Comme beaucoup de monde, j’aime être surpris, du moins musicalement. Je n’aurais pourtant pas misé une pièce sur le potentiel artistique de
DIMHOLT mais me voilà, écoute après écoute, totalement conquis par ce
MetaForm, troisième album des Bulgares produit en Belgique par l’incontournable
Déhà. Les raisons de cet enthousiasme franc sont nombreuses, à commencer tout simplement par la qualité même de ce
black metal moderne qui pourra rappeler la puissance d’un
BEHEMOTH sans l’emphase théâtrale ou l’obscurantisme parfois dissonant de
DEATHSPELL OMEGA. Certes, nous sommes techniquement et expérimentalement en-dessous de ces références, les comparaisons étant avant tout là pour tenter de situer l’objet sans parvenir toutefois à le cataloguer parfaitement.
Il est pourtant d’un abord difficile ce disque avec ses huit compositions allant de cinq à dix minutes mais jamais je ne ressens l’envie de passer une piste pour aller directement à la conclusion. La cause en est somme toute évidente : les titres sont variés. Non pas variés au sens où ils passent du coq à l’âne car, en la matière, le LP se présente tel un bloc noir homogène et dense, plutôt variés au sens d’évolutifs, construits autour de tempos multiples allant des blasts aux ralentissements ritualistes, les guitares œuvrant elles aussi dans le multidirectionnel. Certes, la part belle est donnée aux riffs et rythmiques mais la formation n’est pas non plus avare d’arpèges, de mélodies étranges, de moments ambiancés (« Reality in Timeless Comatose ») qui rendent l’œuvre finalement fascinante, étonnante, voire pragmatiquement addictive. Étonnant qu’aucun label ne soit derrière l’engeance.
Ainsi, morceau après morceau, le quintette réalise une véritable démonstration de talent et de créativité qui, par certains aspects, me rappelle l’orientation complexifiée prise par
BARSHASKETH pour son
Antinomian Ascetism de 2025, en plus massif, compact. L’équilibre est donc parfait entre une musique fondamentalement exigeante, ce n’est pas du
black metal générique, néanmoins encore ancrée dans la recherche mélodique, le chanteur
Woundheir étant à ce titre l’un des grands architectes de la mémorabilité de l’opus tant ses lignes vocales s’avèrent soignées, étrangement émotionnelles derrière l’agression initiale jamais déclinée en version claire. Pour tout dire, je le trouve très « français » cet album, impression renforcée par la découverte d’
Epistēmē (2019) et que je ne saurais objectivement expliquer même si elle m’habite cependant à chaque seconde.
Voilà un article certainement trop bref pour rendre compte d’une sortie de ce niveau mais, en l’absence d’aspérités auxquelles m’accrocher, je ne peux que louer l’inspiration permanente, que le discours soit belliqueux (« Tomb of Molten Stars ») ou inscrit dans une forme de retenue anxiogène, le résultat entrant quoi qu’il en soit instantanément dans mes découvertes de l’année.
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