Harlott - Exsequiis
Chronique
Harlott Exsequiis
Après s’être fait discret depuis la sortie du très moyen
« Detritus Of The Final Age » en 2020 il était temps pour le combo de Melbourne de revenir aux affaires, surtout qu’il fête en ce moment ses vingt ans d’existence… deux décennies de musique d’une carrière qui a toujours eu du mal à véritablement décoller, à cause d’abord de disques trop inégaux pour captiver sur la durée mais aussi de mouvements de personnel récurrents qui ont plombé son efficacité. Si c’est la première fois de son histoire que le groupe fait autant patienter son public entre deux opus cela était franchement nécessaire afin de passer enfin ce cap attendu, tant on sait que le potentiel a toujours été présent mais jamais véritablement exploité à sa juste valeur. Mais finalement cette attente a été bénéfique pour tout le monde, car sans posséder les ingrédients pour être un classique en devenir ce cinquième long-format malgré quelques petites faiblesses va avoir de quoi satisfaire les fans les plus exigeants, sentant toujours l’influence majeure de la Californie des 80’s, et se plaçant au sommet d’une discographie désormais conséquente et à l’intérêt relevé.
Car d’entrée le ton va être donné avec l’excellent « Void » qui va miser sur les variations régulières et fluides où la vitesse reste majoritaire mais pas constante, oscillant entre parties agressives débridées et mid-tempo redoutable pour headbanguer ce morceau voit aussi quelques blasts disséminés avec parcimonie afin de finir de densifier un démarrage impeccable et entraînant franchement inspiré… et dont « Messiah Simplex » qui enchaîne juste derrière va reprendre les grandes lignes avec la même efficacité. Mettant ici le médium plus en avant la formation n’en oublie pas d’accélérer même si ça reste plus maîtrisé et entraînant (et sentant largement l’influence des vieux METALLICA et MEGADETH), afin d’être encore très dynamique et légèrement Heavy sur les bords. D’ailleurs ce versant très JUDAS PRIEST va être plus visible sur le quelconque « A Still More Glorious Dawn Awaits » (qui a un peu de mal à décoller), mais surtout sur l’épique et monstrueux « The Joyful Stain » qui reste bien calé en intermédiaire avec l’envie redoutable de secouer la tête. Gardant son rythme de croisière sans jamais ralentir ou accélérer cette plage montre instantanément son groove implacable sur des riffs ciselés dignes de la paire Glenn Tipton/K.K. Downing, avec une envie contagieuse d’aller au combat avec un plaisir permanent du fait de la qualité générale qui ne faiblit jamais sans s’éterniser inutilement… confirmant une fois encore que c’est dans cette vision que les gars sont vraiment intéressants et qu’ils doivent le rester, au lieu de vouloir innover et ralentir la cadence en faisant durer inutilement les hostilités.
Ce reproche va s’entendre d’abord sur le quelconque « The God That Knows No Name » qui aurait gagné en efficacité en étant raccourci, mais qui reste quand même d’un bon niveau de par sa noirceur renforcée et son côté rampant omniprésent (même si ça n’oublie pas d’envoyer la sauce quand il le faut), en revanche si ici le rendu est quand même satisfaisant ça ne sera pas le cas de l’interminable « Endling » qui durant plus de six minutes sonne forcé et a du mal à tenir la distance malgré une certaine alternance, hélas trop basique pour être mémorable. On en revient donc au fait qu’on ne saurait conseiller à ses auteurs d’arrêter de s’obstiner à pondre ce genre de compositions propices à la sieste et à l’ennui, et donc rester sur leurs fondamentaux rugueux et vindicatifs où l’adhésion est nettement plus facile. Il suffit en effet d’écouter le très SLAYER « Trial By Liar » pour être conforté dans cette idée, tant ici ça défouraille à tout va sans baisser l’allure et tout ravager sur son passage… avec en plus quelques courts ralentissements pour amener de la profondeur et une légère base Punk pour pousser le côté vicieux et débridé dans ses ultimes retranchements. C’est totalement balisé mais ça le fait parfaitement avec cohésion et simplicité sans chercher à trop en faire surtout que ça ne dure pas longtemps, et nul doute que ça va faire son office sans souci sur scène… comme la doublette « Kleptogenesis » / « Vice Borne » où les influence Hardcore apparaissent avec parcimonie au milieu de ce déluge fulgurant et haineux inspiré et redoutable, qui vide la tête en un temps record sans lasser ni se répéter malgré la vision assez simpliste et rudimentaire.
Bref hormis quelques légères sorties de route force est de reconnaître qu’on a de quoi être ravi de cet enregistrement qui se clôture en plus de très bonne façon via l’étonnant « Exsequiis », qui surprend au début avec des arpèges froids en guise d’introduction… avant ensuite d'étaler la science de jeu de la bande qui va mettre en exergue une ultime fois toute sa variété rythmique entendue précédemment, et avec toujours ce même feeling hyper plaisant histoire de donner une dernière salve de bonheur auditif à l’auditeur qui n’en demandait pas tant. Autant dire que c’est une bonne surprise à laquelle on ne s’attendait pas… vu qu’on ne cessait d’être majoritairement déçu à chaque livraison des Australiens, qui sans proposer le disque de l’année offrent cependant quelque chose de solide et qui occupera l’esprit quelques temps… même si évidemment ça ne changera rien à leur statut d’artisans de deuxième division, bien qu’en progrès notables et inattendus après une si longue période de déceptions régulières. Si on ne sait pas si cela durera dans le futur ou qu’on est juste en présence d’un feu de paille pour l’heure on appréciera ce nouveau chapitre étonnant et épatant qui redonne foi et crédibilité à Andrew Hudson et ses comparses des antipodes, c’est toujours ça de pris et appréciable.
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1 COMMENTAIRE(S)
citer | C'est bien fait, y a de bons moments mais on s'ennuie vite je trouve. |
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1 COMMENTAIRE(S)
17/09/2026 19:43