le miel et les abeilles, et non il n’y a aucun rapport avec la sitcom culte signée Ab Productions avec Mallaury Nataf vu que VÍGLJÓS (vu que c’est de ce groupe dont il s’agit) depuis ses débuts en 2023 a décidé de ne rien faire comme tout le monde, et ce malgré une musique relativement classique qui fleure bon les années 90 avec ce qu’il faut de voix hurlée, d’ambiances planantes au synthé et de riffs aiguisés aux accents légèrement épiques. C’est donc sombre et authentique (rien à voir donc avec du Post-Black moderne à capuches) mais la thématique comme les textes vont explorer de nouveaux horizons peu mis en valeur, et après un premier volet l’an dernier (« Tome I: Apidæ ») où l’apiculture était prépondérante le quatuor va aujourd’hui parler d’un champignon ravageur… le Claviceps Purpurea, plus connu sous la dénomination d’ergot de seigle, et dont les ravages au moyen-âge sont particulièrement documentés. Provoquant hallucinations, douleurs et même nécroses tout cela est finalement totalement raccord avec la musique proposée qui va se montrer légèrement moins brute et directe que lors de son passage au sein des ruches, pour proposer ici une vision plus atmosphérique, mystique et professionnelle… tant au niveau de la production que de l’exécution globale.

Néanmoins il va encore manquer un truc à ce projet pour passer un cap car si tout est relativement cohérent cela reste finalement assez gentillet et même parfois manquer de couilles, se trouvant ainsi un peu ralenti dans sa démarche par des longueurs évitables et des plans répétés en boucle inutilement. C’est cela qui va apparaître dès la fin de l’intro médiévale où violon et mellotron se mélangent (« Sowing ») avec l’apparition de « A Seed Of Aberration », où le chant écorché aux légers accents de Nattramn (SILENCER) va retentir au milieu de variations régulières entre vitesse débridée, mid-tempo remuant et passages plus lents et rampants qui ajoutent ainsi de la froideur à un rendu déjà très humide. Si ça sonne totalement nordique ça garde une certaine personnalité tout en étant sans fioritures, propre et exécuté tranquillement... même si ça se montre rapidement prévisible, et presque interminable. Dommage car on décroche un peu en cours de route et ça n’est pas avec le désespéré et triste « The Rot » qu’on va retendre l’oreille, car ici la rythmique ne va jamais décoller en restant calée en continu sur un versant Doom certes fort sympathique mais qui va accentuer le sentiment de répétition global. Proposant une grande nostalgie dans ces ambiances (où se greffent quelques accents éthérés très agréables) le rendu y est glacial et neigeux et joué encore plus simplement, et un soupçon de dynamisme conjugué à plus de diversité aurait permis à cette plage d’être plus addictive, malgré ici des qualités évidentes qui font un peu oublier les imperfections citées.

Et puis une fois cette doublette terminée l’intérêt va augmenter avec « Claviceps » particulièrement épique et entraînant, mais qui sous ses airs joyeux montre un grand désespoir des paysans tant il semble que les différents fléaux naturels aient encore frappé... tout ça grâce à une écriture plus inspirée et une variété plus marquée, qui font que l’accroche instantanément au sein de cette ambiance saisonnière de bon goût avec son riffing coupant et un vocaliste possédé qui se mêlent aisément à l’ensemble. Il n’est donc pas surprenant que toutes ces bonnes choses entendues ici continuent sur « Delusions Of Grandeur » où quelques nappes de clavier nocturne vont venir égayer une composition bien énervée où la crasse se ressent dès les premiers instants, avec une noirceur exacerbée et quelques relents Punk pas dégueulasses. Jouant autant sur le jour que la nuit le résultat va donc dévoiler deux versants où le dynamisme et l’énergie causés par la famine et la mort s’entremêlent avec la renaissance des récoltes et du soleil resplendissant, amenant donc beaucoup d’espérance au milieu de cette fraîcheur où la pourriture laisse place aux bourgeons en jouant habilement sur les différentes vitesses. Nulle surprise donc que cela s’enchaîne allègrement avec le bien-nommé « Decadency And Degeneration » qui malgré son côté pépère va voir l’apparition d’harmonies au niveau des guitares et de blasts énervés (certes courts mais présents), pour un ressenti automnal où ça sature autant que ça relâche la pression avec quelques relents guerriers bien troussés. Propice à la mélancolie cette plage qui joue le yoyo du côté de la rapidité comme la lourdeur reste malgré tout assez planplan et nous embarque dans un voyage agréable inspiré par les tableaux champêtres de Jean-François Millet et les clairs obscurs sublimes de Georges de la Tour. D’ailleurs l’œuvre de ses grands maîtres va encore s’épaissir avec le sympathique « Harvest » où les douces notes sentent bon les feuilles mortes qui tombent et la rosée du matin en gardant une maîtrise très posée sans que ça n’accélère jamais véritablement, vu qu’on est sur un bridage constant mais jamais non plus exagéré où ça ne se brusque pas et clôture ainsi un disque aux accents campagnards maîtrisé dans les grandes lignes mais qui aura du mal à s’extirper de la masse de sorties.

Car il est évident qu’il en faudra plus à l’entité à l’avenir pour pouvoir espérer cela, c’est bien foutu et on se balade élégamment dans les forêts et terres agricoles sans qu’on n’y trouve rien à y redire, même si ce côté terrien comme aérien se fait au détriment d’une virulence mise sur le côté et qui a parfois du mal à exister... surtout quand ça dure au final pendant presque quarante-trois minutes. Cependant malgré ses imperfections ce long-format a un réel charme tant sa sincérité transpire par tous les pores, et d’où émergent des rituels de remerciement envers l’aide divine des dieux anciens comme du christianisme. Désormais il va falloir que ses auteurs passent réellement un cap peut-être déjà en prenant plus leur temp, vu qu’ils ont sorti deux opus en à peine seize mois et que même si les idées sont là elles demandent à être mieux assimilées comme appréhendées. Cela sera nécessaire dans le futur afin que ces belles promesses ne soient pas perdues dans les limbes hallucinées et hallucinantes des pléthoriques publications hebdomadaires, ce qui serait dommage car le potentiel des Suisses n’a pas encore été exploité correctement... un soupçon de simplicité supplémentaire et ça devrait être bon pour la prochaine fois.

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Vígljós
notes
Chroniqueur : 7/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

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Vígljós
Vígljós
Black Metal - 2023 - Suisse
  

tracklist
01.   Sowing
02.   A Seed of Aberration
03.   The Rot
04.   Claviceps
05.   Delusions of Grandeur
06.   Decadency and Degeneration
07.   Harvest
08.   Fallow – A New Cycle Begins

Durée : 43 minutes

line up
parution
19 Septembre 2025

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