Avec des membres (entre autres) de
BESTIAL INVASION,
COSMIC JAGUAR et
TRIA PRIMA, le risque en acceptant la chronique de
Locomotive of Chaos, quatrième LP de
VIOLENT OMEN, était minime. En effet, difficile d’imaginer que ces musiciens se foirent, surtout en pratiquant un style qu’ils affectionnent particulièrement : le
techno thrash metal. Sans compter que le trio a de la bouteille, ne serait-ce que sous ce nom, puisque actif depuis 2009. Par conséquent, si
Nocturnus Records est certes un label indépendant confidentiel, cela n’entache en rien la qualité de cette parution. Décidemment, 2026 nous gâte en matière de
thrash technique…
Nous passerons donc sur cet intitulé et cette illustration peu fameuse pour nous concentrer sur la virtuosité globale ainsi que l’hommage sous-jacent à ces géants que sont
ATHEIST ou
PESTILENCE. Riffs tarabiscotés, compositions à tiroirs multiples, syncopes, chant raclé, nous avons là à peu près toute la panoplie du genre, ramassée en trente-quatre minutes. Autant dire que les musiciens savent aller à l’essentiel, ne se perdant jamais dans les limbes du progressif outrancier. De la dextérité, oui, du talent, assurément, mais surtout la lucidité de rester systématiquement efficace. D’ailleurs, cette efficacité, l’auditeur se la prend pleine poire dès l’ouverture éponyme, un titre dingue qui s’enflamme complètement à 02:58, le guitariste donnant absolument tout ce qu’il a au cours d’un solo possédé.
Evgeniy Maestro fait tout au long de l’album une démonstration de ses capacités tant en
leads (le majestueux « Shared Sky » par exemple) qu’en rythmiques aux variations hyper nombreuses.
La formule trio a un autre avantage : celui de mettre en avant le jeu de basse inspiré de
Metal Priest, également vocaliste. Ce dernier nous régale de ses lignes complexes, tantôt en renfort de la batterie, tantôt en appui de la guitare, souvent suivant sa propre voie pour un résultat détonnant, simplement excellent. Difficile de désigner une composition ou une autre comme sortant du lot, c’est avant tout la constance de l’inspiration qui marque l’écoute, la versatilité, la liberté de ton adoptée par les Ukrainiens. Ainsi, des radicaux « Killdozer Rampage » / « Telling Lies » en pensant par l’esprit alambiqué de
Schuldiner (« Path of Illumination ») voire en proposant des éléments qui insistent davantage sur la lourdeur (« Unit 731 »),
VIOLENT OMEN démontre à chaque instant sa maîtrise, son élégance également tant l’album transpire la classe. Bordel, ces solos !
Direct dans mon top
thrash 2026.
2 COMMENTAIRE(S)
11/10/2026 07:53
10/10/2026 19:34