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Deathroner - Death To All
Chronique
Deathroner Death To All
On connaît surtout la scène québécoise pour ses fins techniciens du death metal comme Quo Vadis, Augury, Gorguts, Cryptopsy, Martyr, Neuraxis ou Atheretic. Des groupes bien plus mélodiques et influencés par l'Europe que leurs compatriotes anglophones extrémistes menés par Blasphemy, Conqueror, Revenge et compagnie. Mais on trouve aussi au Québec des combos pas très finauds qui n'ont cure des productions soignées et des belles mélodies. Deathroner se place dans cette catégorie. Pas de war metal toutefois pour le quatuor de Jonquière qui se rapproche plus de Slaughter et Sacrifice, pour rester au Canada.
Et donc pas vraiment de "evil speed metal" comme se décrit la formation pour ce premier full-length Death To All sorti début 2011 en tape sur Devil's Blood Production, le label français au logo à la Morbid, et via Morbid Moon Records pour la version CD. Evil, très certainement, mais pas speed metal, même si Exciter et Razor ont dû influencer le groupe d'une manière ou d'une autre et que le speed à l'époque désignait tout type de metal qui va vite. Non ici, on est plutôt dans un thrash qui tâche à forts relents death metal que je qualifierais de raw evil thrash/death. On pense à Slayer, Destruction, Possessed, Mantas/Death, Deicide ou encore Sodom, dans un trip bas du front un peu à la Gravehill en plus thrash. La production crue et sans artifice nous renvoie d'ailleurs directement dans les années 1980. Pareil pour les riffs, très classiques avec cette impression de déjà entendu mais efficaces en diable, entre cavalcades thrash et sonorités evil du death metal. Le chant growlé bestial et surmixé, aussi, quoique les réminiscences du Benton de l'éponyme des tueurs de Dieu le rapprochent plus du début des nineties. Efficace, Death To All l'est donc sans aucun doute. D'autant que Deathroner ne laisse pas de place à la contemplation et bourre tout du long d'une demi-heure sans répit. Seul quelques rares mid-tempos viennent tempérer la sauvagerie du groupe qui ne jure que par le tchouka-tchouka.
Et moi j'aime ça le tchouka-tchouka, une rythmique binaire qui fait appel à nos plus bas instincts. Mais ce que j'aime encore plus, c'est la variété. Et ça, les Québécois ne semblent pas connaître, ce qui plombe un peu un opus sinon très correct. Non seulement le rythme est répétitif mais les riffs aussi, rendant les huit morceaux interchangeables. Et ce n'est pas les solos chaotiques à base de torture de vibrato qui vont changer la donne, même si certains plus construits avec un peu de mélodie, s'avèrent plus intéressants ("Blitzkrieg" à 2'13, "Profanity" à 2'05, "March To War" à 3'33). Deathroner avait pourtant la possibilité de diversifier son jeu sur le sympathique instrumental "Führerprinzip", mais il nous ressort le même genre de riffs que sur les autres titres, sans chant cette fois. Du coup, le côté générique et pas du tout original ressort. On a donc vite fait le tour de ce Death To All dont l'effet "putain ça bastonne grave, j'adore" s'estompe après quelques écoutes. Dommage, car il y avait du potentiel pour montrer davantage, ce dont le groupe est tout à fait capable. Une ligne de conduite cela dit logique puisque Deathroner est avant tout un projet qui se veut primitif, régressif, simple et sans fioriture. Et à ce petit jeu, Death To All n'est pas le plus mauvais, juste un peu trop bête et méchant pour que je savoure sans poser de questions. Typiquement le genre de musique qui prend toute sa dimension en live et dont l'appréciation dépend du taux d'alcoolémie de l'auditeur. Plus t'es bourré, plus c'est bon!
| Keyser 22 Avril 2012 - 1447 lectures |
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1 COMMENTAIRE(S)
citer | pete bondurant 27/04/2012 23:07 | | quitte à y aller bas de plafond on avait deja vomitor....sans moi sur celui là |
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1 COMMENTAIRE(S)
27/04/2012 23:07