Étant d’habitude ouvertement chauvin envers les formations en provenance du Sud-Ouest de la France, j’étais impatient de découvrir
CRASHDEATH, à priori né au Chili mais désormais installé à Bayonne, ma ville natale. Le
one-man band compte déjà deux EP parus en 2015 (
Human Race) puis 2017 (
Conspiracy Theories), l’EP
Lovebone prenant des allures de résurrection après un si long silence. Enfin, un EP… Seize titres, cinquante-quatre minutes, c’est plus que les LP susmentionnés… Entre ça et le pays d’origine, la page
Metal Archives de la formation m’apparaît de plus en plus suspecte et ce n’est malheureusement pas le contenu de la parution qui me fera passer outre.
La faute à une musique mollassonne, un
thrash qui bande mou, des influences
heavy récurrentes qui se traînent à un rythme de cacochyme, il est réellement difficile de trouver des points forts à ces compositions. Alors certes l’homme a une solide technique et certains de ses riffs et solos pourraient évoquer
JUDAS PRIEST (« Flesh ») ou les vieux
METALLICA (l’introduction « Os » suivie de « Death Dreaming ») mais, d’une, les instrumentations ont rapidement tendance à toutes se ressembler, de deux la piètre qualité du chant enlève jusqu’à la dernière once de puissance à l’ensemble. On a clairement l’impression qu’à aucun moment le mec force ses cordes vocales, cherche à transmettre une quelconque émotion, les lignes sont systématiquement plates et cela dessert terriblement l’ensemble qui, sans cela, pourrait tirer son épingle du jeu.
Difficile pour moi d’exprimer autre chose qu’un profond désarroi. Peut-être qu’avec moins de morceaux, un recentrage sur les plans les plus cartons (les ballades à la « No More Serenade », « My Haunting », il faut oublier) et, surtout, un véritable
frontman, nous obtiendrions un projet qui pourrait intéresser mais en l’état, malgré une production fort honorable, je passe mon tour sans aucune gêne. Afin de ne pas effectuer le travail à moitié, j’ai tenu l’heure offerte, les dernières pistes tombant dans des choses trop mélodiques et gentillettes (« Poison Dressed in Gold ») avec des tentatives d’orchestrations aux claviers démontrant que le compositeur a des idées, de l’ambition (l’outro classique « Loverbone Suite »), le résultat n’atteignant jamais le seuil d’intensité nécessaire à une adhésion franche.
À l’heure de l’IA tout me paraît suspect dans cette sortie : l’origine, les sites, les chansons dénuées du moindre feeling, jusqu’à la demande d’article qui insiste tant sur le caractère sombre, intense et agressif du concept, son énergie, là où je n’entends que platitudes et lieu commun. Désolé
CHRASHDEATH d’intenter un si mauvais procès mais aimer le
metal n’est pas suffisant, il faudra ajouter un sérieux supplément d’âme aux projets futurs, à l’image du titre éponyme.
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