« Ø29 », tel est le nom de cette salle parisienne, plutôt orientée électro, où l’on trouve dorénavant également des programmes Metal. Sans pouvoir m’y rendre, j’avais vu en effet circuler l’affiche de THE ACACIA STRAIN / ARO ORA / FUMING MOUTH fin juin, puis d’un plateau Grindcore bien vénère (incluant notamment SULFURIC CAUTERY) pour le 14 juillet. Dès que j’ai appris qu’un nouvel événement s’y tenait ce 24 septembre, j’ai immédiatement noirci l’agenda afin de pouvoir découvrir ce lieu. D’autant plus que les trois premières formations du jour nous sont bien connues et que ce sera un plaisir de les revoir.
Alors, cela se passe dans le XIXe arrondissement près du canal de l’Ourcq, non loin de la Péniche Antipode que l’on vous a déjà présentée pour des concerts Black Metal (BELORE & GRIFFON, MORTIS MUTILATI & MOONREICH et GALIBOT & BOVARY). Le bâtiment est sis rue de l’Ourcq (au 29), et une fois la porte franchie, un long escalier nous amène au sous-sol. On découvre un espace assez spacieux (on y met bien 250 personnes), propre et qui fait assez récent. En rentrant, la scène est sur la gauche et le bar se situe dans le fond. Entre les deux, sur la droite, les stands des groupes qui proposent leur merch.
DEFLESHER
Ah, quel excellent souvenir d’un concert du Klub en 2018, qui m’avait permis de me familiariser avec la musique des Rambolitains ! Et dire qu’il a fallu attendre 8 longues années avant qu’ils ne rejouent à Paris. À nouveau au Klub en mai, au Zorba en juin, et donc au « 29 Ourq » aujourd’hui. Est-ce que cette activité intense serait annonciatrice d’une suite donnée à l’album
Ossuary ? À suivre, mais comme le répertoire de ce soir comprend deux nouvelles compositions, c’est sûr qu’il y a du neuf. Autre commentaire : il y a visiblement eu du changement au niveau du
line-up (au moins pour ce concert) car depuis l’
interview qu’ils avaient accordée à Jean-Clint, où ils se présentaient comme un quintette, ce sont seulement trois musiciens qui s’activent maintenant sur les planches. Plus qu’un seul guitariste (également au chant), toujours un bassiste, et le grogneur qui a troqué son micro pour se retrouver derrière les fûts. On nous demande de nous rapprocher, ce que je fais bien volontiers. « Cocaine Rodeo », ma chanson préférée des compères, est jouée en troisième position : quel plaisir. Plaisir prolongé puisque le trio enchaîne avec « The Gorge of Inexistence », que je découvre. Un titre lourd qui capte l’attention par son martelage en règle et son rythme aussi entraînant qu’entêtant ! La prestation Death Metal des Franciliens se poursuit et j’apprécie toujours autant leur style varié, comprenant solos, accélérations et passages plus
mid-tempo. La petite anecdote de ce
show concerne le batteur (Dimitri) qui foire deux lancements, apparemment en raison de confusions sur la
setlist. Pour le railler, le chanteur nous encourage à lever notre majeur et à bien montrer ce doigt à Dimitri. Quelle solidarité ;-)
Pour les (re)voir, une prochaine date a déjà été annoncée : le
30 octobre au Zorba avec
DE PROFUNDIS.
DARKALL SLAVES
On a à peine publié le
live report du Deathfeast que les Nordistes font déjà reparler d’eux ; on ne risque plus de les oublier ! C’est un groupe de Lille, au détail près qu’un Marseillais figure parmi la bande : le bassiste Alex, également chez
VILE et ex-
RELICS OF HUMANITY (on l’avait vu à Andernach en 2025). Quant au guitariste Mattis, il officiait chez
CENOTAPH jusque l’année dernière, avant de switcher gratteur
live pour
SCATOLOGY SECRETION (aperçu en Allemagne en août dernier). Enfin, le batteur Mathieu joue par ailleurs au sein de
BALANCE OF TERROR et
SUBLIME CADAVERIC DECOMPOSITION. Seul le guitariste Gautier semble se consacrer pleinement à
DARKALL SLAVES. Voilà pour la petite présentation, en sachant que je ne précise les participations que dans les formations les plus « connues », vous trouverez bien plus de détails sur
Metal Archives (aussi au sujet du chanteur Markus). Bon, le quintette se trouve plus serré sur la scène du Ø29 que sur celle du Deathfeast. Ce n’est toutefois pas un problème puisque Markus, qui nous prie de bouger, montre l’exemple en descendant pour
pogoter avec nous. Et cela n’empêche pas Alex et Mattis, qui se tiennent à sa gauche, de se pencher en avant et de se relever en rythme. Ils parviennent en outre à faire une petite place à Renan de
DEVOUR, avec qui ils tournent, pour un
featuring (enfin, si le micro veut bien fonctionner). Pour la
setlist, c’est simple : ils déroulent leur dernier opus
Mephitic Redolence Of The Decomposed (dont la version vinyle vient de sortir) dans l’ordre. C’est rapide, et lourd de chez lourd. Pour connaître leurs influences, vous pouvez vous référer à cette ancienne
interview. Et pour les admirer au sein d’un beau plateau, sachez que
chés hommes apparaissent à l’affiche du
Berlin Desecration Fest 2027.
DEVOUR
Comme ils ont dévoré le fœtus, il ne reste plus que
DEVOUR dans leur nom de groupe. Il s’agit donc bien de
DEVOUR THE FETUS, qui a raccourci son appellation. On voit le quintette tous les ans ces derniers temps : le
Slamming French Brutality Tour en 2024, le
Deathfeast 2025, et donc le Feast of Brutality Tour cette année. Même un peu plus souvent pour le chanteur Renan (ex-
ABSINTHEBOLIK, ex-
AN[OM]ALY) en comptant les concerts de
DARKALL SLAVES où il est régulièrement invité. On ne va bien sûr pas s’en plaindre : gardons ce rythme sans souci ! Cette fois, c’est avec un retard cumulé d’une bonne vingtaine de minutes que les Parisiens commencent leur
set. Le public, dans les
starting blocks, ne tarde pas avant de
pogoter puis de former un
pogo. Il faut dire que les nouveaux titres (six morceaux sur les onze de la
setlist) donnent envie de se remuer. Ils sont issus de l’album
Ravenous, encore inédit, que l’on attend pour le 4 janvier 2027 via
Amputated Vein Records. Si le son est à l’image de ce que l’on entend ce soir, attendez-vous à une énorme énergie, ainsi qu’à de violentes et puissantes déflagrations Slam Death. Pour conclure, les gars sont fidèles à leur tradition et nous jouent « Force Fed Shredded Genitalia », la fameuse
cover de
VISCERAL DISGORGE. Si vous en avez l’occasion, rendez-vous le 28 novembre au
Normandy Metal Fest Extreme 2 qui propose une édition plutôt Thrash/Death, à laquelle nos dévoreurs participeront.
ENGORGEMENT
En dépit d’une faible discographie (deux albums et un
split), ce combo de Guttural Slamming Death Metal, fondé en 2009, dispose pourtant d’une certaine notoriété et se voit régulièrement invité aux festivals spécialisés. Ainsi, après un passage en Suisse pour le Rock The Hell en mai, les Anglais poursuivent leur visite du continent avec ce Feast of Brutality Euro Tour qui les amène en France (Rennes, Paris, Lille) et en Belgique. Ça devait bien faire 10 ans qu’ils n’avaient pas joué dans l’Hexagone, voyons ce que donnent en concert ces mal-aimés de Thrashocore (Niktareum et Jean-Clint trouvent leurs compos trop caricaturales). 40 longues minutes après la fin de
DEVOUR et à 23h00 passées, j’avoue que je suis refroidi et que ça commence à fatiguer lorsqu’
ENGORGEMENT finit par se lancer. Le quartet (dont le batteur est passé dans les rangs de
KRAANIUM) semble de son côté en pleine forme. Le chanteur à casquette (épaulé par le bassiste) adepte des
breee breee descend souvent parmi nous, et la machine est relancée (
pogos et autres mouvements sportifs). On ne comprend pas tout ce qu’il nous raconte (quel accent !), mais suffisamment pour capter l’annonce du
track éponyme de leur
récente sortie. Il s’agit de « Rot Beneath Our Floor », titre censé être l’ultime de la liste concoctée pour la soirée. Mais c’est sans compter sur le rappel (« Resurrection », du même disque), suivi d’applaudissements. Pour revenir à nos chroniques, c’est vrai que le son des Britanniques ne donne pas dans l’innovation. Cependant, les trois bons quarts d’heure du
live se montrent frontaux et dévastateurs, ce que l’on vient chercher en se rendant à ce type d’événement. Quant à eux, ils témoigneront sur les réseaux avoir apprécié notre énergie :-). Pour vous faire une idée par vous-mêmes, ils passeront en mai au
Nice To Eat You Deathfest en République tchèque puis au
Berlin Desecration Fest 2027 (en compagnie de
DARKALL SLAVES).
Il est minuit. Même si je me suis tapé les bouchons à l’aller, c’était judicieux de venir en voiture, car cela aurait pu être compliqué de rentrer en RER à cette heure en semaine. C’était en tout cas une bonne soirée qui m’a permis de revoir du beau monde, dont notre lecteur Gambrinus62, impressionnant connaisseur de la scène Metal. Le Paris Blasting fest du lendemain (aussi organisé par Adeline) l’avait fait venir. Ayant loupé cette date Fastcore (avec CIVILIAN THROWER, FALSE, GLADBECK…), ça m’intéresse si quelqu’un peut raconter ce qu’on ne pourra pas chroniquer !
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