Phantom Corporation / Catbreath - Commando / Die By The Claw
Chronique
Phantom Corporation / Catbreath Commando / Die By The Claw (Split-CD)
Alors qu’il nous a gratifiés il y a moins d’un an du très bon
« Time And Tide » revoilà déjà PHANTOM CORPORATION avec du nouveau son sous la forme de quatre morceaux inédits, le quintet étant actuellement dans une phase assez productive celui-ci ne souhaite visiblement pas perdre de temps pour publier tout cela… et il a clairement raison ! C’est aussi le cas pour leurs compatriotes de CATBREATH qui après le sympathique
« Slice 'Em All » publié en 2024 a déjà de la nouveauté à offrir dans la même quantité, et de fait les deux groupes ont décidé de s’associer pour publier tout cela sous la forme d’un Split très sympathique et idéal pour l’été tant les styles proposés par chacun ne se posent aucune question et s’écoutent tranquillement sans aucune difficulté. Autant dire que personne ne va changer son fusil d’épaule et c’est bien le principal vu qu’on sait totalement à quoi s’attendre musicalement, et c’est exactement ce que l’on recherche vu que ça va reprendre avec toujours la même efficacité ce qui a fait la réussite des précédentes publications des deux formations.
Débutant par une courte introduction acoustique afin d’amener du calme avant la tempête sonore l’entité de Leif Jensen va ensuite partir pied au plancher sur l’impeccable « When All Roads Lead To Hell » aux deux parties distinctes, la première expédiée de façon débridée et énergique et la seconde alourdissant fortement son propos créant ainsi quelque chose de dense et puissant qui rappelle par moments les grandes heures de DEW-SCENTED. C’est donc absolument sans surprises mais une fois encore l’expérience du combo fait toute la différence celui-ci sachant comment être efficace sans en faire des tonnes, et si on pouvait reprocher à sa précédente livraison d’aller parfois trop loin dans la radicalité comme la vitesse il va ici montrer qu’il peut clairement ralentir la cadence sans y perdre en agressivité, comme le prouve le redoutable « Deep Well ». Particulièrement rampant, froid et oppressant ce titre mise sur le bridage intense à l’opacité redoutable tout en balançant un groove communicatif qui fait mal aux cervicales, ponctué de quelques explosions brutales qui offrent donc une vraie homogénéité à l’ensemble qui se révèle bien plus profond qu’on ne pourrait le croire, et surtout jamais lassant… preuve donc de la qualité d’écriture de cette plage hyper efficace à l’instar du très court et furieux « World Of Hate ». Balançant la purée en moins d’une minute chrono l’entité nous la joue ici en mode rudimentaire joué à fond la caisse avec quelques relents Grindcore, idéal donc pour faire douter ceux qui pensaient que cette dernière s’est assagie vu que ce n’est pas le cas… et pour finir de la meilleure des façons après ce tabassage intensif place au varié et entraînant « Phantom Kommando » qui clôt les débats de façon impeccable, là encore en passant en revue une grande partie des rythmiques disponibles.
Autant dire qu’après tout cela on a de quoi être satisfait de ce résultat qui continue sur la même lancée de que ce que ses auteurs nous ont envoyé dans un passé récent, en y injectant un soupçon de variations supplémentaires qui n’est pas négligeable qualitativement… et de fait ceux-ci placent la barre très haut pour leurs compatriotes de Kiel, qui ne vont néanmoins pas avoir à rougir en obtenant également un résultat à la hauteur des espérances entrevues sur leur album. Car jouant sur les différentes rythmiques le quatuor va débuter par un rendu varié et propre sur « Play Dead » en misant sur ses versants les plus radicaux pour donner de la profondeur, tout en y ajoutant quelques accents typiquement Hardcore afin d’amener une virulence supplémentaire sans faire de chichis… ce que le vindicatif et primitif « Inner Piece » va faire aussi sans problème en servant de grosse base débridée typiquement Punk jouée à toute berzingue, et sans s’arrêter outrageusement (seuls de courts instants en médium viennent alléger tout cela). S’il est facile de tomber dans la redite avec ce mode si limité les gars n’étirent jamais cela à foison aidant donc le tout à ne pas être trop lassant, ce que « Feline Fatality » va conforter en gardant cette sobriété malgré une explosivité constante qui s’écoute tranquillement à défaut d’être véritablement mémorable. D’ailleurs sans se louper totalement il est vrai que la musique du groupe s’essouffle un peu au fur et à mesure de l’avancée de ses parties, car « Cross The Gate » va se faire un peu répétitif en montrant plus d’opacité comme de lourdeur… avec en prime une certaine mélodie qui transparaît via du solo impeccable et véritablement surprenant. En tout cas c’est une bonne idée qui évite que l’on décroche en cours de route, et donc pour terminer sur une bonne note on cède souvent à la facilité d’offrir une reprise… ce qui est ici le cas avec « Stand Up And Fight », créé à l’origine par EXCITER sur « Heavy Metal Maniac » en 1983 et joué ici très fidèlement. Et même si ça n’apporte rien de plus (tout en n’ayant pas la saveur de la version des Canadiens) ça clôt parfaitement la partie qui était dédiée à ses auteurs, qui n’ont pas à rougir du travail effectué qui est propre et efficace, même si c’est moins mémorable que celui entamé par les vieux briscards en amont qui l’emportent donc aux points.
On comprendra donc que la société écran est déclarée vainqueure mais de peu… n’ayant elle rien de fictive et proposant des activités parfaitement légales expédiées avec force et un plaisir communicatif, qui s’écoutera facilement sans qu’on ne se prenne la tête dessus. Une bonne sortie donc qui redonne un certain intérêt à ce genre de disque qui cède parfois trop à la facilité en mettant en avant du contenu pas forcément du meilleur goût en temporalité comme en qualité, mais ici au contraire on en a pour son argent et heureusement… et finalement on a hâte d’entendre la suite de leur carrière de ces deux noms d’outre-Rhin aux parcours certes différents mais qui possèdent chacun la même vision intègre et authentique du Metal. On peut donc continuer à les encourager de perpétuer cet héritage intemporel au lieu de vouloir s’enliser dans le synthétisme sans âme où le look prime plus que la musique en elle-même, loin du Metalcore et autres Deathcore inaudibles et insupportables… la base et les fondamentaux en fait et ça fait toujours du bien à entendre.
DONNEZ VOTRE AVIS
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
AJOUTER UN COMMENTAIRE
Par Sosthène
Par xworthlessx
Par Sosthène
Par coreandcoupdate
Par Jean-Clint
Par Cujo
Par AxGxB
Par Sosthène
Par Sosthène
Par Cujo
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Jean-Clint
Par Lestat