chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
52 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Destruction - Release From Agony

Chronique

Destruction Release From Agony
Putain qu'est-ce qu'elle est affreuse cette pochette! Destruction n'a jamais été connu pour ses artworks classes mais là c'est le pompon! Rappelons tout de même que nous sommes en 1988 et que c'est tout le charme des années 1980: des covers risibles mais des albums incroyables. Problème, ce Release From Agony ne l'est pas vraiment. Disons aussi qu'il subit l'aura des sorties précédentes du groupe placées au panthéon du thrash.

Car effectivement, Release From Agony a bien du mal à rivaliser avec Infernal Overkill et Eternal Devastation. Du moins chez moi car l'opus jouit malgré tout d'une belle renommée. En ce qui me concerne, il s'agit là d'une déception. Le troisième album de Destruction suit la nouvelle direction prise par l'EP Mad Butcher. Seulement si la courte durée de celui-ci le rendait très efficace malgré une violence mesurée, ce n'est pas tout à fait le cas ici. Comme sur l'EP donc, les Allemands évoluent vers un thrash metal moins sauvage, plus travaillé, mélodique et technique, qui renvoie davantage à ce que font les Américains de la Bay Area qu'aux déchaînements rugueux de leur scène nationale. Le quatuor (rappelons que depuis la dernière sortie, Mike Sifringer fait désormais équipe avec Harry Wilkens et que Olly Kaiser a remplacé Tommy Sandmann derrière les fûts) a toutefois le mérite de ne pas avoir perdu son identité, la signature des Teutons étant reconnaissable dans chaque riff, et de ne pas avoir complètement oublié que le thrash, c'est à fond les ballons que ça se joue. Si le tempo s'emballe donc moins dans l'ensemble, la bande à Schmier a en effet le bon goût de nous offrir encore pas mal de parties de tchouka-tchouka endiablées. Ce, dès le premier morceau "Release From Agony", une fois passée la courte intro mi-acoustique mi-électrique "Beyond Eternity" et son shredding classieux. Ça thrashe sévère sur ce title-track qui remporte sans problème le trophée de tuerie de l'album. Il n'est heureusement pas tout seul puisque "Unconscious Ruins", "Our Oppression", "Survive To Die" (et sa fin surprenante sur un bout du génial "In The Mood" de Glenn Miller!) ou encore la deuxième partie de "Incriminated" comportent eux aussi leur lot de rythmes rapides comme on les aime. Mais vous savez là où Destruction s'est vraiment amélioré? Les solos. Mieux construits, plus mélodiques, plus de feeling, la paire Sifringer/Wilkens s'en donne à cœur joie ici. "Release From Agony" à 3'23 (ça devient carrément orgasmique à 3'47!), le ping-pong à partir de 2'37 sur "Dissatisfied Existence", "Sign Of Fear" à 4'23 qui propose une belle progression, "Incriminated" à 4'41, "Our Oppression" à 3'36, la liste est longue. Et puis il y a bien sûr Schmier qui, de son timbre nasillard et écorché ainsi que ses cris aigus jouissifs (sans oublier sa basse bien présente), pimente les morceaux comme lui seul a le secret. Il y a également tous ces refrains avec backing vocals qui font leur petit effet. On y retrouve d'ailleurs entre autre Mille Petrozza et Ventor de Kreator.

Comme quoi il y a quand même de quoi faire sur cet album, d'où une note élevée malgré la déception. Mais alors d'où vient-elle cette déception? D'une baisse globale d'inspiration déjà. Les riffs sont bons, certains excellents même, mais en deçà de ce à quoi nous a habitué Destruction. Le rythme moins frénétique me parle moins aussi. Combiné à l'inspiration moindre, ça nous donne des baisses de régime et des longueurs qui plombent un peu l'opus. "Sign Of Fear" en est un bon exemple. Ce titre down/mid-tempo aux touches atmosphériques, sombre et menaçant, joue beaucoup sur l'ambiance. Il est d'ailleurs plutôt réussi, à l'image de ces quelques accords de guitare espagnole surprenants. Mais il ne s'avère pas assez prenant et on sent bien passer les presque sept minutes. Et ce n'est pas parce que j'ai forcément besoin de vitesse pour prendre mon pied, la preuve avec ma vénération pour l'énorme "Life Without Sense". Juste que ce morceau finit par être un peu chiant et que ce n'est pas ce que j'attends du combo d'outre-Rhin. Clairement, le côté raw et débridé des premières sorties manquent ici.

Release From Agony n'est évidemment pas un mauvais album. Pris tel quel, il se range même dans les bons albums de thrash avec quelques pépites et une production exemplaire. Mais comme beaucoup de groupes de l'époque à l'approche des années 1990, Destruction devient plus mature et propose désormais un thrash metal plus mélodique, plus varié et plus ambitieux (plus de riffs, des solos mieux construits, des structures plus recherchées...). Mais la maturité n'a pas que du bon et les thrasheurs permanentés de Weil am Rhein se montrent moins convaincants dans cet exercice. Heureusement ça bourre encore pas mal et les passages rapides font remonter l'album dans mon estime, tout comme les excellents solos et un groove certain. Reste que Release From Agony se révèle le moins bon album des Teutons de la première période avec Schmier, lui qui quittera ses partenaires deux ans plus tard. Et à vrai dire, si le groupe sortira d'autres albums corrects, il ne retrouvera jamais le niveau de 1984-1987, seule période qui vaut vraiment le coup chez Destruction. Par rapport à la seconde moitié des 90s où les Allemands se sont complètement perdus en chemin, et même en comparaison des dernières sorties médiocres du groupe, ce Release From Agony reste royal en tout cas!

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

5 COMMENTAIRE(S)

Kasteel citer
Kasteel
29/11/2017 11:28
note: 7.5/10
Parmi mes premiers CD (avant c'était K7 et vinyles), et j'en garde un bon souvenir...qui dit souvenir dit qu'il ne sort plus souvent par contre !
Après les terribles Eternal et Infernal...c'était dur de faire aussi bien faut dire.
Anecdote concernant cette fameuse pochette : j'avais le T-shirt et la petite vingtaine, dans un camping je croise un gosse qui me scrute puis se met à hurler et pleurer ! Haha !
T-shirt qui finira perdu, puis retrouvé dans un fossé en lisière de forêt après avoir été apparemment "rouché" par un sanglier !
xjieffx citer
xjieffx
11/11/2013 13:11
Très bon album de Destruction,si pas le meilleur d'ailleurs...
Et la pochette est super bien foutue pour ma part.
AxGxB citer
AxGxB
11/11/2013 01:11
note: 8/10
Vu dans un bac à 3€ hier après-midi. Je l'ai pris, j'ai hésité et je l'ai reposé. Je n'aurai pas du... Et ouais, chouette pochette qui m'a toujours interpellé.
gulo gulo citer
gulo gulo
14/08/2011 16:39
pas mieux
Ikea citer
Ikea
14/08/2011 11:29
Elle est affreusement bien cette pochette oui ! Headbang

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Destruction
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs : (5)  7.4/10
Webzines : (8)  7.84/10

plus d'infos sur
Destruction
Destruction
Thrash metal - 1982 - Allemagne
  

tracklist
01.   Beyond Eternity  (01:11)
02.   Release From Agony  (04:44)
03.   Dissatisfied Existence  (04:30)
04.   Sign Of Fear  (06:45)
05.   Unconscious Ruins  (04:27)
06.   Incriminated  (05:22)
07.   Our Oppression  (04:49)
08.   Survive To Die  (05:31)

Durée : 37:20

parution
30 Mai 1988

voir aussi
Destruction
Destruction
Sentence Of Death (EP)

1984 - Steamhammer Records (SPV)
  
Destruction
Destruction
Day Of Reckoning

2011 - Nuclear Blast Records
  
Destruction
Destruction
Infernal Overkill

1985 - Steamhammer Records (SPV)
  
Destruction
Destruction
Eternal Devastation

1986 - Steamhammer Records (SPV)
  
Destruction
Destruction
Mad Butcher (EP)

1987 - Steamhammer Records (SPV)
  

Essayez aussi
Exhorder
Exhorder
Slaughter In The Vatican

1990 - Roadrunner Records
  
The Haunted
The Haunted
The Haunted Made Me Do It

2000 - Earache Records
  
Exodus
Exodus
Blood In, Blood Out

2014 - Nuclear Blast Records
  
Overkill
Overkill
Killbox 13

2003 - Spitfire Records
  
Dust Bolt
Dust Bolt
Violent Demolition

2012 - Napalm Records
  

Ripping Corpse
Dreaming With The Dead
Lire la chronique
Kill-Town Death Fest 2018 / The Resurrection Edition
Lire le dossier
French Black Metal : Les illuminés
Lire le podcast
Ultra-Violence
Operation Misdirection
Lire la chronique
Le Canyon - Episode 17 - Entretien avec un Bourreau.
Lire le podcast
Panzer Squad
Ruins
Lire la chronique
Dreadful Fate
Vengeance
Lire la chronique
Nuclear Assault
Handle With Care
Lire la chronique
Le Canyon - Episode 16 - And the Legend Leaves Town ...
Lire le podcast
Black Metal de Pologne, mais pas Behemoth, ni Graveland, mais plutôt....
Lire le podcast
Hellish
The Spectre Of Lonely Souls
Lire la chronique
Skeletonwitch
Devouring Radiant Light
Lire la chronique
METAL MEAN FESTIVAL
Auðn + Convulse + Cult of F...
Lire le live report
Hirax European Summer Tour 2018
Antagonism + Dissident + Hi...
Lire le live report
Sylak Open Air 2018
At The Gates + Bloodbath + ...
Lire le live report
Le Canyon - Episode 15 - Sky Valley Summer Vibes sous l'Océan
Lire le podcast
Metallica
The $5.98 EP - Garage Days ...
Lire la chronique
Devastatiön
Drink With The Devil (EP)
Lire la chronique
Nuclear Assault
Survive
Lire la chronique
Exmortus
The Sound Of Steel
Lire la chronique
Le NSBM... un thème arisk !
Lire le podcast
Nuclear Assault
The Plague (EP)
Lire la chronique
Le Canyon - Episode 14 - The Great Northern Live Report
Lire le podcast
Nuclear Assault
Game Over
Lire la chronique
FOREST FEST OPEN AIR
Antzaat + Anus Mundi + Aura...
Lire le live report
Mezzrow
Then Came The Killing
Lire la chronique
Death Power
The Bogeyman Returns (Compil.)
Lire la chronique
Être moins con : lire BLACK METAL
Lire le podcast
LE Canyon - Episode 13 - Dragon casqué
Lire le podcast
Sacred Reich
Independent
Lire la chronique
Blackened
The Aftermath (EP)
Lire la chronique