Annoncés comme actifs depuis 2013, les Américains de
MAIDENHEAD n’ont pourtant commencé à faire parler d’eux qu’en 2022 avec la sortie d’un premier
single intitulé « Cabin in the Woods ». Depuis, un EP (
Décapitation of a Maiden) puis les trois morceaux de
Live Décapitation at Dus ont renforcé la côte montante de ces nouveaux venus sur la scène
thrash metal à tendance radicale. Par conséquent, ne nous laissons pas berner par cette pochette ultra classique, typique ce que l’on aimait dans les années 80, le propos de ce
Maximum Clonage est bien plus vindicatif tout en se montrant hautement référentiel.
L’introduction « Enter the Killing Floor » a bien cherché à nous lancer sur de fausses pistes avec ses allures
metal indus, j’y ai cru, brièvement, une minute, juste le temps que la piste éponyme débute et vienne fermer les clapets : forts d’une conviction et d’une confiance en eux à toute épreuve, le quintette ne se pose que peu de questions et rappelle quelques vérités : le
thrash n’est toujours pas mort (si certains en doutaient) et les grands anciens peuvent prendre leur retraite l’esprit tranquille car la relève est assurée, prête à écrire ce qui pourraient devenir les classiques des décennies futures.
L’une des particularités de la formation est le timbre criard de la vocaliste chinoise
Zapping Song (Bella). Cette dernière tend à insuffler une légère touche de
death metal, de même que les solos frappadingues de
Zack Roberts, l’ensemble du skeud fonçant à vive allure. Les vieux
KREATOR,
DEATH ou
MORBID ANGEL ne seront pas de vaines influences dans ce déferlement de décibels conçu pour être écouté fort, trente minutes particulièrement jouissives construites autour de compositions n’allant jamais au-delà des quatre minutes. Du pur, du vrai, de l’authentique
brutal thrash à l’ancienne, comportant l’exacte mesure de technique pour s’élever au niveau des meilleurs (l’excellente introduction instrumentale de « Death March » par exemple) sans pour autant tomber dans un délire démonstratif qui nuirait à l’impact souhaité.
Si
Maximum Clonage n’est encore qu’un premier jet qui se perd parfois en route, partagé entre un désir de violence aveugle (« Kill or bé Kid » ; « Magia Obscura ») et un
thrash davantage
techno (« Maximum Clonage » ; « Death March »), l’empilement de plans semblant encore un peu forcé, il ne reste en définitive qu’à mieux canaliser les idées, à travailler la fluidité. Quoi qu’il en soit, je n’ai aucun doute que l’on entendra rapidement parler de ces Bostoniens au potentiel impressionnant, capables d’arpenter tous les chemins.
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