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Defamatory - Path Of No Return
Chronique
Defamatory Path Of No Return
Depuis quelques années la scène Death de Colombie ne cesse de gagner en compétitivité… aussi bien sur son continent qu’à l’international, vu qu’elle s’impose désormais comme la troisième place forte d’Amérique du Sud juste derrière l’intouchable Brésil et le productif Chili. Ayant désormais trouvé une relative stabilité politique comme sécuritaire la nation autrefois gangrénée par les cartels et les Farc voit aujourd’hui une nouvelle génération toujours prête à prendre les armes... mais de façon pacifique cette fois-ci, car en moins d’une décennie on a pu voir émerger CASKET GRINDER et surtout OSSUARY qui ont donné leurs lettres de noblesse au Metal de la mort local qui ne manque pas d’atouts. Si le premier a rangé ses instruments et que le deuxième doit revenir prochainement avec un nouvel album sous le bras, pour le reste on va s’intéresser aujourd’hui à DEFAMATORY qui explose enfin au grand jour presque dix ans après sa formation à Medellin. Ayant publié un premier opus autoproduit en 2017 le quatuor revient enfin avec un successeur qui a tout pour briller au grand jour, car outre une signature chez Awakening Records (qui a pris l’habitude de signer des noms de ce pays) ce long-format frontal, énervé et à l’esprit rétro a clairement les ingrédients pour faire partie de belles promesses à suivre dans un registre hyper concurrentiel.
Car sans se poser de questions ni prétendre révolutionner quoi que ce soit l’entité livre ici une petite demi-heure montre en main qui va défourailler sévère et montrer que dans ce registre bas du front elle est franchement efficace, notamment via des morceaux courts qui ne s’encombrent pas d’excédents techniques. En effet dès les premières notes de « Degrading Being » on va avoir droit à une écriture vindicative et sans compromissions où ça joue vite et fort la plupart du temps, sans oublier de poser quelques ralentissements bienvenus pour aérer tout cela et créer ainsi un rendu impeccable porté par du riff sans chichis et un frappeur qui fait ce qu’il faut pour ne pas se répéter trop rapidement. C’est donc très efficace, granuleux et sec avec ce qu’il faut de violence comme de lourdeur… ce que « Ascent Into Decay » et « Summoning Hate » vont appliquer de façon plus marquée en jouant ici la carte du grand écart très affirmé, entre tabassage incessant et passages bien massifs où la noirceur s’en trouve renforcée. Avec en bonus une vision musicale plus simple mais pas simplissime le groupe livre donc une doublette impeccable avant l’arrivée de « Elusive Truth » rampant au possible et où ici toute forme d’explosivité est absente, afin de laisser place à sa démarche la plus bridée et suffocante. Mettant donc plus d’obscurité dans un rendu déjà très opaque celui-ci livre une composition qui de plus n’est absolument pas répétitive, tant on est pris à la gorge par cette nuit intégrale et ces riffs inquiétants qui montrent que même dans ce registre plus dense les gars restent cohérents dans leur écriture, vu que ça ne dépareille pas par rapport au reste. D’ailleurs après un retour à un relatif équilibre des forces sur les impeccables « Path Of No Return » et « Cauterizing God » c’est le très Punk « Corruption Of The Corpse » qui déboule en force en jouant sur une radicalité plus exacerbée, tout en gardant la même ligne de conduite. C’est donc frontalement plus simple que le reste déjà entendu et porté par une explosivité plus flagrante… mais sans jamais qu’on ait de sentiment de lassitude (vu que seulement deux plages de cette galette dépassent les quatre minutes), et c’est tant mieux avant que le tout ne se termine via les redoutables et équilibrés « Maledictory » et « Ritual Torment » où du mid-tempo implacable fait son apparition, donnant ainsi instantanément l’envie de headbanguer comme un dératé.
Cela clôture donc avec brio et homogénéité un enregistrement sans fautes de goût qui s’écoutera facilement et avec le même plaisir à chaque fois, vu que ça passera aussi bien dans le crâne en mode dilettante qu’en écoute plus attentive tant ça groove en continu sans que jamais l’attention ne faiblisse. Simple dans sa façon d’être joué et possédant une efficacité continue ce chemin sans retour a suffisamment d’arguments pour qu’on prenne la peine de s’y attaquer directement sans réfléchir, confirmant que tout ce qui vient actuellement de la nation du célèbre Fernando Botero mérite largement que l’on s’y attarde. Et même si ça peut finir à la longue par se ressembler quelque peu du fait de plans légèrement interchangeables et prévisibles, on ne fera pas la fine bouche devant ce déluge bruyant et implacable taillé pour la scène et pour rentrer aisément et pour longtemps dans l’esprit des plus motivés comme des réticents professionnels.
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