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Critical Defiance - Rivers Of Blood
Chronique
Critical Defiance Rivers Of Blood
Ce qui est bien avec le groupe Chilien c’est qu’il est régulier du côté du rythme de ses sorties qui ne se font jamais trop attendre, et ce malgré les mouvements incessants de personnel en interne vu que ce quatrième opus n’échappe pas à cette règle avec l’arrivée de deux nouveaux membres aux âges diamétralement opposés, la jeunesse du côté de la basse et l’expérience du côté de la guitare solo… qui vont livrer une prestation propre et efficace. Expédié en un peu moins d’une demi-heure ce cru 2026 ne va pas laisser un instant de répit (dans le bon comme mauvais sens du terme) en lorgnant vers le versant expéditif de
« No Life Forms », confirmant donc que le leader de la formation aime bien varier les plaisirs en passant aisément d’un disque rudimentaire et mené tambour battant à un autre plus ambitieux où les ambiances ont le temps de s’installer. Désormais signé chez Dying Victims Productions le quintet a donc en théorie tout pour réussir sauf que les choses ne vont pas se passer comme prévu, et le rendu mitigé de « The Search Won’t Fall… » va cette fois perdurer et même carrément agacer tant il y avait les moyens de faire simple plutôt que de compliquer les choses comme cela va être souvent le cas ici.
Heureusement tout ne va pas être à jeter sur ce long-format, loin de là… mais régulièrement le combo va se compliquer la vie en ajoutant à ses compositions simples et rentre-dedans des guitares acoustiques latinos qui vont tomber comme un cheveu sur la soupe, et alourdir un rendu qui pouvait très bien faire sans cela. L’autre point qui va surprendre voire même dérouter c’est cette production très hermétique et naturelle, idéale pour le côté Black qui va régulièrement ressortir de l’ensemble des titres présents… car tout ici est froid, neigeux et comme pris dans une tempête hivernale où l’obscurité est de mise (d’autant plus avec un chant criard et quelques légères influences du grand DISSECTION), et qui après quelques minutes d’écoute vont passer assez facilement tant ça s’agrège finalement assez correctement au contenu proposé. La preuve immédiatement après l’introduction avec le varié et incisif « Innate To Kill » débridé dans tous les bons sens du terme, tant ça joue vite et fort en tabassant la majeure partie du temps sur fond de riffs aiguisés et où ça n’oublie pas de lever le pied via des passages mid-tempo redoutables et parfaits pour secouer la tête. C’est cru, gelé et ça ne se pose pas de questions en faisant le boulot de manière impeccable, même si on se doute que ce genre d’écriture va très rapidement être monotone et répétitive… mais pour l’instant cela n’est pas le cas et après cette très bonne entrée en matière la bande va poursuivre avec le tout aussi réussi « The Feeling Destroyer » aux deux versants opposés, le premier fait de successions d’explosivité et le second plus en médium aux accents épiques où l’envie de headbanguer est constante. Se collant parfaitement dans l’ambiance de l’hiver austral cette plage fait elle aussi tranquillement le job avant que ne déboule le Heavy et accessible « Rivers Of Blood », qui sans être transcendant arrive à captiver à défaut de mieux… tant ça manque un peu de couilles et surtout se répète très rapidement du fait d’une boucle interminable jouée en continu.
On a donc compris quand sans être grandiose cette première moitié de disque fait le boulot comme on l’espérait, offrant ce qu’on attendait en matière de brutalité comme de mélodie… même si tout cela sera déjà oublié en un temps record, d’ailleurs les choses vont brutalement s’accélérer dans le mauvais sens avec « Valparaiso », qui est un hommage à la ville de ses auteurs mais qui vont hélas vont s’embourber du fait d’un mélange alambiqué et difficilement digeste. Se démarquant par son chant en espagnol cette composition va surtout partir dans toutes les directions sans véritable ligne artistique, hésitant à aller vertement vers la violence (pas totalement absente mais discrète) ou la musique traditionnelle locale… celle-ci étant mise sur le devant de la scène avec des ambiances éthérées et atmosphériques surprenantes (où les amplis sont ainsi débranchés), qui cassent la dynamique générale et surtout s’éternisent à n’en plus finir vu qu’il faut subir cela pendant huit minutes où les côtés planants sous acides n’arrivent pas à se greffer correctement aux passages où l’électricité est reine. C’est bien d’être ambitieux mais encore faut-il que cela tienne la route et soit cohérent, et ça n’est pas le cas hélas ici et on a hâte que cela se finisse pour passer à autre chose et surtout plus inspiré, ce qui heureusement va se retrouver de façon positive où l’on voit le retour en force de la radicalité comme de l’explosivité. En effet « Dead Tongues » (suivi ensuite par l’équilibré et énergique « Glorify War ») va retrouver de l’allant en jouant sur les versants les plus furieux de l’entité de façon primitive et rétro où la rapidité reste donc permanente, et bien que cela ressemble beaucoup à ce qui a été entendu en amont ça reste fort agréable à écouter, même si on sera sans doute déjà passé à autre chose dès la dernière note jouée.
On ne sait donc pas trop quoi penser de cette galette faite de trop de choses, de cassures comme d’expérimentations douteuses ainsi qu’une radicalité fatigante qui ne tient pas le choc à la longue… même si ça contient quelques réussites sympathiques qui ne passeront pas en revanche l’écueil du temps. Confirmant donc qu’il n’arrive pas à garder une ligne directrice cohérente au fil du temps CRITICAL DEFIANCE montre un déclin persistant et qu’on sentait hélas venir récemment, et l’on ne peut que conseiller à ses auteurs de rester dans leur zone de confort directe, énergique et avec quelques relents guerriers bien juteux où ils captivent facilement l’attention. Ici ils y parviennent mais en de trop rares occasions en se recyclant de manière éhontée et presque assumée, un comble quand on voit le potentiel présent à bord… mais bon comme ça semble être le bazar en interne cela n’est guère étonnant, et il est presque acquis par la prochaine livraison du gang sera décisive pour son avenir qui s’obscurcit franchement aujourd’hui. Et si on ajoute à tout cela cette pochette infâme et peu ragoûtante ça ne va non plus donner l’envie de se pencher sur cette œuvre trop inégale et bancale pour qu’on y revienne, alors que ça ne dure que trente-et-une minutes en plus (mais donne parfois l’impression de durer le double)… un comble !
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